{"version":"1.1","schema_version":"1.1.0","plugin_version":"1.1.2","url":"https://www.portugal.fr/Le-Portugal-est-devenu-lune-des-principales-portes-dentree-du-capital-chinois-en-Europe.html","llm_html_url":"https://www.portugal.fr/Le-Portugal-est-devenu-lune-des-principales-portes-dentree-du-capital-chinois-en-Europe.html/llm","llm_json_url":"https://www.portugal.fr/Le-Portugal-est-devenu-lune-des-principales-portes-dentree-du-capital-chinois-en-Europe.html/llm.json","manifest_url":"https://www.portugal.fr/llm-endpoints-manifest.json","language":"fr-FR","locale":"fr_FR","title":"Le Portugal est devenu l&rsquo;une des principales portes d&rsquo;entrée du capital chinois en Europe","site":{"name":"Portugal.fr","url":"https://www.portugal.fr/"},"author":{"id":1,"name":"Portugal.fr","url":"https://www.portugal.fr/author/admin_portugal"},"published_at":"2026-10-18T03:02:00+00:00","modified_at":"2026-10-16T09:58:56+00:00","word_count":1330,"reading_time_seconds":399,"summary":"Électricité, réseaux énergétiques, banque, assurance, construction : en une quinzaine d&rsquo;années, les investisseurs chinois ont pris des positions dans plusieurs","summary_points":["Électricité, réseaux énergétiques, banque, assurance, construction : en une quinzaine d&rsquo;années, les investisseurs chinois ont pris des positions dans plusieurs grandes entreprises portugaises.","Une nouvelle étude internationale montre à quel point le Portugal occupe une place singulière dans cette stratégie d&rsquo;investissement en Europe.","EDP, REN, BCP, Fidelidade ou encore Mota-Engil.","Ces noms sont familiers aux Portugais, beaucoup moins aux lecteurs étrangers."],"topics":["Actualités"],"entities":["Économie"],"entities_metadata":[{"id":71,"name":"Économie","slug":"economie","taxonomy":"post_tag","count":198,"url":"https://www.portugal.fr/tag/economie"},{"id":16,"name":"Actualités","slug":"actualites","taxonomy":"category","count":1875,"url":"https://www.portugal.fr/actualites"}],"tags":["Actualités"],"content_hash":"18e3a4233d6f1e201c16cfce26405539","plain_text":"Électricité, réseaux énergétiques, banque, assurance, construction : en une quinzaine d&rsquo;années, les investisseurs chinois ont pris des positions dans plusieurs grandes entreprises portugaises. Une nouvelle étude internationale montre à quel point le Portugal occupe une place singulière dans cette stratégie d&rsquo;investissement en Europe.\n\n\n\nEDP, REN, BCP, Fidelidade ou encore Mota-Engil. Ces noms sont familiers aux Portugais, beaucoup moins aux lecteurs étrangers. Pourtant, derrière eux se dessine une histoire économique étonnante : celle d&rsquo;un petit pays européen devenu particulièrement attractif pour les capitaux chinois.\n\n\n\nUne étude publiée en 2026 par quatre économistes de Georgetown, de la Banque centrale européenne, de l&rsquo;université technologique de Nanyang et du MIT permet désormais d&rsquo;en mesurer l&rsquo;ampleur. Les chercheurs ont analysé les participations chinoises dans 161 773 entreprises réparties dans 159 pays entre 2012 et 2021, en remontant les chaînes de propriété pour identifier l&rsquo;origine réelle des capitaux, y compris lorsque ceux-ci transitent par le Luxembourg ou des juridictions offshore. \n\n\n\n\n\nAu sommaire\nToggle\nTout s&rsquo;accélère avec la crise de la detteUn poids chinois exceptionnel au PortugalLe Portugal comme porte d&rsquo;entrée en EuropeUne relation désormais difficile à séparer de la géopolitique\nTout s&rsquo;accélère avec la crise de la dette\n\n\n\nPour comprendre cette relation particulière entre le Portugal et la Chine, il faut revenir au début des années 2010. Le Portugal traverse alors une grave crise financière et sollicite en 2011 l&rsquo;aide de l&rsquo;Union européenne et du Fonds monétaire international. En contrepartie, le pays engage notamment un vaste programme de privatisations.\n\n\n\nC&rsquo;est à ce moment que les investisseurs chinois réalisent plusieurs opérations majeures.\n\n\n\nLa compagnie publique China Three Gorges entre ainsi au capital d&rsquo;EDP, le grand énergéticien portugais. State Grid Corporation of China investit dans REN, l&rsquo;entreprise qui exploite notamment le réseau portugais de transport d&rsquo;électricité. Quelques années plus tard, le groupe privé Fosun prend des participations dans l&rsquo;assureur Fidelidade et dans la banque Millennium BCP.\n\n\n\nLe mouvement ne s&rsquo;arrête pas à la finance et à l&rsquo;énergie. Le groupe chinois CCCC entre également au capital de Mota-Engil, l&rsquo;un des principaux groupes portugais de construction et d&rsquo;infrastructures.