Carnaval de Lazarim : immersion dans l’Entrudo le plus authentique du Portugal
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Short summary: Niché dans les collines granitiques du nord du Portugal, à une douzaine de kilomètres de Lamego, le village de Lazarim
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- Niché dans les collines granitiques du nord du Portugal, à une douzaine de kilomètres de Lamego, le village de Lazarim se transforme chaque année en théâtre d’un rituel païen hérité d’un autre temps.
- Ici, le carnaval ne rime ni avec samba, ni avec paillettes ; il surgit des profondeurs du bois d’aulne, des cendres de l’hiver et des murmures de générations.
- L’Entrudo de Lazarim est plus qu’une fête : c’est une énigme culturelle vivante, transmise à travers les siècles, protégée par ses habitants et redécouverte, année après année, par des visiteurs venus chercher une expérience brute, ancestrale, authentique.
- Durant plusieurs semaines, des figures masquées et cornues hantent les ruelles pavées, renversant les hiérarchies et réveillant la mémoire collective d’un village resté fidèle à ses dieux anciens.
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Niché dans les collines granitiques du nord du Portugal, à une douzaine de kilomètres de Lamego, le village de Lazarim se transforme chaque année en théâtre d'un rituel païen hérité d'un autre temps. Ici, le carnaval ne rime ni avec samba, ni avec paillettes ; il surgit des profondeurs du bois d'aulne, des cendres de l'hiver et des murmures de générations. L'Entrudo de Lazarim est plus qu'une fête : c'est une énigme culturelle vivante, transmise à travers les siècles, protégée par ses habitants et redécouverte, année après année, par des visiteurs venus chercher une expérience brute, ancestrale, authentique.
Durant plusieurs semaines, des figures masquées et cornues hantent les ruelles pavées, renversant les hiérarchies et réveillant la mémoire collective d’un village resté fidèle à ses dieux anciens. Ce carnaval rural, longtemps réprimé sous le régime autoritaire de l'Estado Novo, a survécu grâce à la force d’une communauté et au génie silencieux de ses artisans. Il ne s’agit pas d’un simple folklore, mais d’un langage symbolique complexe, où l’humour, la critique sociale et le sacré se mêlent au feu, au bois, au bruit et à la boue.
Un carnaval païen au cœur du Trás-os-Montes disparu
Un carnaval païen au cœur du Trás-os-Montes disparu
La topographie de Lazarim est escarpée, boisée, modelée par le vent et les torrents qui descendent du Douro. C'est ici, dans une enclave qui fut autrefois rattachée à la province traditionnelle de Trás-os-Montes, que les racines de l'Entrudo s'enfoncent dans l'histoire. Ce carnaval ne suit pas le calendrier liturgique dans une logique d'ornement ou de distraction : il obéit à un rythme plus ancien, celui des cycles agraires, des purifications saisonnières, des joutes sociales.
Il obéit à un rythme plus ancien, celui des cycles agraires, des purifications saisonnières, des joutes sociales.
Le cycle commence 5 dimanches avant le Mardi gras. D'abord viennent les dimanches des amis et des amies, moments d'anticipation et de rencontres. Puis surgissent les dimanches des compadres et des comadres, figures sociales incarnées, respectivement, par les garçons et les filles célibataires du village. Chacun des deux groupes prépare en secret ses textes satiriques, ses mannequins de paille et ses masques rituels. Dans les ateliers comme dans les chaumières, l'Entrudo s'élabore dans le silence et l'excitation. Une tension monte.
À mesure que le carnaval approche, les repas communautaires s'intensifient. On y sert du porc en abondance, ultime festin charnel avant la rigueur du Carême. Les mascarades, elles, prennent vie : silhouettes cornues, figures grotesques, petits démons glapissants ou silencieux, vêtus de noir ou de peaux, traversent le village à la tombée du jour. Chaque apparition nargue l'ordre établi, questionne les normes sociales et redonne à la parole son pouvoir subversif.
Le jour fatidique, le mardi du carnaval, tout culmine : la lecture publique des "testaments" permet de régler, sous couvert d'humour, les comptes de l'année. Les mannequins de paille : le Compadre et la Comadre, sont ensuite brûlés sur la place centrale. Ce feu, symbole de régénération, consume les tensions et marque la transition vers le printemps.
Les masques de Lazarim, entre artisanat et mystique sociale
Les masques de Lazarim, entre artisanat et mystique sociale
Une sculpture née du bois et de la mémoire
Une sculpture née du bois et de la mémoire
Au cœur de l'Entrudo, il y a le masque. Sculpté dans le bois clair de l'aulne (amieiro), récolté sur les rives du Varosa, ce masque n'est jamais générique : il est unique, taillé avec patience, imprégné d'intention. Chaque pièce demande jusqu'à 30 heures de travail et peut atteindre plusieurs centaines d'euros. Mais au-delà de leur prix, ces masques incarnent l'âme de Lazarim, ou plutôt ses ombres, ses peurs, ses critiques muettes.
En les portant, les habitants renoncent à leur identité sociale : plus d'instituteur, plus de maire, plus de voisin
Les caretos (masques masculins) et les senhorinhas (masques féminins) prennent souvent des formes grotesques ou animales : oreilles pointues, cornes recourbées, serpents, becs crochus, barbiches infernales. Ils ne sont pas conçus pour séduire ou amuser, mais pour troubler, inquiéter, faire parler. En les portant, les habitants renoncent à leur identité sociale : plus d'instituteur, plus de maire, plus de voisin. Seul demeure l'esprit carnavalesque, porteur d'une liberté sauvage et temporaire.
