Le Portugal grimpe au classement de la compétitivité numérique

portugal digital 2025

Pour la troisième année consécutive, le Portugal gagne des places dans le classement mondial de la compétitivité numérique, publié par l’IMD (Institute for Management Development). En 2025, le pays se hisse au 33e rang parmi les 69 économies évaluées, confirmant une trajectoire ascendante dans un environnement mondial de plus en plus exigeant.

Au sein de la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique), le Portugal progresse à la 23e position sur 45 pays. Parmi les nations comptant moins de 20 millions d’habitants, il maintient son 21e rang, illustrant une performance relativement stable dans un contexte de compétition intense.

Des avancées constantes mais des freins structurels persistants

Réalisé en partenariat national exclusif avec la Porto Business School, le rapport de l’IMD distingue trois dimensions clés : la connaissance, la technologie et la préparation au futur. Le Portugal affiche un profil intermédiaire de maturité numérique, avec des progrès mesurables, mais toujours freinés par des fragilités structurelles.

Dans la catégorie Knowledge, le pays gagne une place et atteint la 28e position. Il se distingue notamment dans les sous-domaines du Talent (25e) et de la Concentration scientifique (25e). Son meilleur classement est obtenu sur le ratio étudiants/enseignant dans le supérieur, où il figure au 10e rang mondial. En revanche, la formation des salariés reste un point faible majeur (61e).

En matière de technologie, le pays se stabilise à la 36e place. Les résultats sont contrastés : d’un côté, des atouts notables tels que la qualité du cadre réglementaire (20e), la législation en matière d’immigration (5e) et les infrastructures de communication (8e) ; de l’autre, des points faibles persistants comme la faible couverture en haut débit mobile (56e) et la part limitée des exportations de haute technologie (52e).

Préparation à l’avenir : entre ambitions affichées et retard d’exécution

La catégorie Future Readiness enregistre un léger recul, avec une perte d’une place. Deux faiblesses majeures sont identifiées : la faible agilité des entreprises (58e) et l’adoption encore marginale du Big Data et des outils analytiques, des indicateurs essentiels dans l’économie numérique contemporaine. En revanche, le Portugal se distingue positivement sur les questions de protection des données (2e) et de flexibilité organisationnelle (11e).

Pour José Esteves, doyen de la Porto Business School, cette progression est un signal fort mais insuffisant : « Si nous voulons consolider cette dynamique, il faut désormais accélérer : développer de nouveaux talents, intégrer les données dans la décision stratégique et créer des organisations capables d’anticiper la rupture technologique. »

Un environnement mondial de plus en plus fragmenté

Le classement est dominé par la Suisse, les États-Unis et Singapour, trois économies qui combinent infrastructures de pointe, main-d’œuvre hautement qualifiée et régulations adaptées aux défis technologiques contemporains. À l’inverse, de nombreux pays, y compris européens, voient leur position affaiblie par l’incertitude géopolitique, la fragmentation des flux de données ou le ralentissement des investissements dans l’innovation.

Dans ce contexte, le Portugal apparaît comme un acteur résilient mais encore trop prudent. Son avance relative sur des voisins comme l’Espagne, l’Irlande ou l’Italie en matière de compétitivité numérique est à relativiser au regard de ses retards en formation continue, exportations technologiques ou gouvernance de l’innovation.

Une ambition nationale encore à consolider

Le rapport du IMD souligne enfin une tendance générale : la transformation numérique repose moins sur l’accumulation technologique que sur la capacité des pays à mobiliser le capital humain, transformer les modèles économiques et intégrer des outils analytiques dans l’ensemble de l’administration publique comme du tissu entrepreneurial.

Le Portugal progresse, mais son décollage dépendra de sa capacité à transformer ces signaux positifs en leviers de changement structurel. À l’heure où l’Europe se redéfinit face à la révolution de l’IA et à la réorganisation des chaînes de valeur mondiales, l’agilité numérique devient un enjeu de souveraineté autant que de compétitivité.

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