\n\n\n\nPris séparément, chacun de ces investissements peut apparaître comme une opération financière classique. Ensemble, ils donnent au capital chinois une présence inhabituelle dans plusieurs secteurs importants de l&rsquo;économie portugaise.\n\n\n\nUn poids chinois exceptionnel au Portugal\n\n\n\nC&rsquo;est précisément ce que fait apparaître l&rsquo;étude « China&rsquo;s Global Ownership ». Les chercheurs ne se contentent pas des statistiques traditionnelles sur les investissements directs étrangers. Ils tentent de retrouver les propriétaires finaux des participations, même lorsqu&rsquo;une société intermédiaire installée dans un autre pays est utilisée. Leur travail montre plus généralement que la présence économique chinoise à l&rsquo;étranger est sensiblement plus importante que ne le suggèrent les seules statistiques officielles d&rsquo;investissement.\n\n\n\nLe Portugal apparaît alors comme un cas particulièrement remarquable. Selon les données présentées dans l&rsquo;étude et reprises pour le cas portugais, les actifs des entreprises comptant une participation chinoise ont représenté en moyenne 13,78 % des actifs des entreprises observées au Portugal entre 2012 et 2021. En dehors de grands centres financiers offshore comme les îles Caïmans, les Bermudes ou les îles Vierges britanniques, le Portugal se situe ainsi à un niveau exceptionnellement élevé.\n\n\n\nLe chiffre demande toutefois une explication importante. Il ne signifie pas que la Chine possède 13,78 % de l&rsquo;économie portugaise. Lorsqu&rsquo;un investisseur chinois détient une participation dans une très grande entreprise, les actifs de cette entreprise entrent dans l&rsquo;indicateur utilisé par les chercheurs. Les importantes participations chinoises dans quelques poids lourds portugais expliquent donc une partie du résultat.\n\n\n\nMais c&rsquo;est justement cette concentration qui rend le cas portugais intéressant : le capital chinois ne s&rsquo;est pas uniquement dirigé vers de petites sociétés. Il est entré dans des entreprises occupant des positions importantes dans l&rsquo;électricité, les infrastructures, la banque, l&rsquo;assurance ou la construction.\n\n\n\nLe Portugal comme porte d&rsquo;entrée en Europe\n\n\n\n\n\nCette stratégie dépasse le seul cas portugais. Les chercheurs constatent que les investissements chinois à l&rsquo;étranger se sont fortement développés au cours de la période étudiée et qu&rsquo;ils ciblent notamment des entreprises liées à la recherche, aux technologies et aux chaînes d&rsquo;approvisionnement. Les entreprises publiques chinoises occupent une place importante dans cette expansion. À l&rsquo;échelle mondiale, les auteurs estiment que les actifs étrangers sous contrôle chinois atteignaient environ 2100 milliards de dollars en 2021. \n\n\n\nLe Portugal présente toutefois plusieurs avantages particuliers. Il appartient à l&rsquo;Union européenne et à la zone euro, dispose d&rsquo;infrastructures importantes et entretient des relations historiques avec des marchés d&rsquo;Afrique, d&rsquo;Amérique latine et d&rsquo;Asie.\n\n\n\nCette présence chinoise n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs plus seulement financière. Le fabricant chinois de batteries CALB a choisi Sines pour un vaste projet industriel représentant environ 2 milliards d&rsquo;euros d&rsquo;investissement. Le Portugal est ainsi passé progressivement des grandes prises de participation de la décennie précédente à l&rsquo;accueil de projets industriels chinois.\n\n\n\nCette relation attire parallèlement une attention géopolitique croissante. Les États-Unis ont à plusieurs reprises manifesté leurs préoccupations concernant la présence chinoise dans certains secteurs stratégiques portugais. Le contexte n&rsquo;est plus celui du début des années 2010 : les investissements qui étaient essentiellement observés sous un angle financier sont désormais également examinés sous celui de la souveraineté, des technologies et de la sécurité économique.\n\n\n\nUne relation désormais difficile à séparer de la géopolitique\n\n\n\nLe paradoxe portugais apparaît alors clairement. Au moment de la crise financière, l&rsquo;arrivée de capitaux chinois constituait une source bienvenue de financement alors que le pays devait vendre plusieurs actifs. Quinze ans plus tard, une grande partie de ces investissements demeure, mais les relations entre Pékin, Washington et l&rsquo;Union européenne ont profondément changé.