Le Portugal en pointe sur la protection des océans
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Short summary: À plus de 200 kilomètres au large de Sagres, bien en dehors des routes maritimes commerciales, se cache un relief
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- À plus de 200 kilomètres au large de Sagres, bien en dehors des routes maritimes commerciales, se cache un relief sous-marin aussi vaste que méconnu : le banc de Gorringe.
- Frôlant la surface de l’Atlantique par endroits et plongeant à plus de 5000 mètres de profondeur, cette montagne engloutie s’étire sur près de 200 kilomètres.
- Longtemps restée à l’écart des projecteurs, elle s’apprête à devenir l’un des piliers de la stratégie portugaise de protection de la biodiversité marine.
- Avec l’annonce de la création prochaine de deux nouvelles aires marines protégées : le complexe Madeira-Tore et la dorsale de Gorringe, le Portugal atteindra 27 % de surface océanique classée, un jalon qui le place parmi les pays les plus ambitieux d’Europe en matière de conservation marine.
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À plus de 200 kilomètres au large de Sagres, bien en dehors des routes maritimes commerciales, se cache un relief sous-marin aussi vaste que méconnu : le banc de Gorringe. Frôlant la surface de l’Atlantique par endroits et plongeant à plus de 5000 mètres de profondeur, cette montagne engloutie s’étire sur près de 200 kilomètres. Longtemps restée à l’écart des projecteurs, elle s'apprête à devenir l’un des piliers de la stratégie portugaise de protection de la biodiversité marine.
Avec l’annonce de la création prochaine de deux nouvelles aires marines protégées : le complexe Madeira-Tore et la dorsale de Gorringe, le Portugal atteindra 27 % de surface océanique classée, un jalon qui le place parmi les pays les plus ambitieux d’Europe en matière de conservation marine. À terme, ce chiffre pourrait même grimper à 30 %, objectif fixé par les Nations unies pour 2030. Derrière ces statistiques, un changement d’échelle est en cours, dans un pays dont la zone économique exclusive est la troisième plus vaste du continent.
Un trésor sous-marin enfin reconnu
Un trésor sous-marin enfin reconnu
Peu de lieux illustrent aussi bien la richesse cachée des profondeurs atlantiques que la dorsale de Gorringe. Cette chaîne sous-marine, formée à la rencontre des plaques tectoniques africaine et eurasienne, abrite une mosaïque d'écosystèmes : coraux d'eau froide, forêts d'algues, éponges abyssales, mais aussi thons rouges, requins et cétacés migrateurs. En 2022, la zone a été reconnue comme « aire écologiquement ou biologiquement significative » par la Convention sur la diversité biologique, une désignation internationale qui a accéléré son classement national.
La future réserve couvrira plus de 100 000 km², soit une superficie équivalente au territoire continental portugais
Jusqu'ici, seule une fraction du site, environ 23 000 km², bénéficiait d'un statut de protection dans le cadre du réseau Natura 2000 1, sans véritable mécanisme de régulation des activités humaines. La future réserve couvrira plus de 100 000 km², soit une superficie équivalente au territoire continental portugais. Certaines zones y seront totalement interdites à la pêche ou au passage de navires, tandis que d'autres feront l'objet d'une gestion écosystémique, plus souple mais toujours encadrée.
Lisbonne muscle sa gouvernance océanique
Lisbonne muscle sa gouvernance océanique
Vers une législation plus robuste
Vers une législation plus robuste
Jusqu'à récemment, le Portugal ne disposait d'aucun cadre légal spécifique pour gérer ses aires marines en haute mer. Ce vide juridique ralentissait la mise en œuvre des politiques de protection, en particulier pour les espaces éloignés des côtes. Le décret-loi actuellement en préparation au ministère de l'Environnement vient combler cette lacune. Il définira les modalités de création, de gestion et de contrôle des réserves situées dans les zones économiques exclusives et au-delà.
La future réglementation devra notamment répondre à un défi de taille : celui de la surveillance et de l'application. « Protéger, c'est aussi pouvoir faire respecter », a déclaré la ministre Maria da Graça Carvalho. La taille monumentale des nouvelles AMP (aires marines protégées) oblige à s'appuyer sur des technologies de pointe : satellites, drones marins, intelligence artificielle appliquée à la détection d'activités illégales. Mais la ministre reste prudente sur les moyens concrets qui seront mobilisés. Pour l'instant, le financement reste flou, et la coordination interministérielle encore en rodage.
