Conflit au Moyen-Orient : l’industrie portugaise en alerte

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Conflit au Moyen-Orient : l’industrie portugaise en alerte
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L'escalade militaire au Moyen-Orient fait planer une nouvelle incertitude sur l'économie mondiale. Au Portugal, les industriels suivent avec inquiétude les premières secousses sur les marchés de l'énergie, alors que les prix du pétrole et du gaz ont brusquement rebondi après les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran. Pour plusieurs secteurs clés de l'industrie portugaise, la perspective d'un conflit prolongé pourrait entraîner une hausse durable des coûts de production et perturber les chaînes d'approvisionnement internationales.

« La guerre en Iran tendra à faire augmenter les prix de l'énergie et du transport maritime, ce qui contribuera à renchérir les coûts industriels et à désorganiser les chaînes logistiques », prévient Luís Miguel Ribeiro, président de l'Association entrepreneuriale du Portugal (AEP). Selon lui, la vulnérabilité énergétique de l'Europe rend l'économie particulièrement exposée à une telle crise.

L’énergie au cœur des inquiétudes industrielles

L’énergie au cœur des inquiétudes industrielles

Les premières tensions se sont immédiatement traduites sur les marchés. Le prix du pétrole a atteint un plus haut depuis un an et celui du gaz naturel en Europe a connu une envolée spectaculaire, dépassant brièvement les 50 % de hausse dans les contrats de référence du marché TTF. Pour les entreprises industrielles, fortement consommatrices d'énergie, cette volatilité constitue un signal d'alerte.

Dans le secteur textile, où les procédés industriels reposent largement sur la chaleur et la vapeur, l'impact pourrait être rapide. « L'énergie représente entre 7 % et 10 % des coûts de production dans les teintureries et les ateliers d'impression textile », rappelle Ricardo Silva, président de l'Association textile et habillement du Portugal (ATP). Si le gaz naturel poursuit sa hausse, la facture énergétique pourrait s'alourdir sensiblement pour les entreprises du secteur.

Les industriels redoutent notamment un scénario lié au détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % de l'offre mondiale de pétrole. Certains analystes évoquent une relation dite « un pour quatre » entre une contraction de l'offre et l'évolution du prix du baril. Dans cette hypothèse, le Brent pourrait passer d'environ 80 dollars actuellement à près de 130 dollars.

Une hausse des coûts qui pourrait se diffuser dans toute la chaîne industrielle

Une hausse des coûts qui pourrait se diffuser dans toute la chaîne industrielle

La filière de l'aluminium partage ces préoccupations. « La hausse des prix est inévitable et elle touche la base énergétique de toute la chaîne de production », observe José Dias, président de l'Association portugaise de l'aluminium (APAL). Dans ce secteur, l'énergie peut représenter jusqu'à 90 % du coût de production des alliages.

Certes, plusieurs industriels portugais ont investi ces dernières années dans les énergies renouvelables. Certaines usines couvrent déjà jusqu'à 40 % de leurs besoins énergétiques grâce à des sources alternatives. Mais cela ne suffira pas à neutraliser les effets d'un choc global sur les marchés de l'énergie et du transport.

Car le conflit pourrait également provoquer des perturbations logistiques. Le détroit d’Ormuz constitue un passage stratégique pour les flux pétroliers et une zone majeure du commerce maritime international. Toute restriction du trafic pourrait provoquer un déséquilibre entre l’offre et la demande, avec des répercussions sur les prix et sur la disponibilité des matières premières.

La céramique et la métallurgie également exposées

La céramique et la métallurgie également exposées

Dans l'industrie de la céramique et du verre, l'inquiétude est tout aussi palpable. Ces activités, fortement dépendantes du gaz naturel pour leurs procédés industriels, pourraient être particulièrement sensibles à une nouvelle flambée énergétique. Selon l'Association portugaise des industries de la céramique et de la cristallerie (APICER), l'énergie représente en moyenne entre 25 % et 35 % des coûts de production.

Cette période est d'autant plus délicate que l'Europe se trouve actuellement dans la phase de reconstitution de ses stocks énergétiques estivaux. Entre avril et septembre, les réserves de gaz doivent être reconstituées en prévision de l'hiver. Toute perturbation du marché mondial pendant cette fenêtre pourrait accentuer la tension sur les prix.

La filière métallurgique, très dépendante de l'électricité, n'est pas non plus à l'abri. Rafael Campos Pereira, vice-président de l'association sectorielle AIMMAP, évoque une situation suivie « avec inquiétude ». Le blocage potentiel du détroit d'Ormuz pourrait ralentir l'approvisionnement en matières premières industrielles, comme l'acier ou l'aluminium, et provoquer des retards logistiques.

Un risque accru de perturbation du commerce mondial

Un risque accru de perturbation du commerce mondial

Les grandes compagnies maritimes ont déjà réagi à l'escalade des tensions. MSC et Maersk, deux des plus grands opérateurs mondiaux du transport maritime, ont suspendu leurs opérations dans le détroit d'Ormuz. Une décision qui illustre la fragilité des flux commerciaux internationaux dans ce contexte géopolitique.

Pour l'industrie portugaise, dont une large part de l'activité dépend du commerce extérieur, ces perturbations pourraient rapidement se traduire par des délais d'approvisionnement plus longs et des coûts de transport plus élevés.

« Si le conflit se prolonge, les effets pourraient être particulièrement lourds pour l'économie mondiale », avertit Luís Miguel Ribeiro. Outre les tensions sur l'énergie et les chaînes d'approvisionnement, une nouvelle poussée inflationniste pourrait contraindre les banques centrales, notamment la Banque centrale européenne, à maintenir des conditions monétaires restrictives plus longtemps que prévu.

Quelle réponse pour les entreprises et les pouvoirs publics ?

Quelle réponse pour les entreprises et les pouvoirs publics ?

Face à cette incertitude, les marges de manœuvre nationales restent limitées. Les prix du pétrole et du gaz se déterminent sur les marchés internationaux et échappent largement à l’influence des économies de taille moyenne comme le Portugal.

L’AEP plaide toutefois pour le maintien, voire la prolongation, du mécanisme de réduction de la taxe sur les produits pétroliers (ISP), qui avait été introduit pour amortir les précédentes hausses de carburant. Dans le contexte actuel, cette mesure pourrait contribuer à atténuer la pression sur les entreprises.

À plus long terme, plusieurs acteurs industriels appellent à renforcer la stratégie énergétique européenne. « Plus l'Europe sera autosuffisante et développera la recyclabilité des matières premières, moins elle sera exposée à ces chocs extérieurs », estime José Dias.

Dans l’immédiat, certaines entreprises réfléchissent déjà à sécuriser leur approvisionnement énergétique en privilégiant les contrats à prix fixe. Une stratégie qui pourrait limiter l’impact des fluctuations des marchés. Mais pour beaucoup d’industriels, la véritable réponse dépendra avant tout de l’évolution du conflit et de ses répercussions sur les marchés mondiaux.

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