{"version":"1.1","schema_version":"1.1.0","plugin_version":"1.1.2","url":"https://www.portugal.fr/Non-fare-il-portoghese-pourquoi-les-Italiens-utilisent-ils-cette-etrange-expression.html","llm_html_url":"https://www.portugal.fr/Non-fare-il-portoghese-pourquoi-les-Italiens-utilisent-ils-cette-etrange-expression.html/llm","llm_json_url":"https://www.portugal.fr/Non-fare-il-portoghese-pourquoi-les-Italiens-utilisent-ils-cette-etrange-expression.html/llm.json","manifest_url":"https://www.portugal.fr/llm-endpoints-manifest.json","language":"fr-FR","locale":"fr_FR","title":"« Non fare il portoghese » : pourquoi les Italiens utilisent-ils cette étrange expression ?","site":{"name":"Portugal.fr","url":"https://www.portugal.fr/"},"author":{"id":1,"name":"Portugal.fr","url":"https://www.portugal.fr/author/admin_portugal"},"published_at":"2026-09-27T15:03:00+00:00","modified_at":"2026-09-25T13:48:35+00:00","word_count":1133,"reading_time_seconds":340,"summary":"« Non fare il portoghese ». 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Pour un francophone découvrant cette expression italienne, la formule a de quoi surprendre. D&rsquo;autant que sa signification traditionnelle n&rsquo;est pas particulièrement flatteuse : fare il portoghese désigne quelqu&rsquo;un qui parvient à entrer dans un spectacle ou à profiter d&rsquo;un service sans payer ce qu&rsquo;il devrait.\n\n\n\nL&rsquo;expression est suffisamment installée dans la langue italienne pour figurer dans le dictionnaire Treccani, qui donne au mot portoghese un second sens : celui d&rsquo;une personne qui, grâce à une faveur ou à une ruse, réussit à entrer gratuitement dans un théâtre, un cinéma, un stade ou un autre lieu payant.\n\n\n\nMais pourquoi les Portugais ? L&rsquo;histoire est beaucoup plus étonnante que le stéréotype laissé par l&rsquo;expression. Car dans l&rsquo;explication aujourd&rsquo;hui retenue par plusieurs dictionnaires italiens, les Portugais n&rsquo;auraient justement rien resquillé du tout.\n\n\n\n\n\nAu sommaire\nToggle\n« Faire le Portugais », ou entrer sans payerUne histoire souvent associée au Portugal de Manuel IerUne origine probablement liée à un spectacle gratuit à RomeQuand une expression finit par accuser les mauvaises personnes\n« Faire le Portugais », ou entrer sans payer\n\n\n\nEn italien contemporain, fare il portoghese peut donc être rapproché du français « resquiller ». L&rsquo;expression s&rsquo;applique traditionnellement à celui qui bénéficie gratuitement de quelque chose qui devrait normalement être payé.\n\n\n\nPrise au pied de la lettre, elle pourrait laisser croire à un ancien préjugé présentant les Portugais comme de mauvais payeurs. Son origine communément admise raconte pratiquement l&rsquo;inverse.\n\n\n\nPour la comprendre, il faut se rendre à Rome. Mais la date exacte de naissance de l&rsquo;expression est moins certaine qu&rsquo;il n&rsquo;y paraît. Une histoire très populaire la fait remonter à 1514 et à l&rsquo;extraordinaire ambassade envoyée par le roi Manuel Ier au pape Léon X. Les grands dictionnaires italiens Treccani et De Mauro privilégient toutefois une autre explication, située au XVIIIe siècle. \n\n\n\nLes deux récits ont néanmoins un point commun remarquable : des Portugais bénéficient légitimement d&rsquo;un privilège à Rome et d&rsquo;autres personnes commencent à se faire passer pour portugaises afin d&rsquo;en profiter.\n\n\n\nUne histoire souvent associée au Portugal de Manuel Ier\n\n\n\nLa version la plus spectaculaire nous ramène au début du XVIe siècle. Le Portugal est alors l&rsquo;une des grandes puissances maritimes européennes. Sous le règne de Manuel Ier, les navires portugais ont ouvert une route maritime vers l&rsquo;Inde et rapportent en Europe épices, objets précieux et animaux encore largement inconnus du public européen.