\n\n\n\nLe Portugal commence d&rsquo;ailleurs lui-même à revenir au capital de certaines infrastructures. En 2026, l&rsquo;État portugais a investi plus de 500 millions d&rsquo;euros pour acquérir 19 % de REN. Cela ne signifie toutefois pas un départ de l&rsquo;actionnaire chinois State Grid : le gouvernement portugais a indiqué souhaiter son maintien au capital.\n\n\n\nL&rsquo;étude internationale apporte enfin un élément qui dépasse largement le Portugal. Selon les chercheurs, les acquisitions réalisées dans les économies développées semblent également profiter aux groupes chinois qui les réalisent : leurs dépôts de brevets accélèrent après leurs premières acquisitions, alors que les entreprises étrangères achetées ne connaissent pas nécessairement la même progression de leur production de brevets. Les auteurs décrivent ainsi une stratégie internationale dans laquelle l&rsquo;accès aux connaissances et aux technologies peut compter autant que le rendement financier immédiat.\n\n\n\nLe Portugal constitue finalement un remarquable laboratoire de cette expansion. Ce qui avait commencé au cœur d&rsquo;une crise financière par la vente de participations dans de grandes entreprises s&rsquo;est transformé en une relation économique durable. Et dans une Europe désormais beaucoup plus attentive à ses dépendances stratégiques, la place prise par le capital chinois au Portugal ne relève plus seulement de la finance.\n\n\n\nLire aussi : Chine-Portugal : Pékin et Lisbonne affichent leur unité","paragraphs":["Électricité, réseaux énergétiques, banque, assurance, construction : en une quinzaine d&rsquo;années, les investisseurs chinois ont pris des positions dans plusieurs grandes entreprises portugaises. Une nouvelle étude internationale montre à quel point le Portugal occupe une place singulière dans cette stratégie d&rsquo;investissement en Europe.","EDP, REN, BCP, Fidelidade ou encore Mota-Engil. Ces noms sont familiers aux Portugais, beaucoup moins aux lecteurs étrangers. 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En contrepartie, le pays engage notamment un vaste programme de privatisations.","C&rsquo;est à ce moment que les investisseurs chinois réalisent plusieurs opérations majeures.","La compagnie publique China Three Gorges entre ainsi au capital d&rsquo;EDP, le grand énergéticien portugais. State Grid Corporation of China investit dans REN, l&rsquo;entreprise qui exploite notamment le réseau portugais de transport d&rsquo;électricité. Quelques années plus tard, le groupe privé Fosun prend des participations dans l&rsquo;assureur Fidelidade et dans la banque Millennium BCP.","Le mouvement ne s&rsquo;arrête pas à la finance et à l&rsquo;énergie. Le groupe chinois CCCC entre également au capital de Mota-Engil, l&rsquo;un des principaux groupes portugais de construction et d&rsquo;infrastructures.","Pris séparément, chacun de ces investissements peut apparaître comme une opération financière classique. 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Les importantes participations chinoises dans quelques poids lourds portugais expliquent donc une partie du résultat.","Mais c&rsquo;est justement cette concentration qui rend le cas portugais intéressant : le capital chinois ne s&rsquo;est pas uniquement dirigé vers de petites sociétés. Il est entré dans des entreprises occupant des positions importantes dans l&rsquo;électricité, les infrastructures, la banque, l&rsquo;assurance ou la construction.","Le Portugal comme porte d&rsquo;entrée en Europe","Cette stratégie dépasse le seul cas portugais. Les chercheurs constatent que les investissements chinois à l&rsquo;étranger se sont fortement développés au cours de la période étudiée et qu&rsquo;ils ciblent notamment des entreprises liées à la recherche, aux technologies et aux chaînes d&rsquo;approvisionnement. Les entreprises publiques chinoises occupent une place importante dans cette expansion. À l&rsquo;échelle mondiale, les auteurs estiment que les actifs étrangers sous contrôle chinois atteignaient environ 2100 milliards de dollars en 2021.","Le Portugal présente toutefois plusieurs avantages particuliers. Il appartient à l&rsquo;Union européenne et à la zone euro, dispose d&rsquo;infrastructures importantes et entretient des relations historiques avec des marchés d&rsquo;Afrique, d&rsquo;Amérique latine et d&rsquo;Asie.","Cette présence chinoise n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs plus seulement financière. Le fabricant chinois