La pression des usages économiques
La pression des usages économiques
La tension reste palpable entre impératifs environnementaux et réalités économiques. Le débat au Parlement des Açores sur l'autorisation de la pêche au thon 2 dans certaines zones protégées a ravivé les lignes de fracture. Maria da Graça Carvalho a rappelé que les engagements pris avec les pêcheurs avaient été validés avant d'être remis en cause, et déploré que « l'image d'excellence portée par la RAMPA (Réseau d'aires marines protégées des Açores) soit ainsi fragilisée ». Dans les coulisses, les négociations entre les régions, l'État et les professionnels de la mer restent délicates, parfois tendues.
Une ambition métropolitaine élargie
Une ambition métropolitaine élargie
Outre le Gorringe, une autre réserve est en gestation sur le littoral : celle qui couvrira les zones côtières de Cascais, Sintra et Mafra. Cette AMP métropolitaine s'étendra sur environ 60 km de côte, englobant falaises, zones intertidales, récifs et herbiers marins. Moins complexe juridiquement, car relevant des règles déjà existantes pour les côtes, elle pourrait être opérationnelle plus rapidement. « Nous voulons que cette réserve soit créée avant les prochaines élections locales », a précisé la ministre.
Protéger l'eau douce, un enjeu tout aussi vital
Protéger l'eau douce, un enjeu tout aussi vital

Si la mer concentre l'attention, les terres ne sont pas oubliées. En matière de gestion de l'eau, les urgences s'accumulent. Dans le sud du pays, les bassins du Sado et du Mira sont sous haute surveillance. La sécheresse chronique de ces dernières années pousse le gouvernement à envisager des interconnexions entre barrages, notamment entre Santa Clara et le réseau de l'Algarve. La création d'une seconde usine de dessalement, dédiée à l'irrigation agricole dans la région de Sines, est aussi à l'étude.
Autre priorité : les stations d'épuration. Un audit national a révélé de nombreuses défaillances, certaines installations ne respectant plus les normes européennes. Le cas de l'ETAR de Pereira do Campo, qui fait l'objet d'une procédure devant la Cour de justice de l'UE depuis 2016 3, symbolise les lacunes accumulées. La ministre promet un plan d'investissement pour moderniser l'ensemble du parc, encore faut-il qu'il soit financé et mis en œuvre à temps.
Une diplomatie bleue à l’international
Une diplomatie bleue à l’international
À l'échelle mondiale, le Portugal entend aussi renforcer son rôle de leader de la « diplomatie bleue ». Des coopérations renforcées sont en cours avec des pays insulaires africains comme le Cap-Vert et São Tomé-et-Príncipe. Lisbonne appuie également la mise en place de mécanismes de financement multilatéraux pour la conservation marine, et s'engage à accompagner les pays du Sud dans l'élaboration de leurs propres politiques de protection des écosystèmes côtiers.
La prochaine étape sera l'adoption de la nouvelle Stratégie nationale pour la conservation de la nature et de la biodiversité (ENCNB) 4, attendue pour juin 2026. Ce document-cadre, exigé par la COP15, orientera l'action environnementale du pays pour les dix prochaines années.
Vers une nouvelle géographie de l’Atlantique
Vers une nouvelle géographie de l’Atlantique
En 2024, seuls 5 % des eaux portugaises étaient classées. En moins de deux ans, ce chiffre a été multiplié par 4. Si les promesses actuelles sont tenues, 2026 pourrait marquer un basculement historique dans la relation du Portugal à son domaine maritime. Un tournant écologique, certes, mais aussi géopolitique. Car protéger ses eaux, c’est aussi revendiquer un contrôle accru sur un espace stratégique. À l’heure où la haute mer devient le théâtre de nouvelles convoitises, Lisbonne affiche une volonté claire : celle d’incarner une puissance océanique moderne et responsable.
- Réseau Natura 2000 : https://natura2000.eea.europa.eu/ ↩︎
- https://greensavers.sapo.pt/pescar-ou-nao-atum-em-area-protegida-a-decisao-dos-acores-que-sera-sempre-polemica/ ↩︎
- https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:62014CA0398 ↩︎
- ENCNB : https://www.adcoesao.pt/estrategia-nacional-de-conservacao-da-natureza-e-biodiversidade-2030/ ↩︎
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