Les rachats d’entreprises chutent de près de 60 % au Portugal

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Les rachats d’entreprises chutent de près de 60 % au Portugal
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Après une année 2025 particulièrement dynamique, le marché portugais des fusions et acquisitions marque nettement le pas. La valeur des opérations réalisées au Portugal depuis le début de l'année 2026 a reculé de près de 60 % pour atteindre 5,4 milliards d'euros à fin août, selon les données de TTR Data.

Le ralentissement ne concerne pas seulement les montants investis. Le nombre de transactions diminue lui aussi de près de 30 %, avec environ 330 opérations recensées. Derrière cette baisse se dessine un environnement devenu moins favorable aux grandes acquisitions : financement plus coûteux, taux obligataires en hausse et désaccords persistants entre acheteurs et vendeurs sur la valeur des entreprises.

Un marché portugais des acquisitions nettement moins actif

Un marché portugais des acquisitions nettement moins actif

Le retournement intervient après plusieurs années marquées par d'importantes opérations. En 2025, les transactions avaient représenté environ 18,5 milliards d'euros, soit une progression de 36 % par rapport à 2024. Ce montant correspond toutefois à l'ensemble de l'année et ne peut donc pas être directement comparé aux huit premiers mois de 2026.

La tendance observée cette année reste néanmoins claire : moins d'entreprises changent de mains et les montants engagés sont sensiblement inférieurs.

Parmi les investisseurs étrangers, les Espagnols occupent actuellement la première place avec environ 380 millions d'euros investis dans 25 transactions. Ils devancent les acheteurs britanniques, avec 220 millions d'euros, et luxembourgeois, avec 208 millions.

L'activité des investisseurs américains se distingue, à l'inverse, par son recul : le nombre d'acquisitions d'entreprises portugaises réalisées par des groupes des États-Unis a diminué de plus de moitié. L'année n'étant pas terminée, ce bilan reste naturellement provisoire.

Les entreprises portugaises investissent massivement en Espagne

Les entreprises portugaises investissent massivement en Espagne

Le mouvement inverse réserve une surprise. Alors que les acquisitions ralentissent au Portugal, les entreprises portugaises continuent d'investir à l'étranger, avec une nette préférence pour le pays voisin.

Depuis le début de l'année, elles ont consacré plus de 1,1 milliard d'euros à 34 opérations en Espagne. Le Brésil arrive en deuxième position avec 705 millions d'euros, devant l'Allemagne avec 275 millions.

L'Espagne intervient également dans l'une des plus importantes opérations réalisées au Portugal en 2026. Le groupe espagnol Molins a conclu l'acquisition de Secil auprès de Semapa pour 1,4 milliard d'euros.

Pourquoi les grandes acquisitions deviennent-elles plus difficiles ?

Pourquoi les grandes acquisitions deviennent-elles plus difficiles ?

Le ralentissement ne s'explique pas uniquement par un manque d'entreprises à vendre ou d'investisseurs intéressés. Le principal changement concerne le prix de l'argent.

Une acquisition de plusieurs centaines de millions d'euros repose rarement uniquement sur les fonds disponibles de l'acheteur. Une partie de l'opération est généralement financée par la dette. Lorsque les taux augmentent, emprunter pour acheter une entreprise devient plus coûteux et certaines opérations qui paraissaient rentables quelques mois auparavant deviennent beaucoup moins intéressantes.

Le contexte s'est justement dégradé. La remontée des taux d'intérêt et des rendements des obligations souveraines renchérit le coût du capital. Les tensions au Moyen-Orient ont parallèlement exercé une pression sur les prix de l'énergie et ravivé les inquiétudes concernant l'inflation.

Goldman Sachs avait déjà identifié au premier semestre la persistance de l'inflation et la volatilité des taux d'intérêt parmi les principaux risques pesant sur les opérations de fusion-acquisition. Une nouvelle poussée inflationniste susceptible d'entraîner des taux plus élevés pourrait encore augmenter le coût du financement et freiner certaines acquisitions.

Acheteurs et vendeurs ont également du mal à s'entendre sur les prix

Acheteurs et vendeurs ont également du mal à s'entendre sur les prix

Le financement n'est toutefois qu'une partie du problème. Un autre obstacle apparaît actuellement au Portugal : les attentes des vendeurs ne correspondent pas toujours à celles des acheteurs.

Certains propriétaires valorisent leur entreprise à partir de plans de croissance ambitieux et souhaitent obtenir un prix reflétant ces perspectives. Les acheteurs, confrontés à un environnement économique plus incertain et à un financement plus cher, peuvent au contraire appliquer davantage de prudence à leurs estimations.

Le résultat est mécanique : même lorsqu'un vendeur et un investisseur souhaitent réaliser une opération, l'écart entre leurs valorisations peut empêcher de parvenir à un accord.

Le Portugal reste pourtant attractif pour les investisseurs

Le Portugal reste pourtant attractif pour les investisseurs

Le recul observé en 2026 ne signifie donc pas nécessairement que le Portugal a cessé d'intéresser les capitaux internationaux. Une étude de Roland Berger indique au contraire que plus de trois professionnels du secteur sur quatre anticipent une progression du volume des fusions et acquisitions, tandis que le Portugal et l'Espagne continuent d'être considérés comme des marchés relativement attractifs pour les capitaux internationaux.

À l'échelle mondiale, le premier semestre avait d'ailleurs été dynamique, avec une hausse de 48 % du volume des fusions et acquisitions selon Goldman Sachs.

Le Portugal évolue donc à contre-courant pour le moment. L'appétit pour les entreprises portugaises n'a pas nécessairement disparu, mais acheter coûte désormais plus cher et parvenir à un accord devient plus difficile. Les derniers mois de 2026 permettront de déterminer si le recul actuel constitue une simple pause après l'excellente année 2025 ou le début d'un ralentissement plus durable.

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