{"version":"1.1","schema_version":"1.1.0","plugin_version":"1.1.2","url":"https://www.portugal.fr/Crise-du-logement-des-manifestants-installent-un-campement-au-coeur-de-Porto.html","llm_html_url":"https://www.portugal.fr/Crise-du-logement-des-manifestants-installent-un-campement-au-coeur-de-Porto.html/llm","llm_json_url":"https://www.portugal.fr/Crise-du-logement-des-manifestants-installent-un-campement-au-coeur-de-Porto.html/llm.json","manifest_url":"https://www.portugal.fr/llm-endpoints-manifest.json","language":"fr-FR","locale":"fr_FR","title":"Crise du logement : des manifestants installent un campement au cœur de Porto","site":{"name":"Portugal.fr","url":"https://www.portugal.fr/"},"author":{"id":1,"name":"Portugal.fr","url":"https://www.portugal.fr/author/admin_portugal"},"published_at":"2026-10-16T03:01:00+00:00","modified_at":"2026-10-15T08:21:20+00:00","word_count":1971,"reading_time_seconds":592,"summary":"Au cœur de Porto, la crise du logement a pris la forme d&rsquo;un campement de fortune. 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Depuis le 10 octobre, des manifestants occupent la Praça D. João I pour dénoncer la hausse des loyers et les difficultés croissantes d&rsquo;accès à un logement. Malgré une intervention policière et les avertissements du maire, plusieurs dizaines de tentes ont de nouveau été installées mercredi soir, transformant cette place du centre-ville en symbole d&rsquo;une contestation qui dépasse désormais les frontières portugaises.\n\n\n\nMercredi 14 octobre, environ 500 personnes se sont retrouvées sur la place, à quelques centaines de mètres de la mairie. Au fil de la soirée, 44 tentes ont été dressées sous le regard des forces de l&rsquo;ordre. Une nouvelle étape dans un mouvement qui s&rsquo;inspire directement des manifestations organisées depuis fin septembre à Madrid, où la crise du logement a également provoqué une mobilisation d&rsquo;ampleur.\n\n\n\nAu Portugal, les manifestants réclament notamment un meilleur encadrement des loyers, davantage de logements publics et l&rsquo;abandon d&rsquo;une réforme du marché locatif portée par le gouvernement. Leur mot d&rsquo;ordre résume la situation qu&rsquo;ils souhaitent dénoncer : « Tu n&rsquo;arrives pas à payer ton loyer ? Apporte ta tente ! »\n\n\n\n\n\nAu sommaire\nToggle\nÀ Porto, 5 jours de mobilisation contre la crise du logementLe maire de Porto refuse une occupation permanente de la placeUne réforme des loyers qui cristallise les tensionsDe Madrid à Porto, les campements deviennent une nouvelle forme de protestationÀ Porto, les loyers ont augmenté de plus de 76 % en 5 ans« Tout le monde a droit à un logement digne »Un campement qui pourrait s&rsquo;inscrire dans la durée\nÀ Porto, 5 jours de mobilisation contre la crise du logement\n\n\n\nTout commence samedi 10 octobre. À l&rsquo;appel de la plateforme Não dá mais para viver assim (« On ne peut plus vivre comme ça »), des manifestations sont organisées dans plusieurs villes portugaises, notamment Lisbonne, Porto, Braga et Aveiro. Les participants dénoncent l&rsquo;augmentation du coût de la vie, les difficultés d&rsquo;accès au logement et la pression financière qui pèse sur les ménages.\n\n\n\nÀ Porto, environ 1500 personnes participent à la mobilisation. Mais contrairement aux manifestations habituelles, une partie des participants décide de prolonger le rassemblement. Des tentes apparaissent sur la Praça D. João I, près du théâtre Rivoli, et plusieurs dizaines de personnes passent la nuit sur place.\n\n\n\nLe campement s&rsquo;organise progressivement. Des bénévoles apportent de la nourriture, des couvertures et du matériel. Les participants se relaient pour maintenir une présence permanente sur la place.\n\n\n\nLundi 12 octobre, au petit matin, les autorités interviennent pour retirer les tentes. Les manifestants restent néanmoins sur place et continuent à dormir dehors, parfois sur des matelas installés contre les murs.\n\n\n\nMercredi soir, ils décident de réinstaller leur campement. Lorsque les policiers tentent d&rsquo;intervenir, un cordon humain se forme pour leur barrer le passage. Les agents se tiennent ensuite à distance tandis que les tentes continuent d&rsquo;être montées.