\n\n\n\nEn 1514, le souverain portugais envoie à Rome une ambassade fastueuse destinée au pape Léon X. Parmi les présents se trouve Hanno, un éléphant venu d&rsquo;Asie qui va provoquer une véritable sensation dans la ville. L&rsquo;animal devient même l&rsquo;un des favoris du pape.\n\n\n\nCette ambassade est bien un épisode historique. En revanche, le lien direct avec l&rsquo;expression fare il portoghese est beaucoup moins assuré. Une tradition raconte que Léon X, impressionné par les présents portugais, aurait accordé aux Portugais différents privilèges leur permettant notamment de profiter gratuitement de certains établissements et divertissements romains.\n\n\n\nIl aurait alors suffi de se déclarer portugais. L&rsquo;aubaine aurait rapidement donné des idées à des Romains qui, sans être originaires du Portugal, auraient commencé à se présenter comme tels afin de ne pas payer. « Faire le Portugais » aurait ainsi d&rsquo;abord consisté à se faire passer pour portugais.\n\n\n\nL&rsquo;anecdote est savoureuse, mais elle doit être considérée avec prudence : d&rsquo;autres sources italiennes situent l&rsquo;apparition de l&rsquo;expression beaucoup plus tard.\n\n\n\nUne origine probablement liée à un spectacle gratuit à Rome\n\n\n\nC&rsquo;est en effet au XVIIIe siècle que Treccani situe l&rsquo;origine vraisemblable de l&rsquo;expression. L&rsquo;ambassade du Portugal à Rome aurait alors organisé, à l&rsquo;occasion d&rsquo;une célébration, une représentation au Teatro Argentina.\n\n\n\nLes Portugais pouvaient assister gratuitement au spectacle. Aucun billet d&rsquo;invitation particulier n&rsquo;aurait été nécessaire : il suffisait de se présenter comme citoyen portugais pour bénéficier de l&rsquo;entrée.\n\n\n\nEt c&rsquo;est là que l&rsquo;histoire devient familière. Des personnes qui n&rsquo;avaient aucun droit à cette gratuité auraient profité du système en se faisant elles aussi passer pour portugaises. Le dictionnaire De Mauro rattache également le sens figuré du mot portoghese à cet épisode romain du XVIIIe siècle.\n\n\n\nAvec le temps, la nuance aurait disparu. Celui qui « faisait le Portugais » n&rsquo;était plus nécessairement celui qui prétendait faussement être portugais : l&rsquo;expression en serait venue à désigner directement celui qui entre sans payer.\n\n\n\nQuand une expression finit par accuser les mauvaises personnes\n\n\n\nC&rsquo;est probablement le retournement le plus amusant de cette histoire. Les Portugais auraient été les seuls à avoir parfaitement le droit de ne pas payer. Les resquilleurs étaient précisément ceux qui prétendaient l&rsquo;être.\n\n\n\nTreccani souligne d&rsquo;ailleurs ce paradoxe en revenant sur ces expressions italiennes construites autour de nationalités : au fil du temps, l&rsquo;accusation d&rsquo;être un profiteur s&rsquo;est retrouvée attachée aux bénéficiaires légitimes du privilège plutôt qu&rsquo;aux Romains qui auraient cherché à en profiter indûment.\n\n\n\nLe mécanisme illustre surtout la manière dont vivent les expressions populaires. Leur contexte disparaît, leur sens évolue, mais les mots restent. Plusieurs siècles plus tard, fare il portoghese peut ainsi être compris sans que celui qui l&#8217;emploie connaisse nécessairement l&rsquo;histoire qui se cache derrière.\n\n\n\nEt celle-ci conserve encore une part de mystère. Il n&rsquo;est pas possible d&rsquo;affirmer avec certitude que l&rsquo;expression est née en 1514 autour de Léon X et de l&rsquo;éléphant Hanno. 