Le Portugal en net recul dans l’indice de perception de la corruption

corruption portugal

Le Portugal poursuit sa descente dans l’Indice de perception de la corruption publié chaque année par Transparency International. Dans l’édition 2025, rendue publique le 10 février 2026, le pays glisse à la 48ᵉ place mondiale, contre la 43ᵉ l’an dernier. Avec 56 points sur 100 (un de moins qu’en 2024), il enregistre son plus mauvais résultat depuis l’intégration dans cet indicateur international.

Au-delà de la perte de trois rangs, c’est la trajectoire qui inquiète les observateurs. Selon Transparency International Portugal (TIP), la dégradation s’inscrit dans une tendance amorcée depuis plusieurs années, avec une accentuation marquée depuis quatre ans. L’organisation évoque, prudemment, une corrélation avec l’érosion de la confiance institutionnelle et la montée d’acteurs politiques contestant le fonctionnement des institutions, sans pour autant établir de lien de causalité direct.

  • L’Indice de perception de la corruption (IPC) ne mesure pas le nombre de faits de corruption avérés.
    Il agrège des enquêtes et évaluations d’experts sur la perception de la corruption dans le secteur public.
  • Il ne mesure ni la qualité démocratique d’un pays, ni l’indépendance des médias, ni le respect des droits humains.
  • Une baisse de classement signifie une dégradation de l’image institutionnelle et de la confiance dans la gouvernance, pas nécessairement une augmentation mécanique des délits constatés.
  • À l’inverse, une bonne position ne signifie pas absence de scandales, mais une meilleure perception de l’intégrité publique.

Une perception en recul dans un contexte européen fragile

1L’indice ne mesure ni la qualité démocratique ni le respect des droits fondamentaux. Il évalue exclusivement la perception de la corruption dans le secteur public, à partir d’un agrégat de 8 indicateurs internationaux. Parmi eux figure notamment l’évaluation de l’Economist Intelligence Unit, qui prend en compte la redevabilité des institutions, la gestion des fonds publics et les risques d’appropriation indue.

Le pays se retrouve désormais à égalité avec des États comme la Grenade ou le Costa Rica, et derrière des pays tels que l’Arabie saoudite, le Botswana ou le Rwanda

C’est précisément sur ce terrain que le Portugal aurait perdu du terrain. La succession d’affaires judiciaires impliquant responsables politiques, membres du gouvernement ou partis a pesé sur l’image du pays. Des dossiers médiatisés, perquisitions et enquêtes retentissantes ont contribué à alimenter un climat de suspicion durable, lequel se reflète indirectement dans les indicateurs de gouvernance utilisés pour établir le classement.

Le pays se retrouve désormais à égalité avec des États comme la Grenade ou le Costa Rica, et derrière des pays tels que l’Arabie saoudite, le Botswana ou le Rwanda. Juste en dessous figurent l’Espagne, Chypre ou encore les Fidji. Pour les responsables de TIP, cette comparaison ne signifie pas que ces pays présentent les mêmes standards démocratiques ; elle traduit simplement un niveau de perception similaire quant à l’intégrité du secteur public.

Plus préoccupant encore que le rang obtenu est, selon l’ONG, l’effet cumulatif sur l’investissement, la confiance dans la justice et l’attractivité économique. La perception, même lorsqu’elle ne repose pas sur une condamnation définitive, influence les décisions des investisseurs et nourrit un sentiment diffus de fragilité institutionnelle.

Le gouvernement invoque des réformes en cours

agenda anticorruption

Face à ces résultats, l’exécutif relativise. Le ministère de la Justice souligne que, parmi les 8 indicateurs retenus, le Portugal a maintenu sa notation dans 2 cas, progressé dans 3 et reculé dans 2 autres. Les autorités rappellent également que ces évaluations portent sur des périodes antérieures et ne reflètent pas encore pleinement les réformes engagées par les gouvernements en place.

Adoptée en juin 2024, l’Agenda anticorruption 2 constitue, selon le gouvernement, un cadre stratégique structuré autour de 42 mesures prioritaires. 17 d’entre elles seraient déjà finalisées, les autres étant en phase avancée d’exécution. Parmi les dispositifs mis en avant figurent un nouveau mécanisme de confiscation des avoirs issus d’activités criminelles et le renforcement des outils de prévention et de formation.

Pour Transparency International Portugal 3, la priorité réside toutefois dans la consolidation des institutions existantes, notamment le Mécanisme national anticorruption 4, ainsi que dans l’élaboration d’une stratégie de long terme cohérente. L’ONG appelle à dépasser les réponses ponctuelles pour restaurer durablement la confiance publique.

Au-delà du classement, le débat porte désormais sur la capacité du Portugal à enrayer une dynamique négative qui, bien qu’elle ne préjuge pas d’un effondrement institutionnel, fragilise son image dans un contexte européen déjà marqué par des tensions politiques et une défiance croissante envers les élites.

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