de batteries CALB a choisi Sines pour un vaste projet industriel représentant environ 2 milliards d&rsquo;euros d&rsquo;investissement. Le Portugal est ainsi passé progressivement des grandes prises de participation de la décennie précédente à l&rsquo;accueil de projets industriels chinois.","Cette relation attire parallèlement une attention géopolitique croissante. Les États-Unis ont à plusieurs reprises manifesté leurs préoccupations concernant la présence chinoise dans certains secteurs stratégiques portugais. Le contexte n&rsquo;est plus celui du début des années 2010 : les investissements qui étaient essentiellement observés sous un angle financier sont désormais également examinés sous celui de la souveraineté, des technologies et de la sécurité économique.","Une relation désormais difficile à séparer de la géopolitique","Le paradoxe portugais apparaît alors clairement. Au moment de la crise financière, l&rsquo;arrivée de capitaux chinois constituait une source bienvenue de financement alors que le pays devait vendre plusieurs actifs. Quinze ans plus tard, une grande partie de ces investissements demeure, mais les relations entre Pékin, Washington et l&rsquo;Union européenne ont profondément changé.","Le Portugal commence d&rsquo;ailleurs lui-même à revenir au capital de certaines infrastructures. En 2026, l&rsquo;État portugais a investi plus de 500 millions d&rsquo;euros pour acquérir 19 % de REN. Cela ne signifie toutefois pas un départ de l&rsquo;actionnaire chinois State Grid : le gouvernement portugais a indiqué souhaiter son maintien au capital.","L&rsquo;étude internationale apporte enfin un élément qui dépasse largement le Portugal. Selon les chercheurs, les acquisitions réalisées dans les économies développées semblent également profiter aux groupes chinois qui les réalisent : leurs dépôts de brevets accélèrent après leurs premières acquisitions, alors que les entreprises étrangères achetées ne connaissent pas nécessairement la même progression de leur production de brevets. Les auteurs décrivent ainsi une stratégie internationale dans laquelle l&rsquo;accès aux connaissances et aux technologies peut compter autant que le rendement financier immédiat.","Le Portugal constitue finalement un remarquable laboratoire de cette expansion. Ce qui avait commencé au cœur d&rsquo;une crise financière par la vente de participations dans de grandes entreprises s&rsquo;est transformé en une relation économique durable. Et dans une Europe désormais beaucoup plus attentive à ses dépendances stratégiques, la place prise par le capital chinois au Portugal ne relève plus seulement de la finance.","Lire aussi : Chine-Portugal : Pékin et Lisbonne affichent leur unité"],"content_blocks":[{"id":"paragraph-1","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Électricité, réseaux énergétiques, banque, assurance, construction : en une quinzaine d'années, les investisseurs chinois ont pris des positions dans plusieurs grandes entreprises portugaises. 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Leur travail montre plus généralement que la présence économique chinoise à l'étranger est sensiblement plus importante que ne le suggèrent les seules statistiques officielles d'investissement.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C'est précisément ce que fait apparaître l'étude « <strong><em>China's Global Ownership</em></strong> ». Les chercheurs ne se contentent pas des statistiques traditionnelles sur les investissements directs étrangers. Ils tentent de retrouver les propriétaires finaux des participations, même lorsqu'une société intermédiaire installée dans un autre pays est utilisée. Leur travail montre plus généralement que <strong>la présence économique chinoise à l'étranger est sensiblement plus importante que ne le suggèrent les seules statistiques officielles d'investissement</strong>.</p>\n"},{"id":"paragraph-12","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Le Portugal apparaît alors comme un cas particulièrement remarquable. Selon les données présentées dans l'étude et reprises pour le cas portugais, les actifs des entreprises comptant une participation chinoise ont représenté en moyenne 13,78 % des actifs des entreprises observées au Portugal entre 2012 et 2021. En dehors de grands centres financiers offshore comme les îles Caïmans, les Bermudes ou les îles Vierges britanniques, le Portugal se situe ainsi à un niveau exceptionnellement élevé.