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Mais la date exacte de naissance de l&rsquo;expression est moins certaine qu&rsquo;il n&rsquo;y paraît. Une histoire très populaire la fait remonter à 1514 et à l&rsquo;extraordinaire ambassade envoyée par le roi Manuel Ier au pape Léon X. Les grands dictionnaires italiens Treccani et De Mauro privilégient toutefois une autre explication, située au XVIIIe siècle.","Les deux récits ont néanmoins un point commun remarquable : des Portugais bénéficient légitimement d&rsquo;un privilège à Rome et d&rsquo;autres personnes commencent à se faire passer pour portugaises afin d&rsquo;en profiter.","Une histoire souvent associée au Portugal de Manuel Ier","La version la plus spectaculaire nous ramène au début du XVIe siècle. Le Portugal est alors l&rsquo;une des grandes puissances maritimes européennes. Sous le règne de Manuel Ier, les navires portugais ont ouvert une route maritime vers l&rsquo;Inde et rapportent en Europe épices, objets précieux et animaux encore largement inconnus du public européen.","En 1514, le souverain portugais envoie à Rome une ambassade fastueuse destinée au pape Léon X. Parmi les présents se trouve Hanno, un éléphant venu d&rsquo;Asie qui va provoquer une véritable sensation dans la ville. L&rsquo;animal devient même l&rsquo;un des favoris du pape.","Cette ambassade est bien un épisode historique. En revanche, le lien direct avec l&rsquo;expression fare il portoghese est beaucoup moins assuré. Une tradition raconte que Léon X, impressionné par les présents portugais, aurait accordé aux Portugais différents privilèges leur permettant notamment de profiter gratuitement de certains établissements et divertissements romains.","Il aurait alors suffi de se déclarer portugais. L&rsquo;aubaine aurait rapidement donné des idées à des Romains qui, sans être originaires du Portugal, auraient commencé à se présenter comme tels afin de ne pas payer. « Faire le Portugais » aurait ainsi d&rsquo;abord consisté à se faire passer pour portugais.","L&rsquo;anecdote est savoureuse, mais elle doit être considérée avec prudence : d&rsquo;autres sources italiennes situent l&rsquo;apparition de l&rsquo;expression beaucoup plus tard.","Une origine probablement liée à un spectacle gratuit à Rome","C&rsquo;est en effet au XVIIIe siècle que Treccani situe l&rsquo;origine vraisemblable de l&rsquo;expression. L&rsquo;ambassade du Portugal à Rome aurait alors organisé, à l&rsquo;occasion d&rsquo;une célébration, une représentation au Teatro Argentina.","Les Portugais pouvaient assister gratuitement au spectacle. Aucun billet d&rsquo;invitation particulier n&rsquo;aurait été nécessaire : il suffisait de se présenter comme citoyen portugais pour bénéficier de l&rsquo;entrée.","Et c&rsquo;est là que l&rsquo;histoire devient familière. Des personnes qui n&rsquo;avaient aucun droit à cette gratuité auraient profité du système en se faisant elles aussi passer pour portugaises. Le dictionnaire De Mauro rattache également le sens figuré du mot portoghese à cet épisode romain du XVIIIe siècle.","Avec le temps, la nuance aurait disparu. Celui qui « faisait le Portugais » n&rsquo;était plus nécessairement celui qui prétendait faussement être portugais : l&rsquo;expression en serait venue à désigner directement celui qui entre sans payer.","Quand une expression finit par accuser les mauvaises personnes","C&rsquo;est probablement le retournement le plus amusant de cette histoire. Les Portugais auraient été les seuls à avoir parfaitement le droit de ne pas payer. Les resquilleurs étaient précisément ceux qui prétendaient l&rsquo;être.","Treccani souligne d&rsquo;ailleurs ce paradoxe en revenant sur ces expressions italiennes construites autour de nationalités : au fil du temps, l&rsquo;accusation d&rsquo;être un profiteur s&rsquo;est retrouvée attachée aux bénéficiaires légitimes du privilège plutôt qu&rsquo;aux Romains qui auraient cherché à en profiter indûment.","Le mécanisme illustre surtout la manière dont vivent les expressions populaires. Leur contexte disparaît, leur sens évolue, mais les mots restent. Plusieurs siècles plus tard, fare il portoghese peut ainsi