Le gouvernement portugais envisage de frapper fort sur la sécurité routière. Face à une hausse préoccupante des accidents, l’exécutif étudie la possibilité d’abaisser la vitesse maximale en ville de 50 à 30 km/h. Une mesure déjà adoptée dans plusieurs grandes villes européennes, mais qui, au Portugal, divise encore.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, 448 personnes ont perdu la vie sur les routes du pays. Et la tendance ne s’améliore pas : sur le seul premier trimestre 2026, les autorités constatent déjà une hausse des accidents, des blessés et 20 morts supplémentaires. Entre janvier et mi-avril, près de 45 000 accidents ont été recensés, avec 147 décès et plus de 650 blessés graves.
Dans le viseur des autorités : la vitesse excessive, l’alcool au volant et l’usage du téléphone, qui restent les principales causes de ces drames.
30 km/h en ville : une mesure qui fait débat
Aujourd’hui, la vitesse est limitée à 50 km/h en zone urbaine. Mais le gouvernement souhaite tester une réduction à 30 km/h, dans l’espoir de faire baisser la mortalité. Une équipe d’experts doit être mise en place pour revoir le Code de la route et proposer des ajustements.
Les partisans de la mesure s’appuient sur les résultats observés ailleurs en Europe. Une étude menée dans une quarantaine de villes, dont Paris ou Bruxelles, montre une baisse significative des accidents : -23 % de collisions, -37 % de morts et -38 % de blessés. Des effets également visibles sur l’environnement, avec moins de bruit et une réduction des émissions polluantes.
Mais sur le terrain, le consensus est loin d’être trouvé. Certains acteurs du secteur automobile redoutent un impact direct sur la fluidité du trafic et appellent à une application ciblée, rue par rue. D’autres pointent un angle mort : le manque de contrôle sur les nouvelles mobilités, notamment les trottinettes et vélos électriques.
Plus de contrôles, plus de sanctions
Au-delà de la question de la vitesse, le gouvernement veut renforcer l’ensemble du dispositif. Parmi les pistes : davantage de radars, des contrôles routiers sans préavis et un durcissement des sanctions. Les procédures d’amende devraient également être accélérées.
Autre signal fort : le retour sur le terrain de la Brigade de Trânsito de la GNR, près de 17 ans après sa disparition. L’objectif est clair : renforcer la présence policière et dissuader les comportements à risque.
Pour certaines associations, ces mesures doivent aller encore plus loin. Elles réclament notamment une réforme profonde du Code de la route, avec une responsabilité accrue des conducteurs en cas d’accident impliquant des piétons.
Reste désormais à savoir si la limitation à 30 km/h sera généralisée ou appliquée de manière progressive. Une chose est sûre : face à l’augmentation des accidents, le Portugal cherche à changer de braquet en matière de sécurité routière.