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Portugal apparaît alors comme un cas particulièrement remarquable. Selon les données présentées dans l'étude et reprises pour le cas portugais, les actifs des entreprises comptant une participation chinoise ont représenté en moyenne <strong>13,78 % des actifs des entreprises observées au Portugal entre 2012 et 2021</strong>. En dehors de grands centres financiers offshore comme les îles Caïmans, les Bermudes ou les îles Vierges britanniques, le Portugal se situe ainsi à un niveau exceptionnellement élevé.</p>\n"},{"id":"paragraph-13","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Le chiffre demande toutefois une explication importante. Il ne signifie pas que la Chine possède 13,78 % de l'économie portugaise. Lorsqu'un investisseur chinois détient une participation dans une très grande entreprise, les actifs de cette entreprise entrent dans l'indicateur utilisé par les chercheurs. Les importantes participations chinoises dans quelques poids lourds portugais expliquent donc une partie du résultat.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le chiffre demande toutefois une explication importante. <strong>Il ne signifie pas que la Chine possède 13,78 % de l'économie portugaise.</strong> Lorsqu'un investisseur chinois détient une participation dans une très grande entreprise, les actifs de cette entreprise entrent dans l'indicateur utilisé par les chercheurs. Les importantes participations chinoises dans quelques poids lourds portugais expliquent donc une partie du résultat.</p>\n"},{"id":"paragraph-14","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Mais c'est justement cette concentration qui rend le cas portugais intéressant : le capital chinois ne s'est pas uniquement dirigé vers de petites sociétés. 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À l'échelle mondiale, les auteurs estiment que <strong>les actifs étrangers sous contrôle chinois atteignaient environ 2100 milliards de dollars en 2021</strong>. </p>\n"},{"id":"paragraph-17","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Le Portugal présente toutefois plusieurs avantages particuliers. Il appartient à l'Union européenne et à la zone euro, dispose d'infrastructures importantes et entretient des relations historiques avec des marchés d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Portugal présente toutefois plusieurs avantages particuliers. Il appartient à l'Union européenne et à la zone euro, dispose d'infrastructures importantes et entretient des relations historiques avec des marchés d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie.</p>\n"},{"id":"paragraph-18","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Cette présence chinoise n'est d'ailleurs plus seulement financière. 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Le contexte n'est plus celui du début des années 2010 : <strong>les investissements qui étaient essentiellement observés sous un angle financier sont désormais également examinés sous celui de la souveraineté, des technologies et de la sécurité économique.</strong></p>\n"},{"id":"heading-20","type":"core/heading","heading":"Une relation désormais difficile à séparer de la géopolitique","plain_text":"Une relation désormais difficile à séparer de la géopolitique","html":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une relation désormais difficile à séparer de la géopolitique</h2>\n"},{"id":"paragraph-21","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Le paradoxe portugais apparaît alors clairement. Au moment de la crise financière, l'arrivée de capitaux chinois constituait une source bienvenue de financement alors que le pays devait vendre plusieurs actifs. Quinze ans plus tard, une grande partie de ces investissements demeure, mais les relations entre Pékin, Washington et l'Union européenne ont profondément changé.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le paradoxe portugais apparaît alors clairement. Au moment de la crise financière, l'arrivée de capitaux chinois constituait une source bienvenue de financement alors que le pays devait vendre plusieurs actifs. Quinze ans plus tard, une grande partie de ces investissements demeure, mais les relations entre Pékin, Washington et l'Union européenne ont profondément changé.</p>\n"},{"id":"paragraph-22","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Le Portugal commence d'ailleurs lui-même à revenir au capital de certaines infrastructures. En 2026, l'État portugais a investi plus de 500 millions d'euros pour acquérir 19 % de REN. Cela ne signifie toutefois pas un départ de l'actionnaire chinois State Grid : le gouvernement portugais a indiqué souhaiter son maintien au capital.