Au Portugal, les femmes continuent d’être moins payées que les hommes
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Short summary: Les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes continuent de reculer au Portugal, mais la progression reste lente.
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- Les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes continuent de reculer au Portugal, mais la progression reste lente.
- Les derniers chiffres officiels montrent qu’en 2024, une salariée à temps plein gagnait en moyenne 244 euros bruts de moins par mois qu’un homme occupant un emploi comparable.
- Un écart qui représente 14,5 % des revenus, malgré plusieurs années de mesures destinées à favoriser l’égalité salariale.
- Cette réalité continue d’alimenter les inquiétudes des syndicats et des organismes chargés de veiller au respect de l’égalité professionnelle.
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Les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes continuent de reculer au Portugal, mais la progression reste lente. Les derniers chiffres officiels montrent qu'en 2024, une salariée à temps plein gagnait en moyenne 244 euros bruts de moins par mois qu'un homme occupant un emploi comparable. Un écart qui représente 14,5 % des revenus, malgré plusieurs années de mesures destinées à favoriser l'égalité salariale. Cette réalité continue d'alimenter les inquiétudes des syndicats et des organismes chargés de veiller au respect de l'égalité professionnelle.
D'après le dernier baromètre de la Direction générale de la coordination et de la planification, le salaire mensuel brut moyen des femmes s'établissait à 1439,90 euros en 2024, contre 1683,80 euros pour les hommes. Rapporté aux niveaux de rémunération pratiqués au Portugal, cet écart représente une perte de revenus importante sur une année, mais également sur l'ensemble d'une carrière.
Des progrès réels, mais encore trop limités
Des progrès réels, mais encore trop limités
La situation s'est améliorée depuis les premières mesures de suivi mises en place par les autorités portugaises. En 2017, l'écart salarial atteignait encore 18,2 %. Sept ans plus tard, il est redescendu à 14,5 %, signe que les politiques publiques produisent des effets. Toutefois, le rythme de cette réduction reste jugé insuffisant par de nombreux spécialistes.
Pour les représentants des organisations syndicales, ces différences ne s'expliquent pas uniquement par les métiers exercés. Elles traduisent également des inégalités plus profondes dans les parcours professionnels, les perspectives d'évolution et la répartition des responsabilités familiales.
La maternité continue de peser sur les carrières
La maternité continue de peser sur les carrières
Selon Cristina Trony, présidente de la Commission des femmes de l'Union générale des travailleurs (UGT), les femmes restent davantage confrontées aux interruptions de carrière liées à la maternité ou à la prise en charge des proches. Ces situations peuvent ralentir leur progression professionnelle et limiter leur accès aux postes les mieux rémunérés.
Les postes de direction demeurent par ailleurs majoritairement occupés par des hommes, notamment au sein des conseils d'administration des entreprises. Cette sous-représentation contribue mécaniquement à maintenir un écart de rémunération global.
Les primes accentuent encore les différences
Les primes accentuent encore les différences
Lorsque seule la rémunération de base est prise en compte, l'écart salarial descend à 11,9 %. En revanche, il augmente dès que sont intégrés les compléments de rémunération, les primes ou certains avantages accordés par les entreprises.
Selon les syndicats, une partie des inégalités est désormais moins visible car elle se concentre dans ces éléments variables de la rémunération. Les indemnités de disponibilité, certaines primes ou d'autres avantages financiers bénéficieraient plus fréquemment aux hommes.
La loi prévoit déjà des sanctions
La loi prévoit déjà des sanctions
Le Portugal dispose pourtant d'un cadre juridique destiné à lutter contre les discriminations salariales. Les entreprises peuvent être amenées à justifier leurs différences de rémunération lorsqu'elles sont constatées par les autorités compétentes.
La Commission pour l'égalité dans le travail et dans l'emploi (CITE) rappelle que les employeurs doivent être en mesure d'évaluer les fonctions selon des critères objectifs et transparents. En cas d'écarts injustifiés, ils peuvent être contraints de mettre en place un plan correctif.
Le refus d'appliquer ces obligations peut entraîner des sanctions administratives importantes, voire empêcher temporairement une entreprise de participer à certains marchés publics.
Certains secteurs restent particulièrement touchés
Certains secteurs restent particulièrement touchés
Les disparités ne sont pas identiques dans toutes les professions. Les activités artistiques enregistrent les écarts les plus importants, avec une différence dépassant 46 % en faveur des hommes.
Les secteurs de la santé et de l'action sociale présentent également un déséquilibre marqué, avec un écart proche de 28 %. L'éducation, les activités de conseil et plusieurs professions qualifiées figurent également parmi les domaines où les différences restent élevées.
Les organisations syndicales soulignent que certaines professions les mieux rémunérées demeurent encore largement masculines, ce qui contribue à maintenir les écarts observés au niveau national.
Des différences importantes selon les régions
Des différences importantes selon les régions
Les écarts de rémunération varient aussi d'un territoire à l'autre. Les districts d'Aveiro et de Coimbra affichent les différences les plus marquées, avec un écart de 18,5 %. Leiria, Setúbal et Lisbonne présentent également des niveaux supérieurs à la moyenne nationale.
À l'inverse, Vila Real, Bragança ou encore Faro enregistrent des écarts sensiblement plus faibles. Les statistiques sont toutefois corrigées en fonction de plusieurs critères, notamment le secteur d'activité, l'ancienneté et le niveau de qualification.
Des conséquences qui dépassent le salaire mensuel
Des conséquences qui dépassent le salaire mensuel
Les spécialistes rappellent que ces différences de rémunération ne concernent pas uniquement les revenus perçus chaque mois. Elles influencent également les cotisations versées à la Sécurité sociale tout au long de la carrière.
À long terme, ces écarts peuvent donc se traduire par des pensions de retraite plus faibles pour les femmes. Ce phénomène est d'autant plus préoccupant que leur espérance de vie est généralement plus élevée, augmentant leur exposition au risque de précarité après la vie active.
Le Portugal doit également poursuivre la mise en œuvre des nouvelles règles européennes en matière de transparence salariale. Si plusieurs outils d'évaluation ont déjà été développés, la transposition complète de la directive européenne n'est pas encore achevée, laissant espérer de nouveaux leviers pour réduire un écart qui, malgré les progrès réalisés, demeure une réalité du marché du travail portugais.
Lire aussi : Portugal : l’écart salarial énorme entre femmes et hommes persiste (novembre 2025)
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