Le Portugal veut faire renaître son industrie des courses hippiques
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Short summary: Les chevaux courent déjà au Portugal. Des hippodromes accueillent des épreuves, un championnat national existe et quelques rendez-vous attirent encore
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- Les chevaux courent déjà au Portugal.
- Des hippodromes accueillent des épreuves, un championnat national existe et quelques rendez-vous attirent encore un public de passionnés.
- Pourtant, il manque toujours au pays ce qui a permis aux courses hippiques de devenir une véritable filière économique ailleurs en Europe : un modèle capable d’associer durablement compétitions, élevage, infrastructures et paris.
- Le Portugal semble aujourd’hui vouloir rouvrir ce dossier.
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Les chevaux courent déjà au Portugal. Des hippodromes accueillent des épreuves, un championnat national existe et quelques rendez-vous attirent encore un public de passionnés. Pourtant, il manque toujours au pays ce qui a permis aux courses hippiques de devenir une véritable filière économique ailleurs en Europe : un modèle capable d'associer durablement compétitions, élevage, infrastructures et paris.
Le Portugal semble aujourd'hui vouloir rouvrir ce dossier. Le 10 juillet 2026, Porto a accueilli le premier Horse Betting Summit, organisé par la Liga Portuguesa de Trote e Galope (LPTG) à la Fundação António Cupertino de Miranda. L'événement précédait l'assemblée générale de l'European and Mediterranean Horseracing Federation (EMHF), organisée les 11 et 12 juillet dans la ville ; le Portugal appartient à cette organisation internationale depuis 2010.
Derrière cette réunion très spécialisée se dessine une ambition beaucoup plus large. Car l'idée de développer les paris hippiques au Portugal n'est pas nouvelle. Plusieurs gouvernements s'y sont déjà intéressés, un cadre juridique a été créé et des millions d'euros ont même été investis dans un système qui n'a finalement jamais été lancé. En 2026, le secteur revient donc moins à son point de départ qu'à un vieux projet portugais resté inachevé.
Des courses qui n'ont jamais complètement disparu
Des courses qui n'ont jamais complètement disparu
Parler de « retour » des courses hippiques serait trompeur. Le Portugal possède toujours une activité organisée autour du trot et du galop, même si elle reste beaucoup moins développée que dans les grandes nations hippiques européennes. La Liga Portuguesa de Trote e Galope organise notamment un Campeonato Nacional de Trote e Galope, avec plusieurs journées réparties dans différentes villes du pays.
Le calendrier 2026 illustre cette implantation discrète mais réelle. Des courses ont notamment été programmées à Celorico de Basto, Maia, Ponte da Barca ou Santo Tirso. Le 26 juillet, le Maia Summer Race a par exemple réuni trot et galop à l'Hipódromo Municipal da Maia dans le cadre du championnat national.
Un autre symbole est apparu à Ponte de Lima. En août 2025, son hippodrome a accueilli de nouveau des compétitions après 19 années d'interruption, avec trois épreuves de trot et trois de galop. La réouverture ne relevait pas seulement de la nostalgie sportive : la municipalité présente la réhabilitation de l'équipement comme un moyen de redonner une place aux activités équestres tout en générant des retombées pour l'hébergement, la restauration, le commerce et les services locaux.
C'est précisément ici que se situe l'enjeu. Le Portugal possède des courses ; il ne possède pas encore une industrie hippique comparable à celle de plusieurs de ses voisins européens. Et cette différence renvoie en grande partie à une question économique qui accompagne le secteur depuis plusieurs décennies : celle des paris.
Le pari hippique, vieux projet portugais jamais concrétisé
Le pari hippique, vieux projet portugais jamais concrétisé
Le problème avait déjà été identifié il y a plus de 30 ans. Dans un décret-loi publié en 1992, le législateur portugais soulignait la difficulté de développer durablement les courses sans le financement procuré par les paris mutuels, un modèle alors largement implanté dans d'autres pays européens. Le texte cherchait ainsi à créer les conditions permettant de développer cette activité au Portugal.
Une étape beaucoup plus importante est intervenue en 2015. Le Portugal s'est doté d'un cadre juridique consacré aux courses de chevaux et aux paris hippiques mutuels, en organisant notamment les conditions d'exploitation des hippodromes et des compétitions servant de support aux paris. La Santa Casa da Misericórdia de Lisboa devait parallèlement bénéficier de l'exploitation exclusive des paris hippiques mutuels territoriaux.