\n\n\n\nLe maire de Porto refuse une occupation permanente de la place\n\n\n\nCette mobilisation provoque une confrontation avec la municipalité. Le maire de Porto, Pedro Duarte, affirme respecter le droit de manifester, mais refuse que la Praça D. João I soit transformée en campement permanent.\n\n\n\nMercredi matin, il prévient que les autorités municipales seront « absolument implacables » face à une nouvelle installation de tentes. Il estime également que certains participants cherchent à provoquer des troubles, une interprétation contestée par les organisateurs.\n\n\n\nPour ces derniers, le campement constitue précisément le moyen de rendre visible une crise qui touche une partie croissante de la population. Les tentes ne sont pas seulement un lieu où passer la nuit : elles représentent l&rsquo;impossibilité, pour certains ménages, de trouver un logement correspondant à leurs revenus.\n\n\n\nLa question dépasse ainsi le simple maintien de l&rsquo;ordre. Jusqu&rsquo;où peut aller l&rsquo;occupation de l&rsquo;espace public lorsqu&rsquo;elle constitue elle-même le message d&rsquo;une manifestation ? La municipalité défend la nécessité de faire respecter les règles d&rsquo;utilisation de la place, tandis que les manifestants considèrent qu&rsquo;une évacuation affaiblirait leur mouvement.\n\n\n\nSelon plusieurs participants interrogés par Expresso, la récupération des tentes retirées lundi poserait également problème. Ils affirment que la municipalité réclame 350 euros par tente, ainsi que des justificatifs permettant d&rsquo;en établir la propriété. Ces conditions, rapportées par les manifestants, ajoutent un nouveau motif de contestation.\n\n\n\nUne réforme des loyers qui cristallise les tensions\n\n\n\n\n\n\n\nSi les tentes attirent aujourd&rsquo;hui l&rsquo;attention, les revendications portent sur des questions beaucoup plus larges. Les manifestants contestent notamment le projet de réforme du marché locatif défendu par le gouvernement de Luís Montenegro.\n\n\n\nL&rsquo;exécutif souhaite assouplir certaines règles du marché de la location afin d&rsquo;encourager les propriétaires à proposer davantage de logements. Son raisonnement repose notamment sur l&rsquo;idée qu&rsquo;un cadre juridique plus favorable aux bailleurs pourrait contribuer à augmenter l&rsquo;offre disponible.\n\n\n\nLes opposants à cette réforme redoutent au contraire un affaiblissement de la protection des locataires et une aggravation de leur précarité. Le texte, engagé dans le processus parlementaire, constitue ainsi l&rsquo;un des principaux points de désaccord entre le gouvernement et les organisations mobilisées.\n\n\n\nSur la Praça D. João I, les revendications sont affichées sur une grande banderole. Les manifestants réclament le retrait de la réforme des loyers, l&rsquo;arrêt des expulsions, la limitation des achats immobiliers par des fonds spéculatifs, davantage de logements publics, la réhabilitation des bâtiments vacants et l&rsquo;instauration de plafonds pour les loyers.\n\n\n\nCes demandes traduisent une conception du logement comme droit social devant être davantage protégé par les pouvoirs publics. Le gouvernement défend, pour sa part, une stratégie dans laquelle l&rsquo;augmentation de l&rsquo;offre locative passe aussi par des mesures destinées à rassurer les propriétaires et les investisseurs.\n\n\n\nDe Madrid à Porto, les campements deviennent une nouvelle forme de protestation\n\n\n\nLe mouvement portugais ne s&rsquo;est pas développé indépendamment de ce qui se passe en Espagne. Les manifestants de Porto revendiquent ouvertement leur inspiration madrilène, où un campement s&rsquo;est installé sur la célèbre Puerta del Sol à partir du 26 septembre.\n\n\n\nÀ Madrid, la mobilisation a été déclenchée par l&rsquo;expulsion de Maricarmen Abascal, une femme de 87 ans contrainte de quitter le logement qu&rsquo;elle occupait depuis plus de 70 ans. Son histoire a provoqué une importante vague d&rsquo;indignation et une manifestation réunissant plusieurs dizaines de milliers de personnes.