Le gouvernement portugais veut réduire sa dépendance aux fonds européens

sortie financement europeen

Le Portugal doit-il commencer à préparer l’après-fonds européens ? C’est en tout cas le message envoyé cette semaine par le Premier ministre Luís Montenegro. Lors d’une intervention au Porto à l’occasion de la transformation de l’Institut polytechnique de Porto en Université technique de Porto, le chef du gouvernement a estimé que le pays avait désormais « l’obligation » de ne plus compter systématiquement sur les financements européens pour assurer son développement.

Cette déclaration intervient à un moment charnière. Alors que les investissements financés par le Plan de relance et de résilience (PRR) entrent dans leur phase finale de mise en œuvre, les discussions sur le prochain cadre financier de l’Union européenne ont déjà commencé. Pour Lisbonne, l’enjeu consiste désormais à anticiper un environnement où les financements européens pourraient être plus compétitifs et davantage orientés vers l’innovation, la recherche et la performance économique.

Un changement de ton alors que le Plan de relance arrive à son terme

Depuis son entrée dans la Communauté économique européenne en 1986, le Portugal a largement bénéficié des fonds européens destinés à réduire les écarts de développement au sein de l’Union. Ces financements ont permis de moderniser les infrastructures, développer les réseaux routiers et ferroviaires, soutenir les entreprises, renforcer les universités et financer de nombreux équipements publics à travers le pays.

Plus récemment, le Portugal a également été l’un des bénéficiaires du Plan de relance et de résilience (PRR), mis en place par l’Union européenne à la suite de la pandémie de Covid-19. Doté d’environ 22 milliards d’euros sous forme de subventions et de prêts, ce programme finance depuis plusieurs années des investissements dans le logement, la santé, l’éducation, la transition énergétique, la numérisation de l’économie et la compétitivité des entreprises portugaises.

Or ce cycle exceptionnel de financement entre désormais dans sa dernière phase. Les projets soutenus par le PRR doivent être exécutés d’ici fin 2026 et les discussions sur le prochain cadre budgétaire européen sont déjà engagées à Bruxelles. Pour le gouvernement portugais, cette échéance marque la nécessité d’anticiper un environnement où les aides européennes pourraient être moins abondantes et davantage conditionnées à l’innovation, à la recherche et à la création de valeur.

C’est dans ce contexte que les propos de Luís Montenegro prennent tout leur sens. Sans remettre en cause l’importance des politiques de cohésion européennes, le Premier ministre estime que le Portugal doit désormais être capable de financer une part croissante de son développement grâce à sa propre capacité économique, à l’investissement privé, aux exportations et à la montée en gamme de son tissu productif, plutôt que de dépendre systématiquement des financements communautaires.

Une Europe qui financera davantage l’excellence

fond europeens portugal

Le Premier ministre a également souligné que les discussions en cours à Bruxelles laissent entrevoir une évolution des priorités européennes à partir de 2028. Les futurs programmes devraient accorder une place croissante à la compétitivité, à l’innovation, à la recherche et aux projets à forte valeur ajoutée.

Dans ce contexte, aucun État membre ne pourra considérer comme acquis le niveau de financement dont il a bénéficié jusqu’à présent. Les projets devront démontrer leur capacité à renforcer la compétitivité européenne et à répondre aux grands défis économiques, technologiques ou environnementaux du continent.

Pour le gouvernement portugais, cette évolution impose une préparation immédiate. Les entreprises, les centres de recherche et les établissements d’enseignement supérieur sont appelés à développer dès maintenant des projets capables de rivaliser avec ceux présentés par les autres pays européens.

Universités et entreprises au cœur de la stratégie

Luís Montenegro a insisté sur le rôle que devront jouer les universités dans cette nouvelle phase. Selon lui, la coopération entre le monde académique et les entreprises sera essentielle pour permettre au Portugal de présenter des projets innovants et compétitifs à l’échelle européenne.

La création récente de l’Université technique de Porto et de l’Université de Leiria et de l’Ouest s’inscrit dans cette logique. Le gouvernement souhaite renforcer la capacité du pays à produire de la recherche, attirer les talents et développer des secteurs à forte valeur ajoutée capables de soutenir la croissance économique des prochaines décennies.

Au-delà de la déclaration politique, le message est clair : à l’approche de la fin du cycle exceptionnel de financements liés au PRR, le gouvernement entend préparer le Portugal à une économie moins dépendante des fonds européens et davantage fondée sur l’innovation, l’investissement et la compétitivité internationale.

Résumer l'article avec l'IA 👉 ChatGPT Perplexity Grok Google AI

Article écrit par
Retour en haut