être compris sans que celui qui l&#8217;emploie connaisse nécessairement l&rsquo;histoire qui se cache derrière.","Et celle-ci conserve encore une part de mystère. Il n&rsquo;est pas possible d&rsquo;affirmer avec certitude que l&rsquo;expression est née en 1514 autour de Léon X et de l&rsquo;éléphant Hanno. Les principales références lexicographiques italiennes privilégient plutôt l&rsquo;épisode du spectacle organisé à Rome au XVIIIe siècle. D&rsquo;autres récits continuent néanmoins d&rsquo;associer sa naissance à l&rsquo;époque où le Portugal de Manuel Ier impressionnait la cour pontificale.","Une chose, en revanche, rend l&rsquo;expression beaucoup moins offensante une fois son histoire connue : dans les explications les plus couramment avancées, ce ne sont pas les Portugais qui cherchaient à entrer gratuitement. Ce sont les autres qui voulaient être portugais le temps de passer la porte."],"content_blocks":[{"id":"paragraph-1","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"« Non fare il portoghese ». Littéralement, « ne fais pas le Portugais ». Pour un francophone découvrant cette expression italienne, la formule a de quoi surprendre. 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En revanche, le lien direct avec l'expression <em>fare il portoghese</em> est beaucoup moins assuré. Une tradition raconte que Léon X, impressionné par les présents portugais, aurait accordé aux Portugais différents privilèges leur permettant notamment de profiter gratuitement de certains établissements et divertissements romains.</p>\n"},{"id":"paragraph-13","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Il aurait alors suffi de se déclarer portugais. L'aubaine aurait rapidement donné des idées à des Romains qui, sans être originaires du Portugal, auraient commencé à se présenter comme tels afin de ne pas payer. « Faire le Portugais » aurait ainsi d'abord consisté à se faire passer pour portugais.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il aurait alors suffi de se déclarer portugais. L'aubaine aurait rapidement donné des idées à des Romains qui, sans être originaires du Portugal, auraient commencé à se présenter comme tels afin de ne pas payer. <strong>« <em>Faire le Portugais</em> » aurait ainsi d'abord consisté à se faire passer pour portugais.</strong></p>\n"},{"id":"paragraph-14","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"L'anecdote est savoureuse, mais elle doit être considérée avec prudence : d'autres sources italiennes situent l'apparition de l'expression beaucoup plus tard.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L'anecdote est savoureuse, mais elle doit être considérée avec prudence : d'autres sources italiennes situent l'apparition de l'expression beaucoup plus tard.</p>\n"},{"id":"heading-15","type":"core/heading","heading":"Une origine probablement liée à un spectacle gratuit à Rome","plain_text":"Une origine probablement liée à un spectacle gratuit à Rome","html":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une origine probablement liée à un spectacle gratuit à Rome</h2>\n"},{"id":"paragraph-16","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"C'est en effet au XVIIIe siècle que Treccani situe l'origine vraisemblable de l'expression. L'ambassade du Portugal à Rome aurait alors organisé, à l'occasion d'une célébration, une représentation au Teatro Argentina.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C'est en effet au <strong>XVIIIe siècle</strong> que Treccani situe l'origine vraisemblable de l'expression. L'ambassade du Portugal à Rome aurait alors organisé, à l'occasion d'une célébration, une représentation au <em><strong>Teatro Argentina</strong></em>.