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Portugal commence d'ailleurs lui-même à revenir au capital de certaines infrastructures. En 2026, l'État portugais a investi plus de 500 millions d'euros pour acquérir 19 % de REN. Cela ne signifie toutefois pas un départ de l'actionnaire chinois State Grid : le gouvernement portugais a indiqué souhaiter son maintien au capital.</p>\n"},{"id":"paragraph-23","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"L'étude internationale apporte enfin un élément qui dépasse largement le Portugal. Selon les chercheurs, les acquisitions réalisées dans les économies développées semblent également profiter aux groupes chinois qui les réalisent : leurs dépôts de brevets accélèrent après leurs premières acquisitions, alors que les entreprises étrangères achetées ne connaissent pas nécessairement la même progression de leur production de brevets. Les auteurs décrivent ainsi une stratégie internationale dans laquelle l'accès aux connaissances et aux technologies peut compter autant que le rendement financier immédiat.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L'étude internationale apporte enfin un élément qui dépasse largement le Portugal. Selon les chercheurs, les acquisitions réalisées dans les économies développées semblent également profiter aux groupes chinois qui les réalisent : leurs dépôts de brevets accélèrent après leurs premières acquisitions, alors que les entreprises étrangères achetées ne connaissent pas nécessairement la même progression de leur production de brevets. Les auteurs décrivent ainsi une stratégie internationale dans laquelle l'accès aux connaissances et aux technologies peut compter autant que le rendement financier immédiat.</p>\n"},{"id":"paragraph-24","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Le Portugal constitue finalement un remarquable laboratoire de cette expansion. Ce qui avait commencé au cœur d'une crise financière par la vente de participations dans de grandes entreprises s'est transformé en une relation économique durable. Et dans une Europe désormais beaucoup plus attentive à ses dépendances stratégiques, la place prise par le capital chinois au Portugal ne relève plus seulement de la finance.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le Portugal constitue finalement un remarquable laboratoire de cette expansion.</strong> Ce qui avait commencé au cœur d'une crise financière par la vente de participations dans de grandes entreprises s'est transformé en une relation économique durable. Et dans une Europe désormais beaucoup plus attentive à ses dépendances stratégiques, la place prise par le capital chinois au Portugal ne relève plus seulement de la finance.</p>\n"},{"id":"paragraph-25","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Lire aussi : Chine-Portugal : Pékin et Lisbonne affichent leur unité","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Lire aussi</strong> : <a href=\"https://www.portugal.fr/Chine-Portugal-Pekin-et-Lisbonne-affichent-leur-unite.html\" data-type=\"post\" data-id=\"15936\"><em>Chine-Portugal : Pékin et Lisbonne affichent leur unité</em></a></p>\n"}],"sections":[{"id":"paragraph-1","heading":"Paragraph","content":"Électricité, réseaux énergétiques, banque, assurance, construction : en une quinzaine d'années, les investisseurs chinois ont pris des positions dans plusieurs grandes entreprises portugaises. Une nouvelle étude internationale montre à quel point le Portugal occupe une place singulière dans cette stratégie d'investissement en Europe."},{"id":"paragraph-2","heading":"Paragraph","content":"EDP, REN, BCP, Fidelidade ou encore Mota-Engil. Ces noms sont familiers aux Portugais, beaucoup moins aux lecteurs étrangers. Pourtant, derrière eux se dessine une histoire économique étonnante : celle d'un petit pays européen devenu particulièrement attractif pour les capitaux chinois."},{"id":"paragraph-3","heading":"Paragraph","content":"Une étude publiée en 2026 par quatre économistes de Georgetown, de la Banque centrale européenne, de l'université technologique de Nanyang et du MIT permet désormais d'en mesurer l'ampleur. Les chercheurs ont analysé les participations chinoises dans 161 773 entreprises réparties dans 159 pays entre 2012 et 2021, en remontant les chaînes de propriété pour identifier l'origine réelle des capitaux, y compris lorsque ceux-ci transitent par le Luxembourg ou des juridictions offshore."