Covid-19 : le bilan positif de la vaccination au Portugal

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Alors que le virus SARS-CoV-2 circule désormais sous des formes moins virulentes, la stratégie vaccinale du Portugal fait l’objet d’un bilan globalement positif de la part des autorités sanitaires. Cinq ans après l’injection symbolique de la première dose à l’hôpital São João de Porto, plus de 32 millions de vaccins ont été administrés dans le pays, selon la Direction générale de la santé (DGS). Un chiffre qui reflète à la fois un effort logistique majeur et un consensus solide autour d’un outil de santé publique désormais ancré dans le système national de prévention.

Une réponse rapide, une adhésion massive

Une réponse rapide, une adhésion massive

La première phase de vaccination, initiée fin décembre 2020, intervenait dans un contexte d’urgence. 9 mois après la détection du premier cas sur le territoire, les autorités sanitaires portugaises avaient choisi de miser sur l’accessibilité et la transparence. L’infectiologue António Sarmento fut le premier à recevoir une dose de vaccin Pfizer-BioNTech, marquant ainsi le lancement symbolique de la campagne, en présence de la ministre de la Santé de l’époque, Marta Temido.

Ce moment charnière s’inscrivait dans une stratégie cohérente, saluée à la fois pour sa rigueur et sa lisibilité. « Généraliser la vaccination a été une décision opportune », souligne aujourd’hui Francisco George, ancien directeur général de la Santé et président de la Société portugaise de santé publique (SPSP), interrogé par l’agence de presse Lusa. Selon lui, le véritable défi désormais est d’« entretenir le rythme », notamment à travers les campagnes saisonnières.

Les autorités ont estimé que plus de 12.000 décès avaient été évités au cours des deux premières années de la campagne.

Grâce à cette dynamique, les autorités ont estimé que plus de 12.000 décès avaient été évités au cours des deux premières années de la campagne. Des données établies à partir d’études 1 de l'Instituto de Saúde Pública da Universidade do Porto (ISPUP) 2 et de l’OMS-Europe 3, relayées par l’agence du médicament Infarmed 4. À ces vies préservées s’ajoutent plus de 1,2 million d’infections évitées, ainsi que l’équivalent de 2 millions de journées d’hospitalisation.

Un vaccin désormais saisonnier

Un vaccin désormais saisonnier

Depuis l'automne 2022, la stratégie a évolué vers un modèle de vaccination saisonnière. À l'image du vaccin contre la grippe, celui contre la Covid-19 est régulièrement mis à jour pour répondre aux mutations du virus SARS-CoV-2. L'objectif est clair : éviter les formes graves, limiter les hospitalisations, et protéger en priorité les personnes les plus vulnérables.

Les publics ciblés

Les publics ciblés

Les recommandations actuelles de la DGS s’adressent principalement :

  • aux personnes âgées de plus de 60 ans ;
  • aux patients atteints de maladies chroniques ou d’immunodéficiences ;
  • aux professionnels de santé et aux aidants familiaux ;
  • et, plus largement, à toutes les personnes souhaitant se prémunir contre les formes graves de la maladie.

Le principe de précaution sanitaire guide ainsi une approche ciblée, proportionnée et fondée sur des critères médicaux. Francisco George insiste : « Il est essentiel de continuer à se faire vacciner chaque hiver ».

Des effets secondaires surveillés

Des effets secondaires surveillés

Concernant les effets secondaires, les autorités sanitaires portugaises s'alignent sur les standards européens. Infarmed, en coordination avec l'Agence européenne des médicaments (EMA) 5, publie régulièrement les signalements d'événements indésirables. À ce jour, aucune alerte majeure n'est venue remettre en cause la sécurité des vaccins administrés.

« Les effets les plus fréquemment rapportés sont bénins : douleur locale, fatigue passagère, maux de tête. Ils disparaissent en général sous 48 heures », précise Francisco George, qui ajoute que « les données disponibles ne justifient aucune inquiétude majeure ».

