Portugais en Suisse : 60 ans d’histoire migratoire
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Short summary: Depuis les années 1960, la Suisse constitue l’un des principaux pôles d’attraction de l’émigration portugaise. Aujourd’hui encore, ce pays alpin
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- Depuis les années 1960, la Suisse constitue l’un des principaux pôles d’attraction de l’émigration portugaise.
- Aujourd’hui encore, ce pays alpin accueille l’une des communautés portugaises les plus nombreuses et les plus stables d’Europe.
- Cette relation migratoire, façonnée par les politiques bilatérales, les besoins économiques suisses et les dynamiques sociales portugaises, continue de se transformer.
- Ce guide explore les origines, l’évolution, les caractéristiques actuelles et les perspectives de cette migration discrète mais majeure.
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Depuis les années 1960, la Suisse constitue l’un des principaux pôles d’attraction de l’émigration portugaise. Aujourd’hui encore, ce pays alpin accueille l’une des communautés portugaises les plus nombreuses et les plus stables d’Europe. Cette relation migratoire, façonnée par les politiques bilatérales, les besoins économiques suisses et les dynamiques sociales portugaises, continue de se transformer. Ce guide explore les origines, l’évolution, les caractéristiques actuelles et les perspectives de cette migration discrète mais majeure.
Origines et histoire : des accords bilatéraux à la migration de masse
Origines et histoire : des accords bilatéraux à la migration de masse
Les années 1960 : accords bilatéraux et première vague migratoire
Les années 1960 : accords bilatéraux et première vague migratoire
La migration portugaise vers la Suisse prend son essor au début des années 1960, dans un contexte de forte expansion économique helvétique. Confrontée à une pénurie de main-d’œuvre, notamment dans les secteurs du bâtiment, de l’agriculture et de l’industrie, la Suisse signe en 1964 un accord bilatéral avec le Portugal, ouvrant la voie à un afflux contrôlé de travailleurs étrangers.
Cette migration est fortement encadrée. Les Portugais arrivent en tant que saisonniers ou auxiliaires, dotés de permis temporaires limités dans le temps et dans les droits. Le principe est clair : travailler dur pendant quelques mois ou années, sans droit au regroupement familial ni accès à la naturalisation, puis repartir. C’est la logique du « migrant économique jetable ».
Les premiers migrants portugais sont majoritairement des hommes jeunes, peu qualifiés, issus des régions rurales et pauvres du nord du Portugal (Minho, Trás-os-Montes, Beira Alta). Leur motivation est simple : accumuler un capital pour construire une maison au village ou investir dans une petite exploitation agricole. La migration est alors conçue comme transitoire et résolument tournée vers le retour.
Années 1970-1980 : crise, régularisations et début de la sédentarisation
Années 1970-1980 : crise, régularisations et début de la sédentarisation
Au tournant des années 1970, plusieurs facteurs bouleversent cette dynamique : la révolution des Œillets (1974), la crise pétrolière, et un début de ralentissement économique en Suisse. Malgré un durcissement des politiques migratoires helvétiques, la présence portugaise reste importante, portée par un besoin structurel de main-d’œuvre dans les cantons romands et alémaniques.
Par ailleurs, la Suisse entreprend plusieurs programmes de régularisation qui permettent à une partie des travailleurs portugais, jusque-là cantonnés à des statuts précaires, de rester légalement et d’obtenir des permis de séjour plus stables. C’est à cette période que s'amorce la transition vers une migration plus résidentielle.
Des femmes rejoignent progressivement leurs maris, les premières naissances ont lieu sur le sol suisse, et les projets de retour sont souvent repoussés. L’idée d’un « aller-retour rapide » laisse place à une installation de moyen ou long terme, même si l’identité reste marquée par un fort attachement au Portugal d’origine.
Depuis les années 1990 : libre circulation et ancrage transgénérationnel
Depuis les années 1990 : libre circulation et ancrage transgénérationnel
L’entrée en vigueur des accords bilatéraux entre la Suisse et l’Union européenne sur la libre circulation des personnes (2002) constitue un tournant décisif. Les ressortissants portugais peuvent désormais s’installer en Suisse sans quota ni contrat préalable, et bénéficient de droits élargis en matière de résidence, d’emploi et de regroupement familial.
Cette nouvelle liberté juridique entraîne une diversification des profils : aux ouvriers du bâtiment s’ajoutent des employés de services, des techniciens, voire des cadres. La migration devient plus horizontale : couples jeunes, familles entières ou personnes seules en reconversion.