},{"id":"heading-4","heading":"Tout s'accélère avec la crise de la dette","content":"Tout s'accélère avec la crise de la dette"},{"id":"paragraph-5","heading":"Paragraph","content":"Pour comprendre cette relation particulière entre le Portugal et la Chine, il faut revenir au début des années 2010. Le Portugal traverse alors une grave crise financière et sollicite en 2011 l'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international. En contrepartie, le pays engage notamment un vaste programme de privatisations."},{"id":"paragraph-6","heading":"Paragraph","content":"C'est à ce moment que les investisseurs chinois réalisent plusieurs opérations majeures."},{"id":"paragraph-7","heading":"Paragraph","content":"La compagnie publique China Three Gorges entre ainsi au capital d'EDP, le grand énergéticien portugais. State Grid Corporation of China investit dans REN, l'entreprise qui exploite notamment le réseau portugais de transport d'électricité. Quelques années plus tard, le groupe privé Fosun prend des participations dans l'assureur Fidelidade et dans la banque Millennium BCP."},{"id":"paragraph-8","heading":"Paragraph","content":"Le mouvement ne s'arrête pas à la finance et à l'énergie. Le groupe chinois CCCC entre également au capital de Mota-Engil, l'un des principaux groupes portugais de construction et d'infrastructures."},{"id":"paragraph-9","heading":"Paragraph","content":"Pris séparément, chacun de ces investissements peut apparaître comme une opération financière classique. Ensemble, ils donnent au capital chinois une présence inhabituelle dans plusieurs secteurs importants de l'économie portugaise."},{"id":"heading-10","heading":"Un poids chinois exceptionnel au Portugal","content":"Un poids chinois exceptionnel au Portugal"},{"id":"paragraph-11","heading":"Paragraph","content":"C'est précisément ce que fait apparaître l'étude « China's Global Ownership ». Les chercheurs ne se contentent pas des statistiques traditionnelles sur les investissements directs étrangers. Ils tentent de retrouver les propriétaires finaux des participations, même lorsqu'une société intermédiaire installée dans un autre pays est utilisée. Leur travail montre plus généralement que la présence économique chinoise à l'étranger est sensiblement plus importante que ne le suggèrent les seules statistiques officielles d'investissement."},{"id":"paragraph-12","heading":"Paragraph","content":"Le Portugal apparaît alors comme un cas particulièrement remarquable. Selon les données présentées dans l'étude et reprises pour le cas portugais, les actifs des entreprises comptant une participation chinoise ont représenté en moyenne 13,78 % des actifs des entreprises observées au Portugal entre 2012 et 2021. En dehors de grands centres financiers offshore comme les îles Caïmans, les Bermudes ou les îles Vierges britanniques, le Portugal se situe ainsi à un niveau exceptionnellement élevé."},{"id":"paragraph-13","heading":"Paragraph","content":"Le chiffre demande toutefois une explication importante. Il ne signifie pas que la Chine possède 13,78 % de l'économie portugaise. Lorsqu'un investisseur chinois détient une participation dans une très grande entreprise, les actifs de cette entreprise entrent dans l'indicateur utilisé par les chercheurs. Les importantes participations chinoises dans quelques poids lourds portugais expliquent donc une partie du résultat."},{"id":"paragraph-14","heading":"Paragraph","content":"Mais c'est justement cette concentration qui rend le cas portugais intéressant : le capital chinois ne s'est pas uniquement dirigé vers de petites sociétés. Il est entré dans des entreprises occupant des positions importantes dans l'électricité, les infrastructures, la banque, l'assurance ou la construction."},{"id":"heading-15","heading":"Le Portugal comme porte d'entrée en Europe","content":"Le Portugal comme porte d'entrée en Europe"},{"id":"paragraph-16","heading":"Paragraph","content":"Cette stratégie dépasse le seul cas portugais. Les chercheurs constatent que les investissements chinois à l'étranger se sont fortement développés au cours de la période étudiée et qu'ils ciblent notamment des entreprises liées à la recherche, aux technologies et aux chaînes d'approvisionnement. Les entreprises publiques chinoises occupent une place importante dans cette expansion. À l'échelle mondiale, les auteurs estiment que les actifs étrangers sous contrôle chinois atteignaient environ 2100 milliards de dollars en 2021."