Lithium : Lisbonne accusée rejette les accusations de l’ONU
Author: Portugal.fr — · Updated:
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- Alors que l’Union européenne mise sur le lithium pour assurer sa transition énergétique, une mine située dans le nord du Portugal, à Covas do Barroso, cristallise les tensions.
- Le Comité de la Convention d’Aarhus, relevant des Nations unies, accuse les autorités portugaises d’avoir entravé l’accès à l’information lors du processus de consultation publique.
- Lisbonne, elle, rejette catégoriquement ces accusations.
- Une affaire technique en apparence, mais aux résonances profondes, entre impératifs écologiques, enjeux géopolitiques et droits démocratiques bafoués.
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Alors que l’Union européenne mise sur le lithium pour assurer sa transition énergétique, une mine située dans le nord du Portugal, à Covas do Barroso, cristallise les tensions. Le Comité de la Convention d’Aarhus, relevant des Nations unies, accuse les autorités portugaises d’avoir entravé l’accès à l’information lors du processus de consultation publique. Lisbonne, elle, rejette catégoriquement ces accusations. Une affaire technique en apparence, mais aux résonances profondes, entre impératifs écologiques, enjeux géopolitiques et droits démocratiques bafoués.
Un rapport accablant sur l'accès à l'information
Un rapport accablant sur l'accès à l'information
Le Comité de la Convention d’Aarhus 1, organe chargé du respect des droits environnementaux au sein de l’ONU, a statué : le Portugal n’a pas respecté les droits d’accès à l’information lors du processus de consultation publique sur la mine de lithium à ciel ouvert de Covas do Barroso, située dans le nord du pays. Cette mine, opérée par Savannah Resources, a reçu en 2023 une déclaration d’impact environnemental (DIA) conditionnelle. L’exploitation est prévue pour 2027, mais une controverse juridique et démocratique vient remettre en cause cette échéance.
Le Portugal n’a pas respecté les droits d’accès à l’information lors du processus de consultation publique sur la mine de lithium à ciel ouvert de Covas do Barroso
D’après la décision rendue publique, trois institutions portugaises : l’Agence portugaise de l’environnement (APA), la Direction générale de l’énergie et de la géologie (DGEG), et la Commission de coordination et de développement régional du Nord (CCDR-N), ont délibérément retenu des documents essentiels au processus. Une plainte avait été déposée en 2021 par l’ONG espagnole Montescola, avec le soutien d’associations portugaises telles que Unidos em Defesa de Covas do Barroso (UDCB) et MiningWatch Portugal.
Des pratiques contraires à la convention d'Aarhus
Des pratiques contraires à la convention d'Aarhus
Des délais jugés trop courts
Des délais jugés trop courts
Parmi les griefs formulés, le Comité souligne que le délai de 10 jours ouvrables laissé pour consulter la version révisée de l’Étude d’Impact Environnemental (EIA) ne respecte pas les obligations du Portugal au titre de l’article 6 de la Convention d’Aarhus. La procédure aurait dû permettre une participation du public plus large, notamment pour un projet aux implications aussi lourdes.
En outre, il a été relevé que des informations environnementales ont été refusées sans base légale suffisante. Dans certains cas, les autorités ont transféré les demandes à d'autres entités, alors qu'elles détenaient les documents sollicités, une pratique contraire à l’esprit de transparence de la Convention.
Des ONG mobilisées pour annuler l'autorisation
Des ONG mobilisées pour annuler l'autorisation
Face à ces manquements, les ONG demandent désormais l’annulation pure et simple de la DIA. « Cette décision prouve que nos critiques sur le processus d’évaluation étaient fondées", estime Carla Gomes (UDCB). De son côté, Nik Völker (MiningWatch Portugal) estime que cette affaire a une portée systémique : "Comment faire confiance aux autorités pour d’autres projets s’il y a déjà des entorses sur l’un des plus surveillés d’Europe ? »
Pour Montescola, cette décision ne peut rester lettre morte. Son représentant Joam Evans affirme que les ONG travailleront ensemble pour obtenir une protection effective du Patrimoine Agricole Mondial de Barroso. Une action en justice a d’ailleurs été lancée par la commune de Covas do Barroso en 2023 pour contester la validité de la DIA.
Lisbonne rejette les accusations et défend son processus
Lisbonne rejette les accusations et défend son processus
Une divergence d’interprétation, selon l’APA
Une divergence d’interprétation, selon l’APA
Interrogée par la presse, l’APA (Agência Portuguesa do Ambiente) a catégoriquement rejeté les conclusions du Comité. Pour l’agence environnementale, il ne s’agit pas d’une violation des droits environnementaux, mais d’une divergence d’interprétation entre les exigences de la Convention et les procédures nationales portugaises.
« Il ne s’agit en aucun cas d’un défaut de conformité avec le processus d’EIE, et encore moins avec la consultation publique », a déclaré un porte-parole de l’agence. Le gouvernement portugais n’a pas encore officiellement réagi, mais les implications politiques pourraient être considérables.
Un projet d'intérêt stratégique européen
Un projet d'intérêt stratégique européen
Classée en mars 2025 comme projet d’« importance stratégique » par le gouvernement portugais, la mine de lithium s’inscrit dans l’effort européen pour sécuriser les matières premières critiques nécessaires à la transition énergétique. Cette labellisation permet d’accélérer les procédures administratives et d'attirer les investisseurs.
Mais pour les opposants, elle ne justifie en rien la mise à l’écart des populations locales ni le non-respect du droit environnemental. « Les institutions sortent affaiblies par leurs propres pratiques, c’est mauvais pour tout le monde », avertit Nik Völker.
Vers une réaction européenne ?
Vers une réaction européenne ?
La Commission européenne a déclaré suivre l’affaire de près. Elle s’est engagée à analyser les conclusions du Comité d’Aarhus, et à agir si nécessaire. Si les critiques sur la mine de Barroso ne sont pas nouvelles, cette décision du Comité apporte une légitimité supplémentaire aux recours en cours.
Dans le contexte d’une Union européenne en quête d’autonomie stratégique et de justice environnementale, ce dossier pourrait bien devenir un test décisif : celui de la capacité à concilier développement industriel et respect des principes démocratiques les plus fondamentaux.
- Comité de la Convention d’Aarhus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_d%27Aarhus ↩︎
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