La plupart des vacanciers savent reconnaître une plage surveillée ou la signification des célèbres drapeaux vert, jaune et rouge. Pourtant, un autre repère, bien plus discret, passe souvent inaperçu alors qu’il joue un rôle essentiel pour la sécurité des baigneurs. Sur de nombreuses plages portugaises, deux drapeaux rayés de rouge et de jaune délimitent chaque jour la zone la plus sûre pour entrer dans l’eau. Ce simple détail, que beaucoup ignorent, peut pourtant faire toute la différence face à l’un des dangers les plus redoutés de la côte atlantique : les courants de retour, appelés agueiros au Portugal.
Ces deux drapeaux ne signalent pas l’état de la mer
Contrairement aux drapeaux vert, jaune ou rouge, les deux drapeaux rayés rouge et jaune n’indiquent pas si la baignade est autorisée ou déconseillée. Leur mission est tout autre : ils délimitent la zone recommandée pour la baignade, choisie chaque jour par les sauveteurs.
Cette zone correspond à l’endroit où les conditions sont jugées les plus sûres. Les équipes de surveillance y disposent d’une visibilité optimale et peuvent intervenir beaucoup plus rapidement en cas de difficulté.
Pour les vacanciers, rester entre ces deux drapeaux réduit également le risque de pénétrer involontairement dans une zone où les courants sont plus forts ou où le relief sous-marin présente davantage de dangers.
Il ne s’agit donc pas d’un simple repère visuel, mais d’un véritable outil de prévention utilisé quotidiennement sur les plages surveillées.
Pourquoi les sauveteurs déplacent-ils ces drapeaux ?

Contrairement à ce que beaucoup imaginent, la zone de baignade n’est jamais figée.
Au fil de la journée, la marée monte ou descend, le vent change de direction et la houle évolue. Ces phénomènes modifient constamment la configuration de la plage et des courants.
Les sauveteurs peuvent ainsi déplacer les deux drapeaux plusieurs fois dans la journée afin que la zone surveillée reste positionnée à l’endroit offrant les meilleures conditions de sécurité.
Il est donc toujours conseillé de regarder où ils sont installés avant d’entrer dans l’eau, même si l’on connaît parfaitement la plage.
Les agueiros, ces courants invisibles qui surprennent les baigneurs
Si les sauveteurs délimitent une zone précise, c’est notamment pour éloigner les baigneurs des agueiros, appelés aussi courants de retour (rip currents).
Ces courants figurent parmi les principales causes d’accidents sur les plages océaniques. Leur particularité est qu’ils sont souvent difficiles à repérer. Ils peuvent apparaître même lorsque la mer semble calme.
Un courant de retour ressemble à une sorte de rivière qui entraîne rapidement l’eau vers le large. Sa vitesse peut dépasser 2 à 3 mètres par seconde, davantage que ce que la majorité des nageurs est capable de contrer.
Paradoxalement, ces zones semblent parfois plus accueillantes, car les vagues y déferlent moins. C’est précisément cette apparente tranquillité qui peut tromper les baigneurs.
Quelques indices permettent parfois de les repérer
Même si les courants de retour restent difficiles à identifier, certains signes doivent attirer l’attention :
- une bande où les vagues cassent beaucoup moins ;
- une couleur d’eau différente ;
- un chenal plus profond entre les bancs de sable ;
- de l’écume ou des débris qui s’éloignent vers le large ;
- des irrégularités visibles dans le sable.
Ces indices ne sont toutefois pas toujours évidents. C’est pourquoi les recommandations des sauveteurs demeurent la meilleure référence.
Que faire si un courant vous entraîne au large ?
La réaction instinctive consiste souvent à vouloir revenir immédiatement vers la plage. C’est pourtant l’erreur la plus dangereuse. Nager directement contre le courant provoque un épuisement très rapide et augmente considérablement le risque de noyade.
En cas de courant de retour, les spécialistes recommandent de :
- garder son calme ;
- éviter de lutter contre le courant ;
- nager parallèlement au rivage afin de sortir du courant ;
- revenir ensuite vers la plage lorsque la traction disparaît ;
- si l’on est fatigué, rester à flot et lever un bras pour demander de l’aide.
Les courants de retour sont généralement assez étroits. Quelques mètres parcourus latéralement suffisent souvent pour sortir de leur influence.
Le réflexe le plus simple reste aussi le plus sûr
Avant chaque baignade, prendre quelques instants pour observer la mer permet souvent d’éviter les mauvaises surprises.
Choisir une plage surveillée, respecter les indications des sauveteurs et rester entre les deux drapeaux rayés rouge et jaune sont des gestes simples qui réduisent fortement les risques.
Sur la côte atlantique portugaise, où les courants peuvent évoluer rapidement, ce repère discret mérite autant d’attention que les célèbres drapeaux de baignade. Pour beaucoup de vacanciers, il pourrait bien devenir le détail qui transforme une journée à la plage en une sortie beaucoup plus sereine.








