Algarve : des éoliennes accusées de menacer des espèces protégées

eolienne algarve

Au sud du Portugal, plusieurs projets liés au développement des énergies renouvelables suscitent une opposition croissante. En Algarve, la modification de parcs éoliens associés à des centrales photovoltaïques fait l’objet de critiques appuyées de la part d’acteurs environnementaux, qui dénoncent des risques significatifs pour les écosystèmes et les espèces protégées.

Au cœur de cette controverse, un principe technique de plus en plus utilisé dans la transition énergétique : l’hybridation des installations, qui consiste à combiner différentes sources de production sur un même territoire. Une approche présentée comme optimisant les ressources, mais qui, dans ce cas précis, est accusée de renforcer la pression sur des zones écologiquement sensibles.

Des impacts jugés persistants sur des zones à forte valeur écologique

La Plateforme pour la durabilité et la biodiversité de l’Algarve et de l’Alentejo s’est opposée, dans le cadre d’une consultation publique en cours, à la modification de plusieurs projets situés notamment à Viçoso, Pereiro, São Marcos et Albercas. Selon cette organisation, les ajustements proposés ne permettent pas de répondre aux critiques déjà formulées lors d’évaluations précédentes.

Les inquiétudes portent en particulier sur les effets cumulés des installations sur les habitats naturels. Malgré certaines modifications, comme la relocalisation ou la réduction du nombre d’aérogénérateurs, la logique d’implantation reste, selon les opposants, inchangée. Le territoire concerné est décrit comme un corridor écologique multifonctionnel, dont l’équilibre pourrait être fragilisé par des infrastructures de grande échelle.

Située dans le nord-est de l’Algarve, la zone concernée se distingue par une sensibilité écologique élevée et par sa proximité avec plusieurs espaces protégés, dont le parc naturel du Vale do Guadiana et la zone spéciale de conservation du Caldeirão. Pour les organisations mobilisées, ce contexte impose une approche particulièrement prudente dans l’évaluation des projets.

Des espèces protégées et des populations locales concernées

Parmi les principaux points d’alerte figurent les risques pour l’avifaune, en particulier les oiseaux de proie et les grandes espèces planantes. Des rapaces comme l’aigle de Bonelli, l’aigle royal ou encore le hibou grand-duc pourraient voir leurs trajectoires perturbées, avec un risque accru de collision avec les éoliennes et une dégradation de leurs habitats.

Les effets potentiels ne se limitent pas aux oiseaux. Le territoire concerné est également impliqué dans des programmes de réintroduction du lynx ibérique, une espèce menacée à l’échelle de la péninsule Ibérique. Les modifications du paysage et des écosystèmes pourraient, selon les critiques, compromettre les efforts engagés pour sa préservation.

Au-delà de la biodiversité, certains impacts sur les populations humaines sont également évoqués. Bruit des installations, émissions d’infrasons ou encore transformation des paysages font partie des préoccupations soulevées dans les contributions déposées lors de la consultation publique.

Estimant que les ajustements proposés ne corrigent pas les insuffisances initiales, les opposants demandent un avis défavorable dans le cadre de l’évaluation d’impact environnemental. Le dossier illustre les tensions croissantes entre objectifs de transition énergétique et préservation des milieux naturels, dans un contexte où les arbitrages territoriaux deviennent de plus en plus sensibles.

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