La privatisation de TAP en 2015 dans le collimateur de la justice
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- Alors que Lisbonne est entrée, depuis le 22 novembre, dans une phase décisive pour la cession de 49,9 % du capital de la compagnie aérienne nationale TAP, une affaire ancienne refait surface.
- Le ministère public portugais a ordonné mardi une série de perquisitions dans le cadre d’une enquête sur la privatisation initiale de la TAP, menée en 2015.
- Le dossier, complexe, mêle soupçons de fraude, circuits de financement opaques et vieilles tensions politiques autour de l’avenir d’un des derniers fleurons publics du pays.
- Au sommaire Toggle Une vente controversée dès l’origineCorruption, fraude fiscale : les chefs d’accusation potentielsUn passé qui embarrasse un futur procheVers une nouvelle privatisation sous tension Une vente controversée dès l’origine Le cœur de l’enquête judiciaire concerne la cession de 61 % du capital de TAP en 2015 au consortium Atlantic Gateway, dirigé par l’homme d’affaires américain David Neeleman et son partenaire portugais Humberto Pedrosa, à la tête du groupe de transport Barraqueiro.
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Alors que Lisbonne est entrée, depuis le 22 novembre, dans une phase décisive pour la cession de 49,9 % du capital de la compagnie aérienne nationale TAP, une affaire ancienne refait surface. Le ministère public portugais a ordonné mardi une série de perquisitions dans le cadre d’une enquête sur la privatisation initiale de la TAP, menée en 2015. Le dossier, complexe, mêle soupçons de fraude, circuits de financement opaques et vieilles tensions politiques autour de l’avenir d’un des derniers fleurons publics du pays.
Une vente controversée dès l’origine
Une vente controversée dès l’origine
Le cœur de l’enquête judiciaire concerne la cession de 61 % du capital de TAP en 2015 au consortium Atlantic Gateway, dirigé par l’homme d’affaires américain David Neeleman et son partenaire portugais Humberto Pedrosa, à la tête du groupe de transport Barraqueiro. Cette opération, qui avait suscité des critiques dès son annonce, est désormais examinée pour ses implications financières et fiscales.
Selon le Département central d’investigation et d’action pénale (DCIAP) 1, les perquisitions ont visé 25 sites différents, incluant des entreprises, des cabinets d’avocats et des sociétés d’audit. Le parquet cherche à établir les conditions de cette vente, mais aussi les modalités d’un financement associé à une commande massive d’avions passée auprès d’Airbus.
En effet, l’enquête s’intéresse à une augmentation de capital réalisée avec des fonds négociés entre Airbus et la société DGN Corporation, un actionnaire d’Atlantic Gateway. Le parquet évoque des décisions contractuelles prises avant la vente officielle, ce qui pourrait indiquer un montage financier anticipé, orchestré pour faciliter la privatisation.
Corruption, fraude fiscale : les chefs d’accusation potentiels
Corruption, fraude fiscale : les chefs d’accusation potentiels
Le ministère public précise que les soupçons portent notamment sur des faits de corruption passive et de fraude fiscale qualifiée. Aucun mandat d’arrêt n’a été émis à ce stade, mais les investigations visent à reconstituer l’enchaînement des décisions, et à vérifier leur légalité.
L’accord entre Airbus et la DGN Corporation prévoyait la commande par TAP de 53 appareils, assortie de l’annulation d’une commande antérieure datant de 2005. La nature exacte des contreparties, le calendrier des décisions et la transparence des flux financiers sont au cœur des interrogations judiciaires.
De leur côté, TAP et le groupe Barraqueiro ont affirmé leur entière coopération avec les autorités. Une manière de limiter l’impact médiatique d’un dossier explosif, au moment où la compagnie aérienne suscite à nouveau l’intérêt d’acteurs majeurs du transport aérien.
Un passé qui embarrasse un futur proche
Un passé qui embarrasse un futur proche
L’affaire tombe à un moment politiquement sensible. Le gouvernement de centre-droit dirigé par Luís Montenegro a officialisé son intention de vendre jusqu’à 49,9 % de TAP, dont 5 % réservés en priorité aux salariés. L’appel d’offres a déjà attiré des groupes comme Lufthansa, Air France-KLM et le groupe IAG (British Airways, Iberia).
Or, l’exécutif doit désormais faire face à une réalité paradoxale : alors que la TAP est redevenue profitable après avoir été renationalisée en 2020, grâce à une injection de 3,2 milliards d’euros de fonds publics, les blessures de la précédente privatisation ne sont pas refermées. L’opération de 2015 avait été partiellement annulée dès l’année suivante, lorsque le gouvernement socialiste d’António Costa avait repris le contrôle majoritaire de la compagnie.
Ce retour à la case justice, 8 ans plus tard, montre que TAP demeure une entreprise hautement sensible, à la croisée des enjeux économiques, politiques et symboliques. Chaque décision autour de son capital cristallise les débats sur le rôle de l’État, la souveraineté industrielle et les erreurs du passé.
Vers une nouvelle privatisation sous tension
Vers une nouvelle privatisation sous tension
La nouvelle opération de privatisation, actuellement en cours d’examen, se veut plus prudente, plus transparente. Mais la résurgence du dossier de 2015, couplée aux soupçons judiciaires, pourrait rebattre les cartes. La présence de candidats européens aux intérêts divergents alimente également la compétition autour de l’avenir de TAP.
Rien ne dit pour l’instant que cette enquête freinera les ambitions gouvernementales. Mais elle risque de peser politiquement, en particulier à l’approche d’un calendrier électoral chargé, dans un pays où la gestion des actifs publics est toujours scrutée de près par l’opinion.
Alors que Lisbonne cherche à tourner la page des années de sauvetage, le passé turbulent de TAP s’invite à nouveau dans le cockpit. Et cette fois, les turbulences ne viennent pas seulement du ciel.
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