\n\n\n\nÀ l&rsquo;issue du rassemblement, environ 150 tentes ont été installées sur la Puerta del Sol. Le campement s&rsquo;est ensuite développé, rappelant par certains aspects le mouvement des Indignés qui avait occupé cette même place en 2011.\n\n\n\nUn accord avait été trouvé fin septembre pour permettre à Maricarmen Abascal de réintégrer son logement. Mais son décès, survenu début octobre, a renforcé la portée symbolique de cette mobilisation contre les expulsions.\n\n\n\nÀ Porto, les manifestants reprennent une partie des méthodes utilisées à Madrid : installation de tentes, organisation collective, présence nocturne et refus de fixer une date de départ.\n\n\n\nCette circulation des formes de protestation entre l&rsquo;Espagne et le Portugal témoigne d&rsquo;une préoccupation commune autour de l&rsquo;accès au logement. Les situations nationales et les politiques publiques diffèrent, mais la hausse des loyers et les difficultés rencontrées par les jeunes ménages constituent des préoccupations partagées.\n\n\n\nÀ Porto, les loyers ont augmenté de plus de 76 % en 5 ans\n\n\n\nLa mobilisation intervient dans un contexte immobilier particulièrement tendu. Selon les données publiées par Idealista, les loyers proposés à Porto ont augmenté de 76,4 % entre septembre 2021 et septembre 2026.\n\n\n\nLe prix médian demandé dans les annonces locatives atteignait 19 euros par mètre carré en septembre 2026, contre 10,80 euros cinq ans auparavant.\n\n\n\nÀ titre d&rsquo;illustration, pour un appartement de 80 m², ces niveaux correspondent à un loyer mensuel théorique d&rsquo;environ 1520 euros aujourd&rsquo;hui, contre 864 euros en 2021.\n\n\n\nCes chiffres concernent les prix affichés dans les annonces immobilières, et non les loyers effectivement acquittés par l&rsquo;ensemble des habitants. Ils donnent néanmoins une indication de la difficulté rencontrée par les personnes qui cherchent actuellement à louer un logement dans la ville.\n\n\n\nSur la même période, les prix de vente ont progressé de 44,3 %, pour atteindre 4346 euros par mètre carré.\n\n\n\nCes évolutions permettent de comprendre pourquoi le logement occupe une place aussi importante dans les préoccupations des habitants, particulièrement chez les jeunes actifs et les personnes disposant de revenus modestes.\n\n\n\n« Tout le monde a droit à un logement digne »\n\n\n\nAu milieu des militants, certaines histoires donnent une dimension plus personnelle à cette mobilisation.\n\n\n\nDomingos Morais, habitant de Porto âgé d&rsquo;une cinquantaine d&rsquo;années, raconte à Expresso vivre dans la rue depuis environ un mois et demi. Lorsqu&rsquo;il découvre le campement, il décide de s&rsquo;installer à proximité. Des manifestants lui proposent alors une couverture et un oreiller.\n\n\n\nDepuis, il passe ses nuits avec eux. Il explique avoir trouvé dans cette mobilisation une forme de solidarité qui lui manquait.\n\n\n\nSon parcours est également marqué par la crise immobilière. Selon son témoignage, le loyer du logement de deux chambres qu&rsquo;il occupait autrefois avec sa famille, dans le quartier de Campanhã, était passé de 400 à 1600 euros. Après son divorce et plusieurs difficultés personnelles, il s&rsquo;est retrouvé sans domicile.\n\n\n\nPour lui, la mobilisation ne concerne pas seulement sa propre situation. Elle concerne aussi ses enfants et ses petits-enfants. « Tout le monde a droit à un logement digne », affirme-t-il.\n\n\n\nSon histoire ne résume évidemment pas à elle seule la crise du logement portugais. Elle rappelle toutefois que derrière les statistiques immobilières se trouvent des trajectoires individuelles très différentes : jeunes adultes contraints de rester chez leurs parents, familles confrontées à des loyers devenus difficilement supportables ou personnes ayant perdu leur logement.\n\n\n\nUn campement qui pourrait s&rsquo;inscrire dans la durée\n\n\n\nMercredi soir, les organisateurs appellent les participants à rester sur la place pendant la nuit. Ils redoutent une nouvelle intervention policière au petit matin, lorsque les effectifs du campement seront moins importants.