Une molécule prometteuse contre le cancer découverte à Coimbra

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Short summary: Une avancée scientifique majeure vient d’être réalisée au Portugal : des chercheurs de l’Université de Coimbra ont mis au point

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Une molécule prometteuse contre le cancer découverte à Coimbra
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Une avancée scientifique majeure vient d’être réalisée au Portugal : des chercheurs de l’Université de Coimbra ont mis au point une molécule innovante, baptisée LUZ51, qui pourrait transformer en profondeur le traitement des tumeurs solides. Cette découverte s’inscrit dans le domaine de la thérapie photodynamique, une approche déjà connue mais encore peu utilisée à grande échelle en oncologie. Fruit d’une collaboration entre l’université et l’entreprise Luzitin SA, le projet repose sur une stratégie inédite : faire moins pour faire mieux, en misant sur une molécule extrêmement petite, mais d’une efficacité redoutable. Une nouvelle piste thérapeutique qui, si les essais cliniques confirment les résultats obtenus sur les modèles animaux, pourrait ouvrir la voie à des traitements plus ciblés, moins invasifs et mieux tolérés.

Une approche à contre-courant dans la recherche contre les tumeurs solides

Une approche à contre-courant dans la recherche contre les tumeurs solides

La lutte contre les cancers dits « solides », tels que ceux du sein, du foie, ou encore des poumons, se heurte à deux obstacles majeurs : l’accumulation sélective du médicament dans la tumeur, et sa capacité à diffuser efficacement jusqu’aux cellules tumorales les plus profondes. Ces dernières années, la tendance dominante a été de concevoir des molécules toujours plus volumineuses, souvent intégrées à des nanoparticules complexes, dans l’espoir d’accroître leur sélectivité. Mais cette sophistication a un coût : une pénétration réduite dans des tumeurs particulièrement denses ou rigides.

À Coimbra, les chercheurs du département de chimie de la Faculté des sciences et technologies (FCTUC) ont fait un pari inverse. Plutôt que d’ajouter, ils ont simplifié. Leur objectif : identifier la plus petite structure moléculaire possible, tout en conservant les propriétés pharmacologiques idéales pour une activation par la lumière. Le résultat est la molécule LUZ51, un photosensibilisateur capable d’absorber la lumière infrarouge, aujourd’hui présentée comme le plus petit de sa catégorie connu à ce jour.

Cette découverte, selon les chercheurs, marque un tournant. « Nous avons cherché la compacité, car elle permet une meilleure diffusion dans les tissus tumoraux », explique le professeur Luís Arnaut, du Centre de chimie de Coimbra. La molécule a été conçue pour s’activer uniquement sous l’effet d’un faisceau lumineux spécifique, réduisant ainsi considérablement les risques d’effets indésirables sur les tissus sains.

Cette approche innovante pourrait répondre à l’un des défis persistants des traitements anticancéreux : cibler efficacement la tumeur, sans provoquer de dommages collatéraux.

Une thérapie guidée par la lumière, sélective et prometteuse

Une thérapie guidée par la lumière, sélective et prometteuse

La thérapie photodynamique repose sur un mécanisme relativement simple dans son principe : une molécule sensible à la lumière, le photosensibilisateur, est administrée au patient, puis activée localement par une source lumineuse (généralement rouge ou infrarouge). En présence d’oxygène, cette activation déclenche une cascade de réactions chimiques qui détruisent les cellules tumorales. L’originalité de cette technique tient à sa sélectivité géographique : tant que la molécule n’est pas exposée à la lumière, elle reste inactive, limitant ainsi son action aux seules zones éclairées.

Dans le cas de LUZ51, les résultats observés chez les animaux sont particulièrement encourageants. La molécule s’accumule jusqu’à 13 fois plus dans les tumeurs que dans les tissus adjacents, elle est rapidement internalisée par les cellules cancéreuses, et elle entraîne leur mort lorsque la lumière infrarouge est appliquée. Cette efficacité ciblée constitue un avantage décisif face aux effets secondaires souvent lourds de la chimiothérapie traditionnelle.

