Février 2026 devient le mois le plus pluvieux depuis 47 ans

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Février 2026 devient le mois le plus pluvieux depuis 47 ans
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Le Portugal n'avait pas connu un tel déluge depuis près d'un demi-siècle. Selon l'Institut portugais de la mer et de l'atmosphère (IPMA), les 15 premiers jours de février 2026 ont déjà suffi à faire de ce mois le plus pluvieux des 47 dernières années. Une séquence météorologique exceptionnelle, qui s'inscrit dans une succession d'épisodes particulièrement arrosés depuis l'automne.

Au 15 février, le cumul national atteignait 223,5 millimètres, soit 304 % de la normale calculée sur la période de référence 1991-2020. Autrement dit, en 2 semaines, le pays a reçu l'équivalent de 3 mois de précipitations ordinaires. Une anomalie d'ampleur, qui touche la quasi-totalité du territoire.

Des cumuls trois à cinq fois supérieurs aux normales

Des cumuls trois à cinq fois supérieurs aux normales

Dans de nombreuses régions, les totaux enregistrés oscillent entre 300 % et 400 % des valeurs habituelles. Localement, les excédents dépassent même les 500 %, notamment à Mora, Lavradio et Alvalade do Sado, dans le sud du pays. Ces chiffres traduisent un épisode d'une intensité rare, marqué par des pluies répétées et des sols incapables d'absorber davantage d'eau.

Plus de la moitié des districts portugais ont d'ores et déjà atteint, voire dépassé, leur moyenne annuelle de précipitations. À Faro, dans l'Algarve, le cumul enregistré excède déjà la normale d'une année complète. Une situation qui illustre l'ampleur du phénomène et son caractère généralisé.

Une séquence pluvieuse amorcée à l’automne

Une séquence pluvieuse amorcée à l’automne

Cette anomalie de février ne constitue pas un épisode isolé. Depuis novembre, le Portugal continental traverse l'une des périodes les plus arrosées des dernières décennies. L'IPMA rappelle que novembre 2025 a été le troisième mois le plus pluvieux depuis 2000, suivi d'un mois de décembre classé au 7ème rang des plus humides sur la même période.

Janvier s'est également distingué : 2ème mois le plus pluvieux depuis 2000, il a été marqué par le passage successif de 5 dépressions baptisées Francis, Goreti, Ingrid, Joseph et Kristin. Dans plusieurs régions du Centre et du Sud, les cumuls mensuels ont atteint entre 250 % et 350 % des normales. À Monte Real, une rafale de 177,8 km/h a été mesurée, illustrant la violence des perturbations associées.

L'année 2025, déjà, s'était classée comme la 3ème plus humide depuis le début du siècle, avec un total annuel de 1 064,8 millimètres, soit 130 % de la normale. Paradoxalement, elle figurait aussi parmi les 5 années les plus chaudes depuis le début des relevés, avec 6 vagues de chaleur, dont une aux caractéristiques exceptionnelles. Cette coexistence d'excédents pluviométriques et de températures élevées témoigne d'une variabilité climatique accrue.

Des sols saturés et un risque hydrologique élevé

Des sols saturés et un risque hydrologique élevé

Sur le plan hydrologique, les indicateurs atteignent des niveaux remarquables. Depuis le début de l'année hydrologique, le 1er octobre, jusqu'au 15 février, le cumul des précipitations s'élève à 905,6 millimètres. Ce volume représente 1,8 fois la moyenne saisonnière et dépasse les niveaux observés lors de l'année hydrologique 2000-2001, longtemps considérée comme référence sur les 25 dernières années.

L'IPMA souligne désormais une situation généralisée de saturation des sols, avec des cas de sursaturation dans le Nord et le Centre. Cette configuration accroît le risque d'inondations, de débordements de cours d'eau et d'instabilité des versants. Les services de protection civile surveillent attentivement l'évolution des bassins versants et des retenues d'eau.

Si ces pluies abondantes contribuent à reconstituer les réserves hydriques après des épisodes de sécheresse récurrents, elles posent à court terme des défis en matière de gestion des risques. L’équilibre entre abondance et vulnérabilité reste précaire, dans un pays où les contrastes climatiques semblent désormais plus marqués d’une année à l’autre.

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