\n\n\n\nLes manifestants ne fixent pas de date de départ. Certains affirment vouloir poursuivre leur mobilisation au moins jusqu&rsquo;aux prochaines étapes parlementaires concernant la réforme des loyers.\n\n\n\nÀ proximité du campement, une pancarte invite les automobilistes à klaxonner s&rsquo;ils n&rsquo;ont pas les moyens d&rsquo;acheter un logement. Plusieurs conducteurs répondent à l&rsquo;appel, tandis que les participants partagent café, nourriture et matériel pour passer la nuit.\n\n\n\nAu matin du 15 octobre, l&rsquo;avenir de cette occupation reste incertain. Les informations disponibles sur la soirée du 14 octobre ne permettent pas encore de déterminer si les autorités interviendront de nouveau pour évacuer les tentes.\n\n\n\nMais la mobilisation a déjà dépassé le cadre d&rsquo;une manifestation traditionnelle. En installant leurs tentes au cœur de Porto, les participants cherchent à rendre visible une contradiction qu&rsquo;ils jugent devenue insupportable : dans une ville où les prix immobiliers ont fortement augmenté, disposer d&rsquo;un emploi ne garantit plus nécessairement de pouvoir se loger.","paragraphs":["Au cœur de Porto, la crise du logement a pris la forme d&rsquo;un campement de fortune. Depuis le 10 octobre, des manifestants occupent la Praça D. João I pour dénoncer la hausse des loyers et les difficultés croissantes d&rsquo;accès à un logement. Malgré une intervention policière et les avertissements du maire, plusieurs dizaines de tentes ont de nouveau été installées mercredi soir, transformant cette place du centre-ville en symbole d&rsquo;une contestation qui dépasse désormais les frontières portugaises.","Mercredi 14 octobre, environ 500 personnes se sont retrouvées sur la place, à quelques centaines de mètres de la mairie. Au fil de la soirée, 44 tentes ont été dressées sous le regard des forces de l&rsquo;ordre. Une nouvelle étape dans un mouvement qui s&rsquo;inspire directement des manifestations organisées depuis fin septembre à Madrid, où la crise du logement a également provoqué une mobilisation d&rsquo;ampleur.","Au Portugal, les manifestants réclament notamment un meilleur encadrement des loyers, davantage de logements publics et l&rsquo;abandon d&rsquo;une réforme du marché locatif portée par le gouvernement. 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Lorsque les policiers tentent d&rsquo;intervenir, un cordon humain se forme pour leur barrer le passage. Les agents se tiennent ensuite à distance tandis que les tentes continuent d&rsquo;être montées.","Le maire de Porto refuse une occupation permanente de la place","Cette mobilisation provoque une confrontation avec la municipalité. Le maire de Porto, Pedro Duarte, affirme respecter le droit de manifester, mais refuse que la Praça D. João I soit transformée en campement permanent.","Mercredi matin, il prévient que les autorités municipales seront « absolument implacables » face à une nouvelle installation de tentes. Il estime également que certains participants cherchent à provoquer des troubles, une interprétation contestée par les organisateurs.","Pour ces derniers, le campement constitue précisément le moyen de rendre visible une crise qui touche une partie croissante de la population. Les tentes ne sont pas seulement un lieu où passer la nuit : elles représentent l&rsquo;impossibilité, pour certains ménages, de trouver un logement correspondant à leurs revenus.","La question dépasse ainsi le simple maintien de l&rsquo;ordre. Jusqu&rsquo;où peut aller l&rsquo;occupation de l&rsquo;espace public lorsqu&rsquo;elle constitue elle-même le message d&rsquo;une manifestation ? La municipalité défend la nécessité de faire respecter les règles d&rsquo;utilisation de la place, tandis que les manifestants considèrent qu&rsquo;une évacuation affaiblirait leur mouvement.","Selon plusieurs participants interrogés par Expresso, la récupération des tentes retirées lundi poserait également problème. Ils affirment que la municipalité réclame 350 euros par tente, ainsi que des justificatifs permettant d&rsquo;en établir la propriété. 