Dominant l’ouest de l’Algarve avec ses reliefs verdoyants, ses sources thermales et ses villages accrochés aux montagnes, la Serra de Monchique représente depuis longtemps l’un des visages les plus préservés du sud du Portugal. Mais derrière cette image de nature intacte, les équilibres deviennent de plus en plus fragiles.
Entre pression touristique, gestion forestière, agriculture, risques d’incendies et préservation de la biodiversité, la région cherche désormais comment concilier activité humaine et protection environnementale. C’est précisément ce débat que l’association environnementale Almargem souhaite remettre au centre des discussions à travers une rencontre organisée le 21 mai à Monchique, dans le cadre du Jour européen du réseau Natura 2000.
L’objectif dépasse largement le simple cadre d’une conférence environnementale. Dans une région où le tourisme reste essentiel pour l’économie locale, la question devient de plus en plus concrète : comment préserver les paysages et les ressources naturelles sans bloquer totalement le développement du territoire ?
Une montagne devenue symbole des défis climatiques de l’Algarve
La Serra de Monchique occupe une place particulière dans l’imaginaire portugais. Avec ses forêts, ses vallées humides et ses panoramas dominant l’océan Atlantique, elle constitue l’un des derniers grands espaces montagneux du sud du pays. Mais ces dernières années, les incendies géants, les épisodes de sécheresse et les transformations du territoire ont profondément marqué la région.
Les débats organisés à Monchique porteront notamment sur la gestion durable des paysages, les zones protégées du réseau Natura 2000, le développement rural ou encore les ressources locales comme le medronho, cet alcool traditionnel produit dans la montagne algarvienne.
La question de l’eau, de la forêt et des activités agricoles reste également centrale. Dans une Algarve confronté à des périodes de sécheresse de plus en plus fréquentes, la Serra de Monchique joue un rôle important dans les équilibres écologiques régionaux.
Plusieurs spécialistes, représentants d’associations environnementales, chercheurs et organismes publics participeront à cette réflexion autour d’un sujet devenu particulièrement sensible dans le sud du Portugal : comment maintenir une activité économique et touristique sans fragiliser davantage les espaces naturels ?
Le défi d’un tourisme plus respectueux de l’intérieur de l’Algarve
Longtemps concentré sur le littoral, le tourisme algarvien se tourne progressivement vers l’intérieur des terres. Monchique attire désormais des visiteurs venus chercher une Algarve plus calme, plus vert et plus authentique, loin des grandes stations balnéaires de la côte.
Cette évolution apporte de nouvelles opportunités économiques pour les villages de montagne, mais elle soulève aussi des interrogations sur la capacité du territoire à absorber cette fréquentation sans dégrader les écosystèmes locaux.
Sentiers de randonnée, tourisme nature, produits locaux, agriculture durable ou valorisation des paysages deviennent ainsi des leviers de développement de plus en plus importants pour la région. Les acteurs locaux cherchent désormais à construire un modèle moins dépendant du tourisme de masse côtier et davantage centré sur les ressources naturelles et culturelles du territoire.
Pour beaucoup d’observateurs, la Serra de Monchique pourrait même devenir un laboratoire des nouvelles stratégies environnementales portugaises. Car derrière les débats sur la biodiversité ou les zones protégées se dessine une question plus large qui touche désormais une grande partie du sud de l’Europe : comment continuer à faire vivre les territoires ruraux dans un contexte de changement climatique et de pression touristique croissante ?