L'ambition dépassait déjà le simple jeu d'argent. Le développement des paris devait contribuer au financement des courses, mais également favoriser l'élevage, les activités liées au cheval et l'émergence d'une filière capable de créer des événements sportifs et économiques. Autrement dit, les paris étaient envisagés comme le moteur financier d'un écosystème hippique.
8,4 millions d'euros pour un système qui n'a jamais démarré
8,4 millions d'euros pour un système qui n'a jamais démarré
Le projet est allé beaucoup plus loin que quelques textes législatifs. La Santa Casa a préparé son lancement, constitué une équipe, développé un système informatique et une application, engagé des dépenses marketing et installé du matériel dans plusieurs milliers de points de vente. En 2019 encore, l'institution annonçait vouloir mettre les paris hippiques à disposition du public avant la fin de l'année.
Ils ne sont pourtant jamais arrivés. Selon des informations publiées en 2023 par ECO à partir d'une enquête de Público, la préparation du projet avait déjà coûté environ 8,4 millions d'euros à la Santa Casa. Près de 5000 détaillants auraient notamment été équipés avant que l'ensemble ne soit finalement remisé.
Cet épisode explique pourquoi le sommet organisé à Porto en juillet 2026 mérite davantage d'attention qu'une simple rencontre professionnelle. Le pays ne découvre pas le potentiel économique des courses de chevaux ; il cherche à résoudre un problème sur lequel il bute depuis plusieurs décennies.
Pourquoi le modèle français intéresse le Portugal
Pourquoi le modèle français intéresse le Portugal
Le Horse Betting Summit du 10 juillet a justement été consacré aux différentes façons d'organiser ce marché. Des acteurs portugais et internationaux ont confronté les cadres réglementaires existants, les étapes nécessaires au développement du secteur et les difficultés auxquelles le Portugal pourrait être confronté. Le modèle français figurait parmi les références étudiées pour son expérience dans l'organisation des courses et des paris hippiques.
Cette comparaison n'est pas anodine. En France, les paris participent au financement d'un vaste écosystème comprenant hippodromes, sociétés de courses, propriétaires, entraîneurs, jockeys, éleveurs et emplois indirects. Le modèle portugais resterait naturellement à une échelle très différente, mais la question économique est similaire : comment générer suffisamment de revenus autour des compétitions pour permettre à toute une filière de se développer ?
Pour l'instant, aucune généralisation imminente des paris hippiques au Portugal ne peut toutefois être déduite du sommet. Les discussions de Porto portent précisément sur les cadres possibles, les expériences étrangères et les étapes à franchir. Le précédent de 2015 invite d'ailleurs à la prudence : disposer d'une législation et d'une infrastructure technique ne suffit manifestement pas à créer un marché viable.
À Ponte de Lima, une image de ce que pourrait devenir la filière
À Ponte de Lima, une image de ce que pourrait devenir la filière
Après les réunions organisées à Porto, le week-end hippique s'est poursuivi par une journée de courses à Ponte de Lima. Trotteurs et galopeurs ont partagé la piste devant des tribunes garnies, donnant une dimension très concrète aux discussions techniques des jours précédents.
Le choix du lieu est presque symbolique. La réouverture récente de l'hippodrome après dix-neuf ans d'interruption montre qu'une activité que l'on aurait pu croire marginalisée conserve une capacité à mobiliser localement. Elle permet également d'imaginer ce que pourrait représenter une filière mieux structurée : des compétitions régulières, des infrastructures utilisées, davantage d'élevage et d'activités professionnelles autour du cheval, mais aussi des événements susceptibles d'attirer des visiteurs.
Rien ne garantit pourtant que cette nouvelle tentative aboutira là où les précédentes ont échoué. Le Portugal doit encore déterminer le modèle réglementaire et économique qu'il souhaite adopter, mesurer l'existence d'un marché et trouver un équilibre entre développement de la filière et encadrement des jeux d'argent. Le premier Horse Betting Summit marque donc davantage le début d'une réflexion structurée qu'une renaissance déjà acquise.
Mais quelque chose semble bouger. Après le retour des courses à Ponte de Lima, la poursuite du championnat national et désormais une réflexion internationale consacrée au financement de la filière, les différents éléments commencent à se rejoindre. Plus de trente ans après les premières tentatives législatives, le Portugal cherche encore la formule qui pourrait transformer ses courses de chevaux en véritable industrie hippique.
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