</p>\n"},{"id":"paragraph-17","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Les Portugais pouvaient assister gratuitement au spectacle. Aucun billet d'invitation particulier n'aurait été nécessaire : il suffisait de se présenter comme citoyen portugais pour bénéficier de l'entrée.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Portugais pouvaient assister gratuitement au spectacle. Aucun billet d'invitation particulier n'aurait été nécessaire : il suffisait de se présenter comme citoyen portugais pour bénéficier de l'entrée.</p>\n"},{"id":"paragraph-18","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Et c'est là que l'histoire devient familière. Des personnes qui n'avaient aucun droit à cette gratuité auraient profité du système en se faisant elles aussi passer pour portugaises. Le dictionnaire De Mauro rattache également le sens figuré du mot portoghese à cet épisode romain du XVIIIe siècle.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et c'est là que l'histoire devient familière. Des personnes qui n'avaient aucun droit à cette gratuité auraient profité du système en <strong>se faisant elles aussi passer pour portugaises</strong>. 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Leur contexte disparaît, leur sens évolue, mais les mots restent. Plusieurs siècles plus tard, fare il portoghese peut ainsi être compris sans que celui qui l'emploie connaisse nécessairement l'histoire qui se cache derrière.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mécanisme illustre surtout la manière dont vivent les expressions populaires. Leur contexte disparaît, leur sens évolue, mais les mots restent. Plusieurs siècles plus tard, <em>fare il portoghese</em> peut ainsi être compris sans que celui qui l'emploie connaisse nécessairement l'histoire qui se cache derrière.</p>\n"},{"id":"paragraph-24","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Et celle-ci conserve encore une part de mystère. Il n'est pas possible d'affirmer avec certitude que l'expression est née en 1514 autour de Léon X et de l'éléphant Hanno. Les principales références lexicographiques italiennes privilégient plutôt l'épisode du spectacle organisé à Rome au XVIIIe siècle. D'autres récits continuent néanmoins d'associer sa naissance à l'époque où le Portugal de Manuel Ier impressionnait la cour pontificale.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et celle-ci conserve encore une part de mystère. <strong>Il n'est pas possible d'affirmer avec certitude que l'expression est née en 1514 autour de Léon X et de l'éléphant Hanno.</strong> Les principales références lexicographiques italiennes privilégient plutôt l'épisode du spectacle organisé à Rome au XVIIIe siècle. D'autres récits continuent néanmoins d'associer sa naissance à l'époque où le Portugal de Manuel Ier impressionnait la cour pontificale.</p>\n"},{"id":"paragraph-25","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Une chose, en revanche, rend l'expression beaucoup moins offensante une fois son histoire connue : dans les explications les plus couramment avancées, ce ne sont pas les Portugais qui cherchaient à entrer gratuitement. 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D'autant que sa signification traditionnelle n'est pas particulièrement flatteuse : fare il portoghese désigne quelqu'un qui parvient à entrer dans un spectacle ou à profiter d'un service sans payer ce qu'il devrait."},{"id":"paragraph-2","heading":"Paragraph","content":"L'expression est suffisamment installée dans la langue italienne pour figurer dans le dictionnaire Treccani, qui donne au mot portoghese un second sens : celui d'une personne qui, grâce à une faveur ou à une ruse, réussit à entrer gratuitement dans un théâtre, un cinéma, un stade ou un autre lieu payant."},{"id":"paragraph-3","heading":"Paragraph","content":"Mais pourquoi les Portugais ? L'histoire est beaucoup plus étonnante que le stéréotype laissé par l'expression. Car dans l'explication aujourd'hui retenue par plusieurs dictionnaires italiens, les Portugais n'auraient justement rien resquillé du tout."