Les moliceiros, un trésor en péril classé par l’UNESCO
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- Dans les eaux tranquilles et salées de la Ria de Aveiro, ces longues embarcations aux couleurs vives glissent comme des vestiges d’un autre temps.
- Appelés barcos moliceiros, ces bateaux à fond plat étaient autrefois les piliers d’une économie lagunaire florissante.
- En 2025, ils sont devenus les symboles fragiles d’un patrimoine en voie de disparition.
- L’UNESCO vient de les inscrire sur sa liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente.
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Dans les eaux tranquilles et salées de la Ria de Aveiro, ces longues embarcations aux couleurs vives glissent comme des vestiges d’un autre temps. Appelés barcos moliceiros, ces bateaux à fond plat étaient autrefois les piliers d’une économie lagunaire florissante. En 2025, ils sont devenus les symboles fragiles d’un patrimoine en voie de disparition. L’UNESCO vient de les inscrire sur sa liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente. Un cri d’alarme pour une tradition qui ne tient plus qu’à quelques paires de mains vieillissantes et à une mémoire menacée d’oubli.
Un savoir-faire en voie d’extinction
Un savoir-faire en voie d’extinction
Ils ne sont plus que cinq. Cinq maîtres-charpentiers à encore savoir bâtir un moliceiro de leurs mains, avec des gestes transmis de génération en génération. Quatre d’entre eux ont plus de 60 ans. Ces artisans du bois sont les derniers gardiens d’un art naval unique en Europe. Le moliceiro n’est pas un simple bateau : c’est une œuvre de marqueterie flottante, une sculpture qui allie technique, esthétique et mémoire populaire.
Cette situation alarmante a été officiellement reconnue lors de la 20e session du Comité intergouvernemental de l’UNESCO à New Delhi, qui a inscrit la construction de ces bateaux sur la liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente. Un signal fort, mais qui n’est que le début d’un long processus de préservation.
Déjà en 2022, les moliceiros avaient intégré l’Inventaire national du patrimoine culturel immatériel grâce à l’initiative de la Communauté intermunicipale de la région d’Aveiro (CIRA). Mais le passage à une reconnaissance internationale vise à enclencher une dynamique de sauvegarde plus ambitieuse, à l’échelle locale et nationale.
Des bateaux aussi beaux qu’utiles
Des bateaux aussi beaux qu’utiles
Le moliceiro n’est pas qu’un emblème de carte postale. Ces embarcations servaient autrefois à récolter le moliço, une végétation aquatique utilisée comme engrais dans les champs de la région. Avec leurs 15 mètres de long, un fond plat permettant de naviguer dans à peine un mètre d’eau, et une capacité de charge de 5 tonnes, ils étaient parfaitement adaptés aux méandres peu profonds de la lagune d’Aveiro.
Mais ce qui fascine, ce sont leurs ornements. Chaque bateau arbore à sa proue et à sa poupe des peintures aux motifs satiriques, religieux, romantiques, érotiques ou historiques. Des scènes naïves ou ironiques, souvent accompagnées de légendes, qui racontent autant la vie quotidienne que l’imaginaire collectif de la région. On y voit des amants cachés, des miracles, des citations grivoises ou des slogans politiques détournés. Le moliceiro est une galerie flottante de la culture populaire portugaise.
Du travail à la vitrine touristique
Du travail à la vitrine touristique
Dans les années 1970, on dénombrait encore 3000 bateaux moliceiros en activité dans la Ria. Aujourd’hui, il en reste à peine une cinquantaine. La plupart ne servent plus qu’à promener les touristes dans les canaux urbains d’Aveiro. Cette reconversion a permis à certains charpentiers de continuer à exercer leur métier, mais elle ne suffit pas à perpétuer l’art de la construction traditionnelle dans son intégralité.
Dans les années 1970, on dénombrait encore 3000 bateaux moliceiros en activité dans la Ria
La pression économique, le manque de transmission, la rareté des matériaux, et l’absence de soutien institutionnel durable rendent l’activité difficilement viable. Le tourisme a sauvé l’image, mais pas l’essence. C’est justement pour éviter que les moliceiros ne deviennent de simples décors figés que l’UNESCO appelle à des mesures urgentes.
Un plan d’action concret et ambitieux
Un plan d’action concret et ambitieux
La candidature portugaise soumise à l’UNESCO inclut plusieurs pistes pour enrayer le déclin. Parmi elles, la sensibilisation dans les écoles, le développement d’ateliers pédagogiques, le renforcement de la transmission intergénérationnelle entre maîtres et apprentis, et l’introduction de moteurs électriques pour les embarcations utilisées dans le cadre touristique, afin d’alléger leur impact écologique et sonore.
Mais ces initiatives nécessitent des moyens, du temps et une volonté politique. La sauvegarde du patrimoine immatériel implique autant les collectivités que les citoyens. Pour que les moliceiros continuent à voguer, il faudra les construire, les peindre, les entretenir, et leur redonner leur place dans le cœur des habitants d’Aveiro.
Une mémoire vive et flottante
Une mémoire vive et flottante
Le Portugal compte actuellement 8 expressions culturelles inscrites sur la liste du patrimoine immatériel de l’humanité, dont le fado ou la fabrication des cloches de bétail (« chocalhos »). Mais seuls 3 éléments, dont désormais les moliceiros, figurent sur la liste de sauvegarde urgente. Ce classement n’est pas une récompense, mais un appel. Une alarme lancée par la communauté internationale.
À l’heure où les patrimoines immatériels sont les plus vulnérables aux bouleversements économiques, aux migrations, à la modernisation, les moliceiros rappellent combien l’identité d’un territoire peut tenir à une planche de bois, une gouache vive, une phrase drôle ou une main rugueuse. Ils sont l’âme de la lagune. Il serait tragique de les laisser sombrer.
Le futur dépend de la transmission
Le futur dépend de la transmission
Le sort des moliceiros reste suspendu à la capacité des institutions et des communautés locales à créer un environnement favorable à leur renaissance. Des financements, des espaces de formation, une revalorisation de l’image du métier : autant de conditions nécessaires pour que les jeunes générations aient envie de reprendre le flambeau.
Si rien n’est fait, dans vingt ans, les moliceiros ne seront plus qu’un souvenir en photos, figés dans des musées ou sur les murs des restaurants touristiques. Mais si la société portugaise parvient à redonner du souffle à cette tradition, alors les voiles des moliceiros pourront à nouveau se gonfler du vent de l’histoire vivante.
Et, sur la Ria, les reflets colorés des bateaux continueront de danser sur l’eau comme le miroir vibrant d’un Portugal qui sait protéger ce qu’il a de plus précieux.
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