On observe également un changement d’échelle : la migration ne repose plus uniquement sur les régions rurales du nord du Portugal, mais concerne aussi les grandes villes (Lisbonne, Porto, Braga), notamment en période de crise économique (2008-2014). À mesure que les enfants de migrants entrent dans la vie active, une génération binationale émerge, porteuse d’un double ancrage culturel.
Une mémoire migratoire encore vivante
Une mémoire migratoire encore vivante
Le récit migratoire portugais en Suisse n’est pas qu’un phénomène économique : il s’inscrit dans une histoire sociale et affective forte. Nombreux sont les témoignages d’anciens saisonniers qui relatent les conditions de travail difficiles, la vie en foyer, les sacrifices consentis. Cette mémoire collective continue d’alimenter le lien communautaire et le rapport au pays d’origine.
Des associations portugaises, des radios communautaires, des célébrations religieuses ou festives (comme les fêtes de Nossa Senhora de Fátima) témoignent de cette vie culturelle transnationale qui traverse les générations. La diaspora portugaise en Suisse, bien que discrète, constitue ainsi un acteur social à part entière, entre intégration locale et fidélité à la terre natale.
Portrait statistique : une des plus grandes diasporas portugaises
Portrait statistique : une des plus grandes diasporas portugaises
Selon les données 2024 du Secrétariat d’État aux migrations (SEM) 1, la Suisse comptait environ 197.000 Portugais titulaires d’un permis de séjour. En y ajoutant les naturalisés suisses d’origine portugaise (environ 70.000), on estime que plus de 260.000 personnes d’origine portugaise vivent en Suisse.
On estime que plus de 260.000 personnes d’origine portugaise vivent en Suisse
Cette population représente environ 2,3 % de la population suisse et constitue la troisième communauté étrangère du pays après les Italiens et les Allemands. Elle est particulièrement présente dans les cantons francophones et alémaniques : Genève, Vaud, Valais, Neuchâtel, Zurich et Bâle.
Le profil sociodémographique de cette diaspora a évolué : si les premiers migrants étaient peu diplômés et exerçaient des métiers manuels, les nouvelles générations affichent des niveaux de formation plus élevés et une insertion plus diversifiée. La part des femmes dans la migration s’est également accrue.
Répartition régionale
Répartition régionale
- Vaud : environ 40.000 ressortissants portugais
- Genève : plus de 30.000
- Valais : environ 25.000
- Zurich : près de 20.000
- Neuchâtel : plus de 10.000
Un profil migratoire en mutation
Un profil migratoire en mutation
Des saisonniers aux travailleurs qualifiés
Des saisonniers aux travailleurs qualifiés
Longtemps cantonnée à des emplois peu qualifiés, la migration portugaise en Suisse connaît depuis une décennie une transformation notable. Une nouvelle vague de migrants, souvent jeunes, diplômés et multilingues, s’installe dans les grandes villes helvétiques. Ingénieurs, informaticiens, professionnels de santé ou cadres du secteur hôtelier composent désormais une partie croissante de la diaspora.
Cette évolution reflète non seulement les aspirations des jeunes Portugais confrontés à la précarité économique dans leur pays d’origine, mais aussi les besoins spécifiques du marché suisse dans certains secteurs sous tension. Elle contribue à modifier la perception de la migration portugaise, trop souvent associée à une image de main-d’œuvre peu qualifiée.
Pour autant, les secteurs traditionnels de l’emploi portugais en Suisse : bâtiment, nettoyage, restauration, logistique, continuent d’employer une majorité de travailleurs lusophones, souvent confrontés à une précarité persistante, des contrats à durée limitée ou des conditions physiques éprouvantes.
Intégration et naturalisation : un processus inégal
Intégration et naturalisation : un processus inégal
Les Portugais bénéficient généralement d’un bon taux d’emploi et d’une certaine stabilité résidentielle, notamment dans les cantons romands. Ils sont souvent perçus comme travailleurs fiables et discrets, mais leur intégration sociale et politique reste incomplète. Le taux de participation à la vie associative et civique est plus faible que chez d’autres communautés européennes installées en Suisse.
Le taux de naturalisation, bien qu’en hausse depuis les années 2010, demeure relativement bas. Plusieurs freins expliquent cette réticence : l’attachement au Portugal, la complexité des démarches suisses, ou encore le sentiment d’être toujours un migrant « en transit », même après 20 ou 30 ans de présence.
Pourtant, les nouvelles générations semblent amorcer un changement : enfants et petits-enfants de migrants, nés en Suisse, socialisés à l’école locale, ils développent une identité binationale plus assumée, tout en revendiquant parfois leur droit à la pleine citoyenneté helvétique.