},{"id":"heading-4","heading":"« Faire le Portugais », ou entrer sans payer","content":"« Faire le Portugais », ou entrer sans payer"},{"id":"paragraph-5","heading":"Paragraph","content":"En italien contemporain, fare il portoghese peut donc être rapproché du français « resquiller ». L'expression s'applique traditionnellement à celui qui bénéficie gratuitement de quelque chose qui devrait normalement être payé."},{"id":"paragraph-6","heading":"Paragraph","content":"Prise au pied de la lettre, elle pourrait laisser croire à un ancien préjugé présentant les Portugais comme de mauvais payeurs. Son origine communément admise raconte pratiquement l'inverse."},{"id":"paragraph-7","heading":"Paragraph","content":"Pour la comprendre, il faut se rendre à Rome. Mais la date exacte de naissance de l'expression est moins certaine qu'il n'y paraît. Une histoire très populaire la fait remonter à 1514 et à l'extraordinaire ambassade envoyée par le roi Manuel Ier au pape Léon X. Les grands dictionnaires italiens Treccani et De Mauro privilégient toutefois une autre explication, située au XVIIIe siècle."},{"id":"paragraph-8","heading":"Paragraph","content":"Les deux récits ont néanmoins un point commun remarquable : des Portugais bénéficient légitimement d'un privilège à Rome et d'autres personnes commencent à se faire passer pour portugaises afin d'en profiter."},{"id":"heading-9","heading":"Une histoire souvent associée au Portugal de Manuel Ier","content":"Une histoire souvent associée au Portugal de Manuel Ier"},{"id":"paragraph-10","heading":"Paragraph","content":"La version la plus spectaculaire nous ramène au début du XVIe siècle. Le Portugal est alors l'une des grandes puissances maritimes européennes. Sous le règne de Manuel Ier, les navires portugais ont ouvert une route maritime vers l'Inde et rapportent en Europe épices, objets précieux et animaux encore largement inconnus du public européen."},{"id":"paragraph-11","heading":"Paragraph","content":"En 1514, le souverain portugais envoie à Rome une ambassade fastueuse destinée au pape Léon X. Parmi les présents se trouve Hanno, un éléphant venu d'Asie qui va provoquer une véritable sensation dans la ville. L'animal devient même l'un des favoris du pape."},{"id":"paragraph-12","heading":"Paragraph","content":"Cette ambassade est bien un épisode historique. En revanche, le lien direct avec l'expression fare il portoghese est beaucoup moins assuré. Une tradition raconte que Léon X, impressionné par les présents portugais, aurait accordé aux Portugais différents privilèges leur permettant notamment de profiter gratuitement de certains établissements et divertissements romains."},{"id":"paragraph-13","heading":"Paragraph","content":"Il aurait alors suffi de se déclarer portugais. L'aubaine aurait rapidement donné des idées à des Romains qui, sans être originaires du Portugal, auraient commencé à se présenter comme tels afin de ne pas payer. « Faire le Portugais » aurait ainsi d'abord consisté à se faire passer pour portugais."},{"id":"paragraph-14","heading":"Paragraph","content":"L'anecdote est savoureuse, mais elle doit être considérée avec prudence : d'autres sources italiennes situent l'apparition de l'expression beaucoup plus tard."},{"id":"heading-15","heading":"Une origine probablement liée à un spectacle gratuit à Rome","content":"Une origine probablement liée à un spectacle gratuit à Rome"},{"id":"paragraph-16","heading":"Paragraph","content":"C'est en effet au XVIIIe siècle que Treccani situe l'origine vraisemblable de l'expression. L'ambassade du Portugal à Rome aurait alors organisé, à l'occasion d'une célébration, une représentation au Teatro Argentina."