80% des rapaces du Portugal empoisonnés par les raticides

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80% des rapaces du Portugal empoisonnés par les raticides
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Silencieux, majestueux, souvent invisibles aux regards, les oiseaux de proie qui survolent les campagnes portugaises jouent un rôle clé dans l’équilibre des écosystèmes. Mais derrière leurs ailes déployées, une menace insidieuse les ronge. Une étude inédite vient de révéler un constat alarmant : plus de 80 % des rapaces analysés au Portugal sont contaminés par des raticides anticoagulants, ces poisons destinés aux rongeurs. La faune sauvage est en danger, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme.

Une contamination massive, du continent à Madère

Une contamination massive, du continent à Madère

Menée entre 2017 et 2024 par la Faculté des sciences de l’Université de Lisbonne, en partenariat avec l’Université de Grande Canarie, cette étude 1 constitue une première à l’échelle nationale. Elle s’est appuyée sur l’analyse du foie de 210 oiseaux de 15 espèces, recueillis dans des centres de réhabilitation de la faune, aussi bien sur le continent que dans la région autonome de Madère. Le résultat est sans appel : 83 % des spécimens présentaient des traces d’au moins un raticide anticoagulant.

83 % des spécimens présentaient des traces d’au moins un raticide anticoagulant

À Madère, les chiffres sont encore plus inquiétants. Près de 90 % des oiseaux analysés étaient contaminés, avec des concentrations supérieures à celles observées sur le continent. Dans près de 60 % des cas, deux composés toxiques ou plus ont été détectés, faisant craindre des effets cumulatifs particulièrement délétères.

Des poisons conçus pour tuer, qui frappent les espèces protégées

Des poisons conçus pour tuer, qui frappent les espèces protégées

Les raticides anticoagulants agissent de manière redoutable. Conçus pour empêcher la coagulation du sang, ils provoquent des hémorragies internes mortelles. Mais leur impact ne s’arrête pas aux rongeurs ciblés. Persistants, ils s’accumulent dans les tissus des proies contaminées et se transmettent aux prédateurs — un phénomène connu sous le nom d’empoisonnement secondaire.

Chez les rapaces, les conséquences sont graves : faiblesse extrême, hémorragies, troubles de la coordination, et dans de nombreux cas, la mort. Même à faibles doses, ces poisons altèrent la capacité de chasse et la reproduction des oiseaux. L'étude confirme que les oiseaux plus âgés présentent des niveaux de contamination plus élevés, preuve d'un effet de bioaccumulation sur le long terme.

Le grand-duc, la chouette et le faucon en ligne de mire

Le grand-duc, la chouette et le faucon en ligne de mire

Parmi les espèces les plus touchées figurent des emblèmes de la faune portugaise : le grand-duc d'Europe (Bubo bubo), le faucon crécerelle (Falco tinnunculus) ou encore la chouette hulotte (Strix aluco). Pour chacune d'elles, les taux de contamination dépassent les 90 %, un seuil critique qui pourrait compromettre la survie de certaines populations locales.

Les chercheurs considèrent désormais certaines espèces comme des sentinelles écologiques, dont la contamination reflète l’état général des écosystèmes. C’est le cas, notamment, de la chouette effraie et du faucon crécerelle, présents sur l’ensemble du territoire portugais.

Un usage massif et mal encadré des raticides

Un usage massif et mal encadré des raticides

Ce n’est pas la présence isolée de raticides qui inquiète les scientifiques, mais l’ampleur de leur usage, notamment en milieu rural. L’étude montre que ces substances sont devenues des outils de routine dans le contrôle des nuisibles agricoles, souvent sans précaution suffisante, ni suivi environnemental.

Les produits les plus détectés : brodifacoum, bromadiolone, sont particulièrement puissants et persistants. Leurs effets peuvent durer plusieurs mois dans les tissus animaux, prolongeant d'autant le risque pour la chaîne alimentaire.

L'étude souligne que l'impact n'est plus ponctuel, mais systémique. À force de s'accumuler chez les prédateurs, ces substances fragilisent les populations d'oiseaux sur plusieurs générations. Et avec elles, c'est l'ensemble de la chaîne trophique qui s'en trouve déséquilibrée. Les rapaces jouent un rôle régulateur naturel dans la biodiversité. Leur déclin pourrait entraîner des déséquilibres majeurs dans certains territoires déjà fragiles.

« Ces résultats montrent que les raticides utilisés dans le contrôle des populations de rongeurs pénètrent dans les chaînes alimentaires de la faune sauvage, ce qui met ces espèces en danger et nécessite des mesures de réduction des impacts », explique Sofia Gabriel, coordinatrice de l'étude et chercheuse au CE3C (Centre d'écologie, d'évolution et de changements environnementaux) 2.

Des mesures urgentes pour éviter l'irréparable

Des mesures urgentes pour éviter l'irréparable

Les auteurs de l’étude appellent les autorités portugaises à une réponse rapide et coordonnée :

  • Mettre en place un système de surveillance national sur la contamination par les raticides
  • Limiter l’usage non contrôlé de ces substances en milieu rural
  • Favoriser des alternatives écologiques dans la lutte contre les rongeurs
  • Sensibiliser les agriculteurs, collectivités et particuliers

si rien n'est fait, le ciel du Portugal pourrait peu à peu se vider de ses grands rapaces

La prise de conscience est urgente. Car si rien n'est fait, le ciel du Portugal pourrait peu à peu se vider de ses grands rapaces, ces sentinelles ailées dont la présence en dit long sur la santé des écosystèmes.

Une biodiversité à préserver

Une biodiversité à préserver

Le Portugal abrite une grande diversité d'espèces de rapaces nocturnes et diurnes. Leur préservation est non seulement une exigence écologique, mais aussi un atout pour le tourisme, l'agriculture durable et l'identité des territoires. L'étude nous rappelle que derrière chaque poison discret se cache parfois un désastre invisible. Protéger les rapaces, c'est protéger tout un équilibre fragile entre l'homme, la terre et le vivant.

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