Éducation, scolarité et trajectoires des Luso-descendants
Éducation, scolarité et trajectoires des Luso-descendants
Le système éducatif suisse joue un rôle clé dans la trajectoire d’intégration des enfants issus de la migration portugaise. Ces dernières décennies, une large majorité des Luso-descendants est née en Suisse et y a été scolarisée. Ils fréquentent les écoles publiques locales, avec un bon taux de réussite scolaire, bien que des écarts subsistent selon les cantons et les milieux sociaux.
Malgré une forte motivation parentale à favoriser la réussite éducative, certains obstacles demeurent : barrières linguistiques au début du parcours scolaire, méconnaissance des filières académiques, ou orientation précoce vers des voies professionnelles parfois subies. Néanmoins, une part croissante des jeunes issus de la diaspora accède à l’université ou à des formations supérieures, notamment dans les domaines techniques ou de la santé.
Le portugais est souvent parlé à la maison, ce qui renforce le maintien de la langue et de la culture d’origine. De nombreuses écoles ou associations proposent d’ailleurs des cours de langue portugaise en dehors du cadre scolaire, souvent soutenus par l’État portugais via les EPE (Ensino do Português no Estrangeiro 2).
Ces jeunes, à l’intersection de deux cultures, développent des profils plurilingues et biculturels précieux pour le marché du travail et la cohésion sociale. Ils incarnent une nouvelle génération de Suisses d’origine portugaise, pleinement enracinée localement tout en entretenant des liens affectifs, familiaux et symboliques forts avec le Portugal.
Un village alpin aux couleurs du Portugal : le cas de Täsch

À quelques kilomètres de la célèbre station de Zermatt, le petit village de Täsch, niché dans le canton du Valais, vit une réalité migratoire singulière : les étrangers y sont désormais plus nombreux que les Suisses, et la grande majorité d’entre eux sont portugais. Avec 481 ressortissants portugais sur 1300 habitants, la commune illustre l’installation durable d’une main-d’œuvre venue dans les années 1980 pour faire fonctionner l’économie touristique alpine.
Si la cohabitation n’est pas exempte de tensions, notamment autour de la langue et de l’éducation, plusieurs initiatives témoignent d’une volonté d’intégration. Cours d’allemand, poste de délégué à l’intégration, événements culturels mixtes : Täsch cherche à construire une communauté inclusive. La création de l’Association de langue et culture portugaise et la publication du livre « Um coração com duas casas » (« Un cœur, deux maisons ») traduisent ce sentiment d’appartenance double que partagent de nombreux enfants de migrants.
Le cas de Täsch, discret mais révélateur, montre que l’intégration passe autant par les politiques publiques que par les gestes du quotidien. Et que la migration portugaise en Suisse alpine n’est pas qu’un phénomène économique, c’est une histoire de voisinage, de langue, de générations qui cherchent leur place entre deux maisons.
Enjeux et défis contemporains
Enjeux et défis contemporains
Mobilité circulaire et retour au pays
Mobilité circulaire et retour au pays
De nombreux Portugais en Suisse entretiennent un lien fort avec leur région d’origine. Chaque été, les routes helvético-portugaises se remplissent de voitures immatriculées « CH » à destination du Minho ou de la Beira. Les envois de fonds, les projets immobiliers au Portugal et les allers-retours fréquents structurent une mobilité circulaire durable.
Seuls 7 % des Portugais installés en Suisse envisagent un retour à court terme
Le retour définitif au Portugal reste cependant limité. Selon l’Observatório da Emigração 3, seuls 7 % des Portugais installés en Suisse envisagent un retour à court terme. Le système de retraite suisse, les parcours professionnels installés et les enfants scolarisés en Suisse incitent majoritairement à une sédentarisation.
Accès aux droits et discriminations
Accès aux droits et discriminations
La présence portugaise en Suisse, malgré son importance numérique et historique, reste marquée par une forme de discrétion institutionnelle. Si les Portugais jouissent généralement d’une image positiv, cette perception peut aussi masquer des inégalités d’accès à certains droits fondamentaux. En dépit de leur contribution constante à l’économie suisse, leur reconnaissance sociale et civique reste partielle.
De nombreuses études mettent en lumière une série de discriminations structurelles, souvent peu visibles mais persistantes. Dans le logement, il n’est pas rare que des familles portugaises se voient refuser des locations, au profit de profils suisses ou d’autres nationalités perçues comme plus « intégrées ». Sur le marché du travail, l’ascension professionnelle reste limitée, notamment pour les personnes issues de la première génération, souvent cantonnées à des postes peu qualifiés dans le bâtiment, l’hôtellerie ou le nettoyage. Cette situation, héritée d’un passé de migration temporaire et saisonnière, continue d’alimenter une forme de plafond de verre.