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Les situations nationales et les politiques publiques diffèrent, mais la hausse des loyers et les difficultés rencontrées par les jeunes ménages constituent des préoccupations partagées.","À Porto, les loyers ont augmenté de plus de 76 % en 5 ans","La mobilisation intervient dans un contexte immobilier particulièrement tendu. Selon les données publiées par Idealista, les loyers proposés à Porto ont augmenté de 76,4 % entre septembre 2021 et septembre 2026.","Le prix médian demandé dans les annonces locatives atteignait 19 euros par mètre carré en septembre 2026, contre 10,80 euros cinq ans auparavant.","À titre d&rsquo;illustration, pour un appartement de 80 m², ces niveaux correspondent à un loyer mensuel théorique d&rsquo;environ 1520 euros aujourd&rsquo;hui, contre 864 euros en 2021.","Ces chiffres concernent les prix affichés dans les annonces immobilières, et non les loyers effectivement acquittés par l&rsquo;ensemble des habitants. 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À l'appel de la plateforme Não dá mais para viver assim (« On ne peut plus vivre comme ça »), des manifestations sont organisées dans plusieurs villes portugaises, notamment Lisbonne, Porto, Braga et Aveiro. Les participants dénoncent l'augmentation du coût de la vie, les difficultés d'accès au logement et la pression financière qui pèse sur les ménages.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout commence <strong>samedi 10 octobre</strong>. À l'appel de la plateforme <em><strong>Não dá mais para viver assim</strong></em> (« On ne peut plus vivre comme ça »), des manifestations sont organisées dans plusieurs villes portugaises, notamment Lisbonne, Porto, Braga et Aveiro. Les participants dénoncent l'augmentation du coût de la vie, les difficultés d'accès au logement et la pression financière qui pèse sur les ménages.</p>\n"},{"id":"paragraph-6","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"À Porto, environ 1500 personnes participent à la mobilisation. 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Les participants se relaient pour maintenir une présence permanente sur la place.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le campement s'organise progressivement. Des bénévoles apportent de la nourriture, des couvertures et du matériel. Les participants se relaient pour maintenir une présence permanente sur la place.</p>\n"},{"id":"paragraph-8","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Lundi 12 octobre, au petit matin, les autorités interviennent pour retirer les tentes. Les manifestants restent néanmoins sur place et continuent à dormir dehors, parfois sur des matelas installés contre les murs.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Lundi 12 octobre, au petit matin, les autorités interviennent pour retirer les tentes.</strong> Les manifestants restent néanmoins sur place et continuent à dormir dehors, parfois sur des matelas installés contre les murs.</p>\n"},{"id":"paragraph-9","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Mercredi soir, ils décident de réinstaller leur campement. Lorsque les policiers tentent d'intervenir, un cordon humain se forme pour leur barrer le passage. Les agents se tiennent ensuite à distance tandis que les tentes continuent d'être montées.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mercredi soir, ils décident de réinstaller leur campement. Lorsque les policiers tentent d'intervenir, un cordon humain se forme pour leur barrer le passage. Les agents se tiennent ensuite à distance tandis que les tentes continuent d'être montées.</p>\n"},{"id":"heading-10","type":"core/heading","heading":"Le maire de Porto refuse une occupation permanente de la place","plain_text":"Le maire de Porto refuse une occupation permanente de la place","html":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le maire de Porto refuse une occupation permanente de la place</h2>\n"},{"id":"paragraph-11","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Cette mobilisation provoque une confrontation avec la municipalité. Le maire de Porto, Pedro Duarte, affirme respecter le droit de manifester, mais refuse que la Praça D. João I soit transformée en campement permanent.