Les premiers robots humanoïdes pourraient bientôt faire leur apparition dans plusieurs secteurs au Portugal. La société SData AI, basée à Vila Nova de Famalicão, estime qu’entre 60 et 100 unités pourraient être déployées dans le pays au cours des douze prochains mois. L’entreprise vient de conclure un partenariat pour distribuer au Portugal les robots du fabricant chinois Agibot.
Les usages envisagés concernent notamment l’hôtellerie, la restauration et certaines tâches répétitives dans l’industrie. Le marché reste encore limité, reconnaît toutefois SData, qui mise surtout sur des projets pilotes avant une éventuelle montée en puissance. À moyen terme, l’entreprise estime que les ventes pourraient atteindre 1 500 unités par an d’ici deux à trois ans.
Des robots pour les hôtels, les restaurants et les usines
SData prévoit de commercialiser plusieurs familles de robots, avec des usages très différents. Certains modèles sont des humanoïdes bipèdes de taille proche de celle d’un adulte, tandis que d’autres disposent de bras destinés à déplacer ou ranger des objets dans un environnement industriel.
Selon leur configuration et leur entraînement, ces équipements peuvent se déplacer, manipuler des objets, orienter des visiteurs ou répondre à des questions. Les secteurs confrontés à des difficultés de recrutement figurent parmi les principales cibles identifiées par l’entreprise.
Dans l’hôtellerie, les usages évoqués concernent par exemple l’accueil, l’orientation des clients ou certaines tâches de nettoyage. Dans l’industrie, les robots pourraient être utilisés pour des opérations répétitives ou physiquement contraignantes.
Un humanoïde ne sait pas tout faire dès sa sortie de l’usine
L’un des principaux obstacles reste toutefois l’apprentissage. Acheter le robot ne suffit pas : il faut ensuite lui apprendre précisément les tâches qu’il devra effectuer dans son nouvel environnement.
Un robot entraîné à préparer un espresso ne saura pas automatiquement préparer un cappuccino
Un exemple donné par Agibot permet de mesurer cette difficulté. Un robot entraîné à préparer un espresso ne saura pas automatiquement préparer un cappuccino. Chaque geste supplémentaire nécessite de nouvelles données, de nouvelles images et une nouvelle phase d’entraînement.
Selon les responsables du projet, l’apprentissage d’une seule tâche peut demander environ trois mois. Pour les opérations plus complexes, trois à six mois de préparation peuvent être nécessaires avant que le robot soit réellement opérationnel.
Le prix peut fortement augmenter avec le niveau d’entraînement

Les équipements devraient coûter entre 20 000 et 200 000 dollars, soit environ 17 800 à 178 000 euros selon le modèle. Mais ce prix d’achat ne représente qu’une partie de l’investissement.
Le coût final dépendra notamment du niveau de personnalisation et du nombre de tâches que le robot devra apprendre. Plus les fonctions demandées sont nombreuses ou complexes, plus la phase de collecte de données et d’entraînement devient longue et coûteuse.
Dans certains cas, la préparation pourrait ainsi faire fortement augmenter la facture initiale. Les premières entreprises intéressées devront donc accepter une phase expérimentale pendant laquelle le robot ne fournira pas immédiatement toute la valeur attendue.
Des applications également envisagées dans les hôpitaux
Agibot évoque aussi des usages possibles dans le domaine de la santé et de l’accompagnement. Des robots pourraient, à terme, dialoguer avec des personnes âgées, leur rappeler certaines tâches ou les accompagner dans leurs déplacements.
Il s’agit toutefois davantage de pistes technologiques que de projets déjà annoncés au Portugal. Dans ces environnements sensibles, la fiabilité, la sécurité et la capacité à interagir avec des personnes vulnérables seront déterminantes.
La gamme comprend également des robots à quatre pattes, visuellement proches de chiens mécaniques. Ces modèles ne sont pas des humanoïdes, mais peuvent être destinés à des rondes de sécurité ou à certaines missions d’assistance.
Un marché mondial encore très jeune
Malgré l’accélération récente de la robotique humanoïde, le marché reste encore modeste à l’échelle mondiale. Environ 7000 humanoïdes de taille complète ont été vendus en 2025 pour des applications commerciales et professionnelles.
De nombreuses utilisations restent spécialisées et nécessitent encore une supervision humaine à distance. Les coûts d’entraînement, de maintenance et d’intégration constituent également des freins importants à une adoption massive.
Les projections sont néanmoins très ambitieuses. Certaines études estiment que le marché mondial des humanoïdes pourrait atteindre plusieurs centaines de milliers d’unités expédiées chaque année au cours de la prochaine décennie, à condition que les coûts diminuent et que les performances progressent suffisamment.
Le Portugal entre à son tour dans la phase des projets pilotes
Pour SData, les prochains mois devraient surtout servir à tester les usages dans des conditions réelles. Une équipe de 12 personnes est actuellement formée afin d’adapter les robots Agibot aux besoins spécifiques des futurs clients portugais.
L’enjeu ne sera donc pas seulement de vendre des machines, mais de déterminer dans quelles situations elles peuvent réellement être plus utiles ou plus rentables qu’un équipement automatisé classique. C’est probablement cette phase qui décidera de la vitesse de développement du marché.
Si les prévisions de l’entreprise se confirment, les premiers humanoïdes devraient ainsi commencer à apparaître dans certains hôtels, restaurants ou sites industriels portugais dès 2027. Leur arrivée restera toutefois progressive : avant de devenir des travailleurs polyvalents, ces robots devront encore apprendre, tâche après tâche, à fonctionner dans le monde réel.