L’accès à l'information administrative constitue un autre défi majeur. Les démarches de naturalisation, de reconnaissance de diplômes ou même de recours juridiques peuvent s’avérer complexes, en particulier pour les immigrés peu à l’aise avec les langues nationales. Malgré les efforts de plusieurs cantons (cours de langue, permanences juridiques, médiateurs interculturels), l’inégalité face aux institutions demeure un frein concret à l’émancipation de nombreuses familles lusophones.
Sur le plan symbolique, la communauté portugaise reste sous-représentée dans les sphères politiques, associatives ou médiatiques. Rares sont les élus, enseignants, ou figures publiques lusodescendantes visibles dans les cantons. Cette absence d’une élite représentative renforce l’idée d’un groupe « silencieux », peu revendicatif, parfois même perçu comme volontairement en retrait. Or, cette invisibilité ne traduit pas une absence de besoins ou d’opinions, mais bien souvent un manque de canaux d’expression légitimes et accessibles.
Le défi actuel est de favoriser une reconnaissance pleine et entière de cette communauté dans le tissu social suisse, sans réduire son rôle à celui d’un apport économique.
Perspectives croisées : vers une nouvelle ère migratoire
Perspectives croisées : vers une nouvelle ère migratoire
Une migration qui se reconfigure entre générations et mobilités inversées
Une migration qui se reconfigure entre générations et mobilités inversées
La migration portugaise en Suisse entre dans une nouvelle phase, marquée par un double mouvement. D’un côté, une partie de la première génération, arrivée dans les années 1960 et 1970, atteint aujourd’hui l’âge de la retraite. Après des décennies de travail dans des secteurs pénibles et faiblement rémunérés, beaucoup se retrouvent avec des pensions modestes, insuffisantes pour faire face au coût de la vie helvétique. Le retour au Portugal, autrefois différé, devient pour certains une nécessité économique autant qu’un choix affectif. Il s’agit parfois d’un retour définitif, parfois d’une mobilité saisonnière entre deux pays devenus complémentaires.
Dans le même temps, un phénomène plus discret s’affirme : celui de l’installation de Suisses au Portugal. En 2023, plus de 6.900 ressortissants suisses résidaient au Portugal, en forte augmentation (+13,4 % sur un an). C’est la plus forte progression européenne enregistrée cette année-là. Cette mobilité inversée concerne souvent des retraités attirés par le climat, le coût de la vie plus bas, ou encore des actifs du télétravail. Elle révèle une transformation silencieuse des liens entre les deux pays, où les flux ne vont plus dans un seul sens, mais s’inscrivent dans une logique de circulation et de réciprocité.
Une nouvelle génération entre ancrage local et identité transnationale
Une nouvelle génération entre ancrage local et identité transnationale
Parallèlement, les jeunes générations de Luso-descendants nés en Suisse (ou arrivés très jeunes) incarnent une identité biculturelle fluide, à cheval entre héritage familial portugais et socialisation helvétique. Ces individus, souvent parfaitement bilingues, accèdent à des cursus supérieurs, à des carrières diversifiées, et à une pleine citoyenneté politique. Ils participent à la redéfinition de la communauté portugaise non plus seulement comme un groupe d’origine, mais comme un réseau diasporique ancré, pluriel et moderne.
Cette évolution coïncide avec les mutations plus larges du projet européen, marqué par la remise en cause de la libre circulation, les crises migratoires successives, et la montée de la xénophobie dans certains contextes. Dans ce paysage mouvant, la migration portugaise en Suisse fait figure de laboratoire discret mais riche d’enseignements : elle interroge le lien entre mobilité et droits sociaux, entre intégration et mémoire, entre départ et retour.
Demain, la relation helvético-portugaise ne sera plus uniquement celle d’une main-d’œuvre en transit, mais celle d’individus aux trajectoires composites, d’entrepreneurs diasporiques, de familles transnationales et de citoyens européens mobiles. Plus de soixante ans après les premiers accords bilatéraux, c’est une nouvelle page migratoire qui s’écrit, entre mémoire, réinvention et projection vers l’avenir.
- Secrétariat d’État aux migrations : https://www.sem.admin.ch/sem/fr/home.html ↩︎
- Ensino do Português no Estrangeiro : https://www.dge.mec.pt/ensino-portugues-no-estrangeiro ↩︎
- Observatório da Emigração : https://observatorioemigracao.pt/ ↩︎
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