Pour la dixième année consécutive, le Portugal affiche une performance remarquable en matière de qualité de l’eau potable. Le dernier rapport annuel de l’ERSAR (Entidade Reguladora dos Serviços de Águas e Resíduos), publié en septembre 2025, révèle que l’indicateur « eau sûre » a atteint un niveau de conformité de 98,86 % en 2024. Une performance saluée à la veille de la Journée nationale de l’eau, qui témoigne de l’efficacité des politiques publiques en matière de gestion et de surveillance des ressources hydriques.
Un indicateur au sommet depuis une décennie
Depuis 2014, le taux de conformité à la réglementation sur l’eau potable au Portugal se maintient au-dessus de 99 %. Cet indicateur, contrôlé par l’ERSAR 1, repose sur un volume d’analyses considérable : plus de 600 000 prélèvements ont été réalisés en 2024 par des laboratoires accédités. Ces tests vérifient à la fois le respect des normes paramétriques (chimiques et microbiologiques) et l’application des Programmes de Contrôle de la Qualité de l’Eau (PCQA), validés par l’organisme régulateur.
Au total, 225 municipalités sur 278 atteignent ou dépassent le seuil de 99 %, contre 221 l’année précédente. Seules deux communes, Tondela (93,29 %) et Marco de Canaveses (94,77 %), se situent encore en dessous du seuil minimal recommandé de 95 %, tout en restant dans des niveaux considérés comme globalement sûrs.
Un service public à privilégier
Pour Vera Eiró, présidente du Conseil d’administration de l’ERSAR, ces résultats doivent encourager la population à se raccorder au réseau public. Elle rappelle que l’eau potable garantie et surveillée est exclusivement disponible via les infrastructures publiques. Là où subsistent des fontaines ou captages individuels, les risques de non-conformité persistent, bien qu’ils fassent l’objet de contrôles réguliers.
Les inspections menées par l’ERSAR en 2024 ont concerné 17 % des entités gestionnaires, et ont donné lieu à 194 procédures pour infractions potentielles. Parallèlement, l’ASAE (Autorité pour la sécurité alimentaire et économique) 2 a inspecté 86 systèmes d’approvisionnement privé (dans l’industrie, la restauration ou l’abattage), avec 21 cas de non-conformités à la clé, et la fermeture temporaire de six établissements.
Une gestion préventive et rigoureuse
Le Portugal n’a recensé aucun épisode épidémique lié à l’eau du robinet en 2024. Cette situation exemplaire résulte d’un système de gestion rigoureux, articulant exigences réglementaires, surveillance préventive et transparence publique. L’engagement conjoint des collectivités locales, des opérateurs d’eau et des autorités régionales s’avère déterminant.
Dans un contexte climatique fragile, où la préservation des ressources devient cruciale, la performance récurrente du Portugal en matière de qualité d’eau potable constitue un véritable levier de confiance pour les résidents comme pour les touristes, de plus en plus sensibles à ces indicateurs dans le choix de leur destination.
Une eau saine, symbole d’un service public moderne
Au-delà de la prouesse technique, la réussite portugaise rappelle que l’accès à une eau de qualité passe par un investissement constant dans les infrastructures, la formation, la contrôle et la gouvernance. Le pays, encore marqué par les défis du passé en matière d’assainissement, s’est hissé au rang des références européennes en moins de deux décennies.
La politique publique de l’eau au Portugal, conjuguant transparence des données, maillage du territoire et rigueur scientifique, est aujourd’hui citée comme un modèle de modernisation au service de l’intérêt collectif. Le robinet portugais coule clair, et c’est une victoire nationale.
- ERSAR : https://www.ersar.pt/ ↩︎
- ASAE : https://www.asae.gov.pt/welcome-to-website-asae1.aspx ↩︎







