Portugal, le cannabis en tête des drogues illicites consommées

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Le constat n’est pas nouveau, mais il se précise, chiffres à l’appui. Une vaste enquête européenne publiée à partir de données collectées en 2024 confirme que le cannabis demeure la substance illicite la plus consommée au Portugal. Menée dans 35 pays auprès de dizaines de milliers de participants, cette étude dresse un portrait détaillé des usages, des profils sociaux et des motivations des consommateurs portugais, tout en soulignant une évolution notable des pratiques par rapport aux années précédentes. Derrière les statistiques, se dessine une consommation largement intégrée à la vie quotidienne, particulièrement chez les plus jeunes générations, et étroitement liée à d’autres substances licites ou non.

Une prévalence marquée chez les jeunes adultes

Une prévalence marquée chez les jeunes adultes

Les résultats issus du Inquérito Online Europeu sobre Drogas 1, analysés par l’Institut portugais pour les comportements addictifs et les dépendances (ICAD) 2, confirment que le cannabis occupe une place centrale dans les usages de drogues illicites au Portugal. En 2024, la consommation récente concerne environ 2 % de la population âgée de 15 à 74 ans, un chiffre qui grimpe à 5 % chez les 15-34 ans. Cette surreprésentation des jeunes adultes illustre une banalisation progressive de l’usage, souvent perçu comme moins risqué que d’autres substances.

Le profil des consommateurs révèle également une nette majorité masculine, même si l’écart tend à se réduire. Les hommes sont majoritaires parmi les consommateurs interrogés, représentant près des deux tiers des participants, contre un peu plus d’un tiers de femmes. L’enquête intègre aussi la dimension de l’identité de genre, montrant une population majoritairement masculine, mais incluant une minorité non binaire, signe d’une approche plus inclusive des études récentes.

Des consommateurs insérés socialement et majoritairement diplômés

Des consommateurs insérés socialement et majoritairement diplômés

Loin des clichés associés aux marges sociales, les données brossent le portrait d’une population largement insérée sur le plan professionnel et éducatif. Une majorité des répondants travaille à temps plein, tandis qu’une part non négligeable poursuit des études, parfois en parallèle d’une activité professionnelle. Sur le plan académique, le niveau de formation est élevé : plus de six consommateurs sur dix déclarent avoir achevé des études supérieures, un chiffre qui tranche avec les représentations traditionnelles des usages de drogues.

Les situations de logement reflètent également une diversité de parcours. Une part importante des consommateurs vit encore chez leurs parents, tandis que d’autres résident en couple, seuls ou en colocation, notamment dans un cadre étudiant. Cette dispersion témoigne d’une consommation qui traverse différentes étapes de la vie adulte, sans se limiter à un groupe social homogène.

Une géographie contrastée de la consommation

Une géographie contrastée de la consommation

Sur le plan territorial, la consommation de cannabis reste principalement urbaine. Près des deux tiers des participants résident en ville, confirmant le rôle des grands centres urbains comme espaces privilégiés d’accès et de circulation des substances. Les zones suburbaines et rurales ne sont toutefois pas absentes, ce qui souligne une diffusion bien au-delà des seules métropoles.

À l’échelle régionale, la région de Lisbonne et de la vallée du Tage concentre la plus forte proportion de répondants. Les régions du Nord et du Centre suivent, tandis que l’Alentejo et l’Algarve apparaissent plus marginalement représentés. Fait notable, les régions autonomes, en particulier les Açores, affichent une participation significative à l’enquête, illustrant l’extension géographique du phénomène à l’ensemble du territoire portugais.

Policonsommation et diversification des formes d’usage

Policonsommation et diversification des formes d’usage

L’un des enseignements majeurs de l’étude réside dans la fréquente association du cannabis avec d’autres substances. La quasi-totalité des consommateurs déclarent avoir également consommé du tabac et de l’alcool au cours de l’année écoulée. Parmi les drogues illicites, l’ecstasy (MDMA), les champignons hallucinogènes, la cocaïne et le LSD figurent en bonne place, révélant des pratiques de polyconsommation désormais bien installées.

Lors de la dernière occasion de consommation, près de 7 participants sur 10 indiquent avoir utilisé d’autres produits en plus du cannabis. Ce phénomène concerne légèrement davantage les femmes que les hommes. Toutefois, une évolution se dessine par rapport à 2021 : la part de consommateurs associant systématiquement le cannabis à d’autres substances recule, suggérant une certaine spécialisation ou une consommation plus ciblée.

Les formes de cannabis consommées témoignent également d’une diversification progressive. Si l’herbe et la résine restent largement dominantes, une proportion non négligeable de répondants mentionne l’usage de produits comestibles, d’huiles, d’extraits ou encore de dérivés plus récents. Cette pluralité reflète l’influence de marchés internationaux et de tendances importées, notamment via les réseaux sociaux.

Des motivations centrées sur le bien-être, mais non sans effets indésirables

Des motivations centrées sur le bien-être, mais non sans effets indésirables

Interrogés sur leurs motivations, les consommateurs évoquent avant tout la recherche de détente. Réduire le stress et se relaxer apparaît comme la raison principale, loin devant les usages récréatifs stricto sensu. Viennent ensuite des motivations liées au sommeil, à l’anxiété ou à des états dépressifs, ce qui inscrit la consommation dans une logique de gestion émotionnelle plus que de transgression.

D’autres usages, plus minoritaires, sont également mentionnés : soulagement de douleurs, amélioration perçue des performances scolaires ou professionnelles, recherche d’une expérience spirituelle ou encore augmentation du plaisir. Cette pluralité d’objectifs souligne la difficulté de réduire le cannabis à une seule fonction sociale ou psychologique.

Sur le plan sanitaire, près de la moitié des répondants déclarent ne pas avoir ressenti d’effets négatifs attribuables à leur consommation. Parmi ceux qui en signalent, les troubles de la mémoire arrivent en tête, suivis des épisodes d’anxiété, des difficultés de concentration et de sensations de vertige. Ces effets, souvent jugés modérés, n’en rappellent pas moins que l’usage de cannabis n’est pas dénué de risques, même lorsqu’il est perçu comme maîtrisé.

Un phénomène portugais inscrit dans une tendance européenne

Un phénomène portugais inscrit dans une tendance européenne

Comparée au reste de l’Europe, la situation portugaise s’inscrit dans une dynamique largement partagée. À l’échelle continentale, le cannabis reste la drogue illicite la plus consommée, fréquemment associée à l’alcool et au tabac, mais aussi à la cocaïne et au MDMA. La prévalence du polyconsommation observée au Portugal correspond presque exactement à la moyenne européenne, confirmant l’intégration du pays dans des tendances communes.

Dans un pays souvent cité pour sa politique de dépénalisation des drogues, ces résultats alimentent un débat ancien mais toujours sensible. Ils rappellent que la normalisation de certains usages s’accompagne de nouveaux enjeux en matière de prévention, de santé publique et d’accompagnement des consommateurs. Plus que jamais, les chiffres dessinent un paysage complexe, où le cannabis apparaît à la fois comme un produit banal du quotidien et comme un objet de vigilance collective.

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