Le gouvernement portugais a officiellement présenté la candidature de Mário Centeno au poste de vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), dont le mandat actuel de Luis de Guindos prendra fin en mai 2026. L’annonce a été faite vendredi par le ministère des Finances, dans un contexte européen de recomposition progressive des instances dirigeantes de la BCE.
Une figure clé de la gouvernance économique européenne
Mário Centeno 1, économiste reconnu sur la scène européenne, a dirigé la Banque du Portugal de 2020 à octobre 2025. Il avait auparavant présidé l’Eurogroupe entre 2018 et 2020, marquant son mandat par une approche conciliatrice en matière de coordination budgétaire au sein de la zone euro. Sa position modérée, souvent qualifiée de colombe dans les débats monétaires, tranche avec la ligne plus orthodoxe portée par d’autres candidats en lice.
La candidature de Centeno a été transmise au président de l’Eurogroupe jeudi en fin de journée, dans les dernières heures prévues pour la soumission par les États membres de la zone euro. Dans une déclaration au média Eco 2, il a souligné sa motivation et sa volonté de contribuer à l’approfondissement de l’intégration européenne, tout en reconnaissant l’âpreté de la concurrence actuelle.
Une course ouverte au sein de l’Eurozone
Centeno fait face à 5 autres candidats, dont l’ancien commissaire européen finlandais Olli Rehn (considéré comme favori par plusieurs analystes), le gouverneur croate Boris Vujčić, le letton Martins Kazaks, l’estonien Madis Müller et l’ancien ministre lituanien des Finances Rimantas Šadžius.
Le processus de nomination implique plusieurs étapes : une évaluation par l’Eurogroupe, une audition devant le Parlement européen, puis une décision finale des chefs d’État et de gouvernement. La succession de Luis de Guindos marquera le début d’un renouvellement majeur au sein de la BCE 3, puisque quatre des six sièges du directoire arriveront à échéance d’ici 2027, incluant les mandats de Christine Lagarde, Philip Lane et Isabel Schnabel.
Un positionnement stratégique pour Lisbonne
La candidature de Centeno reflète l’ambition du Portugal de continuer à peser dans les grandes institutions économiques européennes. Elle intervient dans un contexte où les postes à la BCE deviennent des enjeux d’influence croissants entre capitales européennes. Sa nomination, si elle se concrétisait, offrirait au pays une visibilité renforcée dans la conduite de la politique monétaire de la zone euro.







