Elle fait partie du décor estival portugais au même titre que les parasols colorés, les baignades vivifiantes ou les cris d’enfants sur le sable : la bola de Berlim, beignet sucré fourré au crème pâtissière, est le péché mignon des vacanciers. Qui, en plein soleil, saurait résister à l’appel du vendeur ambulant scandant son célèbre « Olha a bolinha! » ? Pourtant, derrière cette douceur apparemment inoffensive se cachent des effets bien concrets sur la santé, notamment bucco-dentaire. Car consommer ce beignet sur la plage et en dehors des repas, peut laisser des traces sur les dents. Que faire alors lorsqu’on en a un peu trop mangé ? Et surtout, peut-on concilier tradition gourmande et hygiène sans culpabilité ?
Un classique des plages portugaises
Symbole non officiel de l’été portugais, la bola de Berlim est omniprésente dans les stations balnéaires du pays. Ce beignet généreusement garni, généralement saupoudré de sucre et fourré de crème, trouve son origine non pas au Portugal mais en Allemagne, où il est connu sous le nom de Berliner Pfannkuchen. C’est durant la Seconde Guerre mondiale qu’une famille juive allemande réfugiée, les Davisohn, l’introduit à Lisbonne. Très vite, l’adaptation locale s’impose : la compote de fruits d’origine laisse place au traditionnel crème pasteleiro à base d’œufs, plus en phase avec le goût portugais.

Le succès est immédiat. À tel point que, selon les données rapportées par Notícias ao Minuto, la bola de Berlim figure parmi les trois douceurs les plus vendues dans les pâtisseries portugaises. Mais c’est sur la plage qu’elle connaît son heure de gloire. Transportée dans des glacières portatives et proposée aux baigneurs à même le sable chaud, elle est devenue un rituel estival intergénérationnel.
Au fil des années, les recettes ont évolué. Outre la version classique, on trouve aujourd’hui des variantes au chocolat, à la noix de coco, au citron, à la framboise ou encore à la noisette. Ces déclinaisons ne font que renforcer sa popularité et le nombre de tentations quotidiennes sous le parasol.
Mais entre deux baignades et sous un soleil de plomb, le plaisir peut vite tourner au dilemne, notamment pour les dents.
Quand le sucre colle à l’émail
Ce que les vacanciers ignorent souvent, c’est que manger une bola de Berlim en dehors des repas accentue son impact sur la santé buccale. Riche en sucres simples, consommée isolément et souvent sans boisson ni rinçage, cette gourmandise expose les dents à une attaque acide prolongée. En effet, le sucre favorise la prolifération de bactéries qui, en métabolisant les glucides, produisent des acides responsables de la déminéralisation de l’émail.
Selon les spécialistes de la santé dentaire, le meilleur moment pour manger une bola de Berlim serait… pendant les repas principaux. En étant intégrée à un déjeuner ou un dîner, elle bénéficie d’une production salivaire plus importante, qui aide à neutraliser les acides et à nettoyer naturellement la bouche. À l’inverse, la consommation entre les repas, notamment sur la plage en après-midi, allonge le temps d’exposition des dents aux sucres et limite les défenses naturelles de la cavité buccale.
Pas de brosse à la plage ? Misez sur le chewing-gum
Sur la plage, on ne se promène pas toujours avec une brosse à dents à portée de main. Pourtant, l’entretien immédiat de la bouche après la consommation d’un aliment sucré est recommandé. Faute de pouvoir se brosser les dents, les experts conseillent une alternative simple : mâcher un chewing-gum sans sucre.
Ce geste active la production de salive et permet un nettoyage partiel de la surface des dents. S’il ne remplace pas une hygiène complète, il en atténue les effets délétères à court terme. Ce conseil, peu connu mais facile à appliquer, permet de concilier gourmandise estivale et prévention. C’est une solution transitoire utile, surtout en vacances où les routines habituelles sont souvent perturbées.
La bola de Berlim : plaisir coupable ou patrimoine culinaire ?
Il serait toutefois injuste de condamner cette icône de l’été. La bola de Berlim n’est pas qu’un dessert riche en calories et en sucre. Elle est aussi, pour des millions de Portugais, un repère affectif, une madeleine de Proust collective. Elle fait partie de l’imaginaire estival national, du lien entre générations, de l’enfance et du soleil. En abuser ? Non. L’oublier ? Jamais.
La question n’est donc pas de bannir ce classique des plages, mais de l’intégrer intelligemment à une alimentation estivale. En la réservant aux repas principaux, en buvant de l’eau, en mâchant un chewing-gum sans sucre si nécessaire, on peut profiter de ce moment de plaisir sans hypothéquer sa santé dentaire. Comme souvent, tout est une affaire de contexte, de fréquence et de bon sens.
Conseils pratiques après avoir mangé une bola de Berlim
Pour limiter les effets néfastes de ce dessert sur votre bouche pendant l’été, voici quelques recommandations simples :
- Évitez de la consommer entre les repas : préférez le déjeuner ou le dîner
- Buvez de l’eau immédiatement après pour rincer la bouche
- Mâchez un chewing-gum sans sucre si vous ne pouvez pas vous brosser les dents
- Évitez d’en manger plusieurs dans la même journée, même si la tentation est grande
- Brossez-vous les dents en fin de journée avec un dentifrice fluoré pour compenser
Un équilibre entre plaisir et précaution
La bola de Berlim est bien plus qu’un simple beignet. Elle est un symbole culturel et gastronomique de l’été portugais. La consommer fait partie du rituel des vacances, du lâcher-prise nécessaire, des souvenirs qu’on emporte. Mais comme tout excès, sa fréquence et son contexte de consommation peuvent faire la différence entre une gourmandise anodine et une agression silencieuse pour vos dents.
Alors, si vous avez croqué un peu trop souvent dans cette douceur dorée, inutile de culpabiliser. Agissez avec bon sens : buvez de l’eau, mâchez un chewing-gum, limitez les répétitions, et surtout, savourez-la pleinement et avec modération.







