Voitures électriques : le Portugal étudie une taxe basée sur les kilomètres parcourus
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Short summary: Comment financer les routes lorsque les automobilistes n’achètent plus d’essence ou de gazole ? Avec la progression rapide des voitures
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- Comment financer les routes lorsque les automobilistes n’achètent plus d’essence ou de gazole ?
- Avec la progression rapide des voitures électriques, cette question commence à devenir très concrète au Portugal.
- Une étude de l’Autorité de la mobilité et des transports (AMT) examine plusieurs nouveaux modèles de financement, parmi lesquels une contribution liée au nombre de kilomètres parcourus.
- Il ne s’agit, à ce stade, ni d’une nouvelle taxe décidée par le gouvernement portugais, ni d’un dispositif dont l’entrée en vigueur serait programmée.
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Comment financer les routes lorsque les automobilistes n'achètent plus d'essence ou de gazole ? Avec la progression rapide des voitures électriques, cette question commence à devenir très concrète au Portugal. Une étude de l'Autorité de la mobilité et des transports (AMT) examine plusieurs nouveaux modèles de financement, parmi lesquels une contribution liée au nombre de kilomètres parcourus.
Il ne s'agit, à ce stade, ni d'une nouvelle taxe décidée par le gouvernement portugais, ni d'un dispositif dont l'entrée en vigueur serait programmée. L'idée apparaît parmi les solutions étudiées par l'AMT pour répondre à une transformation beaucoup plus profonde : l'électrification du parc automobile va progressivement réduire les recettes fiscales tirées des carburants, alors même que les voitures électriques continueront naturellement à utiliser les routes.
Présentée le 29 septembre 2026, l'étude stratégique de l'AMT sur le financement du réseau routier a été élaborée dans le cadre prévu par la loi de finances pour 2026 et doit être présentée à l'Assemblée de la République. L'autorité y analyse les défis actuels et futurs du financement des infrastructures routières portugaises et différentes solutions envisageables.
Près de 700 millions d'euros de recettes à remplacer
Près de 700 millions d'euros de recettes à remplacer
Le problème tient notamment au fonctionnement actuel du financement des routes. Une partie des taxes prélevées lorsque les automobilistes achètent de l'essence ou du gazole contribue au financement du réseau routier.
Selon les données de l'AMT rapportées dans l'étude, 691 millions d'euros provenant de l'impôt sur les produits pétroliers (ISP) ont été affectés l'année dernière à la contribution destinée au service routier. Cela représente environ 1/5ème des recettes de l'ISP.
Tant que la grande majorité du parc automobile fonctionne aux carburants fossiles, le mécanisme conserve une certaine logique : plus les véhicules circulent et consomment, plus ils génèrent de recettes fiscales. Mais l'équation se complique avec les voitures électriques.
Celles-ci utilisent les mêmes infrastructures sans acheter de carburants et ne contribuent donc pas de la même manière à cette source de financement. Plus leur nombre augmente, plus se pose la question du remplacement progressif des recettes issues de l'ISP.
Les voitures électriques pourraient représenter jusqu'à 30 % du parc en 2030
Les voitures électriques pourraient représenter jusqu'à 30 % du parc en 2030
Le phénomène pourrait prendre rapidement de l'ampleur. D'après les projections d'Infraestruturas de Portugal citées dans l'étude, les voitures électriques pourraient représenter entre 20 et 30 % du parc automobile portugais en 2030.
Une telle évolution pourrait mettre en jeu entre 140 et 200 millions d'euros de contributions actuellement destinées au financement des routes via l'ISP.
Le paradoxe est assez simple. Le Portugal encourage le remplacement des véhicules thermiques par des modèles électriques afin de réduire la consommation de combustibles fossiles et les émissions liées au transport. Mais le succès de cette transition érode parallèlement l'une des recettes historiquement associées à l'utilisation de la route.
Le pays doit donc réfléchir à un système dans lequel le financement des infrastructures dépendrait moins directement de la quantité d'essence ou de gazole consommée.
Une contribution calculée selon les kilomètres parcourus ?
Une contribution calculée selon les kilomètres parcourus ?
Parmi les pistes examinées figure celle d'une contribution tenant compte de l'utilisation réelle du réseau, notamment à travers le nombre de kilomètres parcourus par les véhicules.
Le principe modifierait profondément la logique actuelle. Au lieu de contribuer indirectement au financement des routes en faisant le plein, l'automobiliste pourrait payer en fonction de l'usage qu'il fait de son véhicule ou du réseau routier.
Une telle évolution permettrait notamment d'intégrer les voitures électriques au financement des infrastructures. Elle soulèverait cependant de nombreuses questions : méthode de calcul des distances, modalités de perception, protection des données, différences entre catégories de véhicules ou encore prise en compte des automobilistes vivant dans des territoires où la voiture reste difficilement remplaçable.
L'étude de l'AMT ne signifie donc pas qu'un compteur kilométrique fiscal sera prochainement appliqué aux automobilistes portugais. L'autorité présente son travail comme une réflexion sur un nouveau modèle de financement du réseau routier, dans un contexte marqué à la fois par la transition énergétique, les évolutions technologiques et l'arrivée à échéance de plusieurs contrats de concession.
L'électrique pourrait perdre progressivement son avantage fiscal
L'électrique pourrait perdre progressivement son avantage fiscal
Cette réflexion met surtout en lumière un changement qui pourrait accompagner la généralisation de la voiture électrique. Aujourd'hui, l'absence d'ISP constitue indirectement l'un de ses avantages par rapport à un véhicule essence ou diesel.
Mais si les véhicules électriques deviennent progressivement majoritaires, il deviendra de plus en plus difficile de financer durablement les routes en faisant reposer une partie du système sur une taxe payée uniquement par les utilisateurs de carburants.
La question n'est d'ailleurs pas seulement fiscale. Il faudra déterminer comment répartir le coût du réseau entre ses différents utilisateurs tout en évitant qu'un nouveau mécanisme ne pénalise excessivement certains ménages, notamment ceux qui parcourent beaucoup de kilomètres faute d'alternative en transports publics.
À ce stade, aucun montant par véhicule n'est arrêté. Une simulation consistant à répartir une partie des recettes perdues entre environ 1,5 million de voitures électriques aboutirait à un ordre de grandeur proche d'une dizaine d'euros mensuels par véhicule, mais ce chiffre ne correspond pas à un tarif proposé par l'AMT et dépendrait entièrement du modèle finalement retenu.
Le débat ne fait donc que commencer. Mais derrière une question apparemment technique se cache un problème appelé à devenir de plus en plus visible : si les Portugais achètent de moins en moins de carburant, il faudra trouver une autre manière de financer les routes qu'ils continuent d'emprunter.
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