La fabrication de ces masques repose sur une chaîne de transmission intergénérationnelle. De père en fils, et désormais de mère en fille, les savoirs techniques se transmettent : affûtage des outils, lecture du bois, invention des formes. Certains artisans signent leurs œuvres ; d'autres préfèrent rester anonymes, fidèles à l'esprit collectif de la tradition. Tous, cependant, façonnent une mémoire vivante à même la matière.
Subversion rituelle et renversement des rôles
Subversion rituelle et renversement des rôles
La fonction du masque dans l'Entrudo dépasse largement l'ornement. Il est un instrument de satire, une arme de dérision. En dissimulant le visage, il libère la parole et autorise l'excès. L'Entrudo devient alors un théâtre sans règle fixe, un espace d'expression brutale, où les rancunes de l'année se déversent dans des quadras moqueuses, des chansons ironiques, des gestes osés. Mais cette anarchie est cadrée, balisée par le rituel : après le mardi, tout doit revenir à la normale.
Les genres y sont aussi mis en scène. Historiquement, seuls les hommes portaient les masques ; aujourd'hui, les femmes s'emparent à leur tour de cette liberté carnavalesque. Les frontières tombent. Étrangers, enfants, touristes : tout le monde peut se joindre au cortège, pourvu qu'il porte un masque et respecte le jeu. Cette ouverture récente ne dilue pas l'authenticité ; elle la renouvelle, lui donne un souffle contemporain sans l'extraire de ses racines profondes.
Que voir et faire autour du carnaval de Lazarim
Que voir et faire autour du carnaval de Lazarim
Le séjour à Lazarim ne se résume pas à la fête. Toute la vallée du Varosa, entre bois, montagnes et hameaux de pierre, invite à la contemplation et à l'exploration. Plusieurs sentiers de randonnée permettent d'élargir l'expérience : le PR4 mène jusqu'à l'Anta de Mazes, dolmen préhistorique blotti dans la végétation ; le PR6 relie les ateliers de masques à l'ancienne Aldeia de Antas de Mazes, village abandonné enveloppé d'une aura étrange et poétique.
Le Centre d'Interprétation du Masque Ibérique 1, installé dans le solar des Viscondes de Lazarim, expose des pièces historiques venues du Portugal et d'Espagne. C'est l'endroit idéal pour comprendre les correspondances entre les mascarades de la péninsule ibérique, entre paganisme, satire et mystère. L'entrée y est libre.
Villages et traditions en toile de fond
Villages et traditions en toile de fond
Autour de Lazarim, plusieurs petites localités perpétuent elles aussi des modes de vie ancestraux. La hameau de Mazes, avec ses maisons de granit et ses toits de chaume, semble figé dans le temps. Plus loin, Parafita offre une autre immersion dans le monde rural transmontain, où les champs sont encore cultivés à la main et les troupeaux gardés à la voix. Ces villages, accessibles à pied, prolongent l'expérience de Lazarim dans un silence habité, fait de gestes anciens et de paroles rares.
La ville de Lamego, distante d'une douzaine de kilomètres, mérite aussi une visite prolongée. Son sanctuaire baroque de Nossa Senhora dos Remédios, perché sur une colline et accessible par un escalier monumental, domine la vallée. Son château médiéval, sa cathédrale gothique et son musée d'art sacré complètent un patrimoine riche, trop souvent éclipsé par les grandes villes voisines. Une halte à Lamego, avant ou après l'Entrudo, permet de mieux ancrer l'expérience dans l'histoire longue de la région.
Un rituel menacé devenu symbole de résistance
Un rituel menacé devenu symbole de résistance
Durant le XXe siècle, le carnaval de Lazarim a été menacé de disparition. Jugé trop païen, trop irrévérencieux, il fut plusieurs fois interdit par les autorités de l'Estado Novo. Mais les habitants ont résisté, parfois en cachette, parfois en silence. Cette résistance a renforcé le lien communautaire autour de la fête. Aujourd'hui, l'Entrudo renaît chaque année plus fort, soutenu par des associations locales, des écoles et une génération de jeunes sculpteurs.
Ce retour en force ne doit rien au marketing : c’est une affirmation identitaire, une manière de dire que la ruralité n’est ni muette ni figée. À Lazarim, le bois parle, le feu rit, les masques crient. Le passé n’est pas un musée : il déambule encore dans les rues, chaque février, entre les volutes de fumée et les éclats de rire. L’Entrudo n’est pas un produit touristique. Il est un pacte fragile entre mémoire, invention, satire et croyance.
Informations pratiques
Informations pratiques
| Événement | Entrudo de Lazarim 2 |
|---|---|
| Dates 2026 | Du 14 au 17 février (Mardi gras le 17) |
| Activités principales | Défilés de caretos, lectures satiriques, rituels païens, brûlage de mannequins, gastronomie locale |
| Comment y aller | En voiture depuis Porto (1h30) ou Lisbonne (3h30-4h) ; transport public possible via Lamego |
Et si vous osiez le carnaval sans filtre ?
Et si vous osiez le carnaval sans filtre ?
L'Entrudo de Lazarim n'est pas un spectacle : c'est une expérience. Ici, nul besoin de décor artificiel ni de scène centrale. Le village entier devient une scène, chaque habitant un acteur, chaque visiteur un témoin initié. À ceux qui cherchent à comprendre l'âme du Portugal profond, à toucher du doigt les pulsations anciennes d'un pays de fêtes et de silences, Lazarim ouvre ses bras masqués. Et ses secrets de bois, de feu et de vérité.
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