Une stratégie de santé publique à long terme

Une stratégie de santé publique à long terme

Si le virus a perdu de sa virulence initiale, il n'a pas disparu. Les mutations successives et la persistance de foyers épidémiques rappellent l'importance d'un dispositif préventif pérenne. À ce titre, la vaccination est aujourd'hui envisagée comme une infrastructure sanitaire au même titre que les dépistages ou les campagnes antigrippales.

L'État portugais continue de financer intégralement l'accès aux vaccins, dans une logique de solidarité sanitaire

L'État portugais continue de financer intégralement l'accès aux vaccins, dans une logique de solidarité sanitaire. Le maintien de taux de couverture élevés reste un objectif central, d'autant plus que la fatigue vaccinale et les controverses persistantes sur les réseaux sociaux constituent des freins à l'adhésion.

Dans ce contexte, les autorités misent sur la transparence, la pédagogie et la proximité avec les professionnels de santé. « Nous savons que les fausses informations circulent. C'est pourquoi il est fondamental d'expliquer, de rassurer, et d'écouter », conclut Francisco George.

Les racines de la défiance vaccinale, les "antivax"

Les racines de la défiance vaccinale, les "antivax"

La méfiance envers les vaccins n’est pas née avec la pandémie de Covid-19. Elle remonte à la toute première vaccination contre la variole, mise au point par Edward Jenner à la fin du XVIIIe siècle. Dès les premières campagnes de vaccination obligatoires au Royaume-Uni, dans les années 1850, des mouvements de contestation structurés apparaissent. Tracts alarmistes, revues dédiées à la dénonciation de la vaccination, manifestations publiques ; les arguments évoqués à l’époque : atteinte aux libertés, procédés "non naturels", ou encore corruption des élites médicales, résonnent étrangement avec ceux mis en avant aujourd’hui sur les réseaux sociaux.

Depuis 2021, les mouvements antivax se sont largement nourris de la crise sanitaire liée au Covid-19 pour diffuser, parfois massivement, des théories complotistes et des informations scientifiquement infondées. Si les vaccins ont permis de réduire significativement la mortalité et les formes graves, une partie de la population reste convaincue que les campagnes vaccinales relèvent d’un projet opaque, piloté par des intérêts privés ou politiques.

En 2019, l’OMS classait déjà l’« hésitation vaccinale » parmi les 10 principales menaces mondiales pesant sur la santé publique

Les spécialistes s’accordent à dire que la meilleure réponse à ces résistances reste l’information scientifique, documentée, et répétée dans le temps. En 2019, l’Organisation mondiale de la santé classait déjà l’« hésitation vaccinale » parmi les 10 principales menaces mondiales pesant sur la santé publique. Car si certaines populations sont objectivement moins exposées au virus grâce à l’immunité collective, celle-ci dépend d’une couverture vaccinale élevée et continue. Le recul actuel de certaines maladies comme la rougeole ou la poliomyélite pourrait être remis en cause si la défiance prenait le pas sur la prévention.

Vers un nouveau rapport à la vaccination

Vers un nouveau rapport à la vaccination

Cinq ans après l'apparition de la pandémie, le Portugal se distingue néanmoins par un taux d'adhésion vaccinale élevé 6, une organisation efficace et une communication plutôt apaisée. Le pari de la prévention collective a, dans une large mesure, porté ses fruits. Reste désormais à inscrire cette vigilance dans la durée, en s'appuyant sur la science, les institutions et le dialogue démocratique.

  1. https://healthnews.pt/2025/12/27/vacinacao-contra-a-covid-19-atingiu-mais-de-32-milhoes-de-doses-administradas-em-portugal/ ↩︎
  2. ISPUP : https://ispup.up.pt/ ↩︎
  3. OMS-Europe : https://www.who.int/europe/fr ↩︎
  4. INFARMED : https://www.infarmed.pt/ ↩︎
  5. EMA : https://european-union.europa.eu/ ↩︎
  6. Le Portugal est l’un des pays européens ayant l’un des taux de vaccination contre la Covid‑19 les plus élevés, avec environ 94 % de la population ayant reçu au moins une dose et près de 86 % ayant complété le schéma vaccinal initial (deux doses ou schéma requis) pendant les phases actives de la campagne. ↩︎

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