Le Président António José Seguro avertit que « la démocratie n’est pas garantie »
Author: Portugal.fr — · Updated:
Short summary: « La démocratie peut se perdre. » Devant le Conseil de l’Europe à Strasbourg, le président portugais António José Seguro
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- « La démocratie peut se perdre.
- » Devant le Conseil de l’Europe à Strasbourg, le président portugais António José Seguro a lancé un avertissement aux Européens, et particulièrement aux jeunes générations.
- Cinquante ans après l’adhésion du Portugal à l’organisation, le chef de l’État estime que des droits longtemps considérés comme acquis peuvent aujourd’hui être remis en cause.
- Le choix du lieu et de la date donne une portée particulière à son discours.
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« La démocratie peut se perdre. » Devant le Conseil de l'Europe à Strasbourg, le président portugais António José Seguro a lancé un avertissement aux Européens, et particulièrement aux jeunes générations. Cinquante ans après l'adhésion du Portugal à l'organisation, le chef de l'État estime que des droits longtemps considérés comme acquis peuvent aujourd'hui être remis en cause.
Le choix du lieu et de la date donne une portée particulière à son discours. António José Seguro intervenait le 30 septembre devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, à l'occasion du 50e anniversaire de l'adhésion du Portugal. Le pays avait rejoint l'organisation et signé la Convention européenne des droits de l'homme le 22 septembre 1976, deux ans après la révolution des Œillets.
Pour le président portugais, cette histoire constitue précisément un rappel : aucune conquête démocratique ne doit être considérée comme irréversible. Il a évoqué la progression des mouvements extrémistes, la défiance envers les institutions, les discours de haine, la xénophobie, mais aussi la désinformation et les tentatives de manipulation rendues possibles par les nouvelles technologies.
« La démocratie peut se perdre »
« La démocratie peut se perdre »
António José Seguro a directement invoqué l'expérience portugaise. Pendant près d'un demi-siècle, le pays a vécu sous un régime autoritaire avant de retrouver la démocratie en 1974. Selon le chef de l'État, les Portugais connaissent ainsi « le prix de la dictature, de l'isolement et du silence » et ce que signifie vivre sans libertés ni droits politiques.
Pendant près d'un demi-siècle, le pays a vécu sous un régime autoritaire avant de retrouver la démocratie en 1974.
C'est dans ce contexte qu'il a adressé un message particulier aux nouvelles générations : « La démocratie n'est pas garantie ». Le président a rappelé que l'histoire montre que des droits paraissant définitivement acquis peuvent être retirés et que des situations autrefois jugées impossibles peuvent devenir réalité.
Seguro ne s'est toutefois pas limité à la défense des institutions. À ses yeux, la solidité d'une démocratie dépend également de sa capacité à répondre aux difficultés concrètes de la population. Il a cité la pauvreté, l'exclusion, l'insécurité économique, le logement, l'emploi ou encore l'égalité des chances parmi les questions susceptibles d'affecter la confiance des citoyens dans les institutions.
« Il n'y aura pas de démocratie véritablement forte s'il existe des citoyens qui sentent qu'ils n'y ont pas leur place »
« Il n'y aura pas de démocratie véritablement forte s'il existe des citoyens qui sentent qu'ils n'y ont pas leur place », a-t-il notamment défendu. Il a également appelé à offrir aux jeunes Européens des perspectives en matière de logement, d'emploi, d'environnement et de réalisation personnelle.
Un avertissement face aux mouvements extrémistes et aux discriminations
Un avertissement face aux mouvements extrémistes et aux discriminations
Sans désigner de parti, de mouvement ou de pays en particulier, le président portugais a également évoqué « la résurgence de courants extrémistes qui promeuvent la haine », une évolution qui exige selon lui « vigilance et détermination ».
António José Seguro a notamment insisté sur les discriminations liées à l'identité ou à l'orientation sexuelle. Il s'est également déclaré préoccupé par la réapparition de discours et d'initiatives visant, selon lui, à limiter certains droits obtenus par les femmes au cours des dernières décennies. Le président a lié la pleine démocratie à l'égalité des droits, tout en évoquant la violence domestique, les violences faites aux femmes et les inégalités salariales.
Le chef de l'État a plus largement présenté la défense de la démocratie comme une responsabilité quotidienne. Institutions crédibles, justice indépendante, lutte contre la corruption, liberté de la presse, pluralisme et participation civique figurent parmi les conditions qu'il a énumérées pour maintenir la confiance des citoyens.
Seguro appelle l'Europe à retrouver une « voix propre »
Seguro appelle l'Europe à retrouver une « voix propre »
La seconde partie de son message était davantage tournée vers la place de l'Europe dans le monde. Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les conflits, les migrations, le changement climatique et la transformation technologique, António José Seguro a plaidé pour davantage de coopération internationale plutôt que pour le repli.
« Une Europe forte n'est pas une Europe qui se ferme », a-t-il affirmé, défendant une Europe qui sache ce qu'elle représente, dispose de sa propre voix et reste capable de dialoguer avec tous. Pour le président portugais, les grands défis contemporains dépassent les frontières nationales et nécessitent donc des réponses communes.
50 ans après l'entrée du Portugal au Conseil de l'Europe, António José Seguro a ainsi utilisé cet anniversaire moins pour célébrer le chemin parcouru que pour rappeler sa fragilité. La démocratie, a-t-il défendu à Strasbourg, ne constitue pas seulement un héritage reçu des générations précédentes : elle suppose un engagement permanent pour être préservée.
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