},{"id":"paragraph-17","heading":"Paragraph","content":"Le Portugal présente toutefois plusieurs avantages particuliers. Il appartient à l'Union européenne et à la zone euro, dispose d'infrastructures importantes et entretient des relations historiques avec des marchés d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie."},{"id":"paragraph-18","heading":"Paragraph","content":"Cette présence chinoise n'est d'ailleurs plus seulement financière. Le fabricant chinois de batteries CALB a choisi Sines pour un vaste projet industriel représentant environ 2 milliards d'euros d'investissement. Le Portugal est ainsi passé progressivement des grandes prises de participation de la décennie précédente à l'accueil de projets industriels chinois."},{"id":"paragraph-19","heading":"Paragraph","content":"Cette relation attire parallèlement une attention géopolitique croissante. Les États-Unis ont à plusieurs reprises manifesté leurs préoccupations concernant la présence chinoise dans certains secteurs stratégiques portugais. Le contexte n'est plus celui du début des années 2010 : les investissements qui étaient essentiellement observés sous un angle financier sont désormais également examinés sous celui de la souveraineté, des technologies et de la sécurité économique."},{"id":"heading-20","heading":"Une relation désormais difficile à séparer de la géopolitique","content":"Une relation désormais difficile à séparer de la géopolitique"},{"id":"paragraph-21","heading":"Paragraph","content":"Le paradoxe portugais apparaît alors clairement. Au moment de la crise financière, l'arrivée de capitaux chinois constituait une source bienvenue de financement alors que le pays devait vendre plusieurs actifs. Quinze ans plus tard, une grande partie de ces investissements demeure, mais les relations entre Pékin, Washington et l'Union européenne ont profondément changé."},{"id":"paragraph-22","heading":"Paragraph","content":"Le Portugal commence d'ailleurs lui-même à revenir au capital de certaines infrastructures. En 2026, l'État portugais a investi plus de 500 millions d'euros pour acquérir 19 % de REN. Cela ne signifie toutefois pas un départ de l'actionnaire chinois State Grid : le gouvernement portugais a indiqué souhaiter son maintien au capital."},{"id":"paragraph-23","heading":"Paragraph","content":"L'étude internationale apporte enfin un élément qui dépasse largement le Portugal. Selon les chercheurs, les acquisitions réalisées dans les économies développées semblent également profiter aux groupes chinois qui les réalisent : leurs dépôts de brevets accélèrent après leurs premières acquisitions, alors que les entreprises étrangères achetées ne connaissent pas nécessairement la même progression de leur production de brevets. Les auteurs décrivent ainsi une stratégie internationale dans laquelle l'accès aux connaissances et aux technologies peut compter autant que le rendement financier immédiat."},{"id":"paragraph-24","heading":"Paragraph","content":"Le Portugal constitue finalement un remarquable laboratoire de cette expansion. Ce qui avait commencé au cœur d'une crise financière par la vente de participations dans de grandes entreprises s'est transformé en une relation économique durable. Et dans une Europe désormais beaucoup plus attentive à ses dépendances stratégiques, la place prise par le capital chinois au Portugal ne relève plus seulement de la finance."},{"id":"paragraph-25","heading":"Paragraph","content":"Lire aussi : Chine-Portugal : Pékin et Lisbonne affichent leur unité"}],"media":{"primary_image":"https://www.portugal.fr/wp-content/uploads/2026/10/portugal-chine-economie.webp"},"relations":[{"rel":"canonical","href":"https://www.portugal.fr/Le-Portugal-est-devenu-lune-des-principales-portes-dentree-du-capital-chinois-en-Europe.html"},{"rel":"alternate","href":"https://www.portugal.fr/Le-Portugal-est-devenu-lune-des-principales-portes-dentree-du-capital-chinois-en-Europe.html/llm","type":"text/html"},{"rel":"alternate","href":"https://www.portugal.fr/Le-Portugal-est-devenu-lune-des-principales-portes-dentree-du-capital-chinois-en-Europe.html/llm.json","type":"application/json"},{"rel":"llm-manifest","href":"https://www.portugal.fr/llm-endpoints-manifest.json","type":"application/json"}],"http_headers":{"X-LLM-Friendly":"1","X-LLM-Schema":"1.1.0","Content-Security-Policy":"default-src 'none'; img-src * data:; style-src 'unsafe-inline'"},"license":"CC BY-ND 4.0","attribution_required":true,"allow_cors":false}