},{"id":"paragraph-17","heading":"Paragraph","content":"Les Portugais pouvaient assister gratuitement au spectacle. Aucun billet d'invitation particulier n'aurait été nécessaire : il suffisait de se présenter comme citoyen portugais pour bénéficier de l'entrée."},{"id":"paragraph-18","heading":"Paragraph","content":"Et c'est là que l'histoire devient familière. Des personnes qui n'avaient aucun droit à cette gratuité auraient profité du système en se faisant elles aussi passer pour portugaises. Le dictionnaire De Mauro rattache également le sens figuré du mot portoghese à cet épisode romain du XVIIIe siècle."},{"id":"paragraph-19","heading":"Paragraph","content":"Avec le temps, la nuance aurait disparu. Celui qui « faisait le Portugais » n'était plus nécessairement celui qui prétendait faussement être portugais : l'expression en serait venue à désigner directement celui qui entre sans payer."},{"id":"heading-20","heading":"Quand une expression finit par accuser les mauvaises personnes","content":"Quand une expression finit par accuser les mauvaises personnes"},{"id":"paragraph-21","heading":"Paragraph","content":"C'est probablement le retournement le plus amusant de cette histoire. Les Portugais auraient été les seuls à avoir parfaitement le droit de ne pas payer. Les resquilleurs étaient précisément ceux qui prétendaient l'être."},{"id":"paragraph-22","heading":"Paragraph","content":"Treccani souligne d'ailleurs ce paradoxe en revenant sur ces expressions italiennes construites autour de nationalités : au fil du temps, l'accusation d'être un profiteur s'est retrouvée attachée aux bénéficiaires légitimes du privilège plutôt qu'aux Romains qui auraient cherché à en profiter indûment."},{"id":"paragraph-23","heading":"Paragraph","content":"Le mécanisme illustre surtout la manière dont vivent les expressions populaires. Leur contexte disparaît, leur sens évolue, mais les mots restent. Plusieurs siècles plus tard, fare il portoghese peut ainsi être compris sans que celui qui l'emploie connaisse nécessairement l'histoire qui se cache derrière."},{"id":"paragraph-24","heading":"Paragraph","content":"Et celle-ci conserve encore une part de mystère. Il n'est pas possible d'affirmer avec certitude que l'expression est née en 1514 autour de Léon X et de l'éléphant Hanno. Les principales références lexicographiques italiennes privilégient plutôt l'épisode du spectacle organisé à Rome au XVIIIe siècle. D'autres récits continuent néanmoins d'associer sa naissance à l'époque où le Portugal de Manuel Ier impressionnait la cour pontificale."},{"id":"paragraph-25","heading":"Paragraph","content":"Une chose, en revanche, rend l'expression beaucoup moins offensante une fois son histoire connue : dans les explications les plus couramment avancées, ce ne sont pas les Portugais qui cherchaient à entrer gratuitement. Ce sont les autres qui voulaient être portugais le temps de passer la porte."}],"media":{"primary_image":"https://www.portugal.fr/wp-content/uploads/2026/09/faire-le-portugais.webp"},"relations":[{"rel":"canonical","href":"https://www.portugal.fr/Non-fare-il-portoghese-pourquoi-les-Italiens-utilisent-ils-cette-etrange-expression.html"},{"rel":"alternate","href":"https://www.portugal.fr/Non-fare-il-portoghese-pourquoi-les-Italiens-utilisent-ils-cette-etrange-expression.html/llm","type":"text/html"},{"rel":"alternate","href":"https://www.portugal.fr/Non-fare-il-portoghese-pourquoi-les-Italiens-utilisent-ils-cette-etrange-expression.html/llm.json","type":"application/json"},{"rel":"llm-manifest","href":"https://www.portugal.fr/llm-endpoints-manifest.json","type":"application/json"}],"http_headers":{"X-LLM-Friendly":"1","X-LLM-Schema":"1.1.0","Content-Security-Policy":"default-src 'none'; img-src * data:; style-src 'unsafe-inline'"},"license":"CC BY-ND 4.0","attribution_required":true,"allow_cors":false}