Des résultats impressionnants sur des modèles animaux avancés

Des résultats impressionnants sur des modèles animaux avancés

Les expériences menées sur des souris atteintes de tumeurs agressives ont permis de confirmer l'efficacité thérapeutique de LUZ51. Les chercheurs ont même observé la guérison complète de certains sujets traités, sans atteinte aux tissus sains environnants. Dans le cas de modèles reproduisant le cancer du sein triple négatif humain, l’un des types les plus difficiles à traiter, les résultats ont dépassé les attentes. Lorsque la tumeur avait déjà commencé à métastaser vers les poumons, le traitement local à base de LUZ51 a permis une réduction significative, et parfois une élimination complète, des foyers métastatiques pulmonaires.

Ces observations laissent entrevoir un effet immunologique induit par la thérapie photodynamique

Ces observations laissent entrevoir un effet immunologique induit par la thérapie photodynamique. En d’autres termes, l’activation locale de la molécule ne se contenterait pas de détruire la tumeur ciblée, mais stimulerait également une réponse immunitaire systémique, capable de s’attaquer à d'autres cellules cancéreuses présentes ailleurs dans l’organisme.

Si cette hypothèse est confirmée, LUZ51 pourrait non seulement traiter la tumeur initiale, mais aussi agir comme un déclencheur d’une immunité anticancéreuse globale, ouvrant la voie à des protocoles thérapeutiques combinés ou préventifs.

Une étape majeure avant les essais cliniques

Une étape majeure avant les essais cliniques

Malgré l’enthousiasme suscité par ces résultats, les chercheurs restent prudents. Avant toute application humaine, la molécule devra passer par le long parcours des essais cliniques, dont la durée est estimée à environ cinq ans. Cette phase est indispensable pour évaluer la sécurité, la tolérance et l’efficacité du traitement chez l’humain, selon des protocoles strictement encadrés.

La molécule LUZ51 a d’ores et déjà été brevetée conjointement par l’Université de Coimbra et Luzitin SA. Les données des études in vivo ont été publiées dans la revue scientifique Angewandte Chemie International Edition 1, attestant de la robustesse du travail accompli. Un jalon qui marque une reconnaissance académique et ouvre la voie à des financements pour la poursuite des recherches.

Les équipes portugaises espèrent maintenant que ce projet innovant pourra susciter l’intérêt d’investisseurs publics ou privés, dans un contexte où les attentes en matière de traitements oncologiques ciblés et mieux tolérés sont particulièrement fortes.

Un espoir scientifique pour une nouvelle génération de traitements anticancéreux

Un espoir scientifique pour une nouvelle génération de traitements anticancéreux

Dans un paysage médical en pleine transformation, où la médecine de précision devient l’horizon des soins, la molécule LUZ51 symbolise une forme de rupture technologique discrète mais puissante. En misant sur la miniaturisation, la sélectivité et la lumière, les chercheurs portugais dessinent une nouvelle trajectoire thérapeutique, potentiellement moins invasive et plus respectueuse de l’organisme.

Si les essais cliniques confirment les performances observées, cette approche pourrait s’intégrer à une stratégie thérapeutique combinée, aux côtés de l’immunothérapie ou de la radiothérapie. Elle permettrait notamment d’intervenir sur des tumeurs localisées, en limitant les effets secondaires souvent invalidants des traitements classiques.

Cette découverte rappelle enfin le rôle clé joué par la recherche universitaire dans l’innovation biomédicale. À Coimbra, chimie fondamentale et application clinique ne s’opposent plus : elles s’entrelacent pour dessiner, peut-être, les contours d’un futur moins sombre pour les malades du cancer.

  1. Angewandte Chemie International Edition : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/anie.202509121 ↩︎

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