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette mobilisation provoque une confrontation avec la municipalité. Le maire de Porto, <strong>Pedro Duarte</strong>, affirme respecter le droit de manifester, mais refuse que la <em>Praça D. João I </em>soit transformée en campement permanent.</p>\n"},{"id":"paragraph-12","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Mercredi matin, il prévient que les autorités municipales seront « absolument implacables » face à une nouvelle installation de tentes. Il estime également que certains participants cherchent à provoquer des troubles, une interprétation contestée par les organisateurs.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mercredi matin, il prévient que les autorités municipales seront « <em>absolument implacables</em> » face à une nouvelle installation de tentes. Il estime également que certains participants cherchent à provoquer des troubles, une interprétation contestée par les organisateurs.</p>\n"},{"id":"paragraph-13","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Pour ces derniers, le campement constitue précisément le moyen de rendre visible une crise qui touche une partie croissante de la population. Les tentes ne sont pas seulement un lieu où passer la nuit : elles représentent l'impossibilité, pour certains ménages, de trouver un logement correspondant à leurs revenus.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour ces derniers, le campement constitue précisément le moyen de rendre visible une crise qui touche une partie croissante de la population. Les tentes ne sont pas seulement un lieu où passer la nuit : elles représentent l'impossibilité, pour certains ménages, de trouver un logement correspondant à leurs revenus.</p>\n"},{"id":"paragraph-14","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"La question dépasse ainsi le simple maintien de l'ordre. Jusqu'où peut aller l'occupation de l'espace public lorsqu'elle constitue elle-même le message d'une manifestation ? La municipalité défend la nécessité de faire respecter les règles d'utilisation de la place, tandis que les manifestants considèrent qu'une évacuation affaiblirait leur mouvement.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La question dépasse ainsi le simple maintien de l'ordre. <strong>Jusqu'où peut aller l'occupation de l'espace public lorsqu'elle constitue elle-même le message d'une manifestation ?</strong> La municipalité défend la nécessité de faire respecter les règles d'utilisation de la place, tandis que les manifestants considèrent qu'une évacuation affaiblirait leur mouvement.</p>\n"},{"id":"paragraph-15","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Selon plusieurs participants interrogés par Expresso, la récupération des tentes retirées lundi poserait également problème. Ils affirment que la municipalité réclame 350 euros par tente, ainsi que des justificatifs permettant d'en établir la propriété. Ces conditions, rapportées par les manifestants, ajoutent un nouveau motif de contestation.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon plusieurs participants interrogés par <em>Expresso</em>, la récupération des tentes retirées lundi poserait également problème. Ils affirment que la municipalité réclame 350 euros par tente, ainsi que des justificatifs permettant d'en établir la propriété. Ces conditions, rapportées par les manifestants, ajoutent un nouveau motif de contestation.</p>\n"},{"id":"heading-16","type":"core/heading","heading":"Une réforme des loyers qui cristallise les tensions","plain_text":"Une réforme des loyers qui cristallise les tensions","html":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une réforme des loyers qui cristallise les tensions</h2>\n"},{"id":"paragraph-17","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Si les tentes attirent aujourd'hui l'attention, les revendications portent sur des questions beaucoup plus larges. Les manifestants contestent notamment le projet de réforme du marché locatif défendu par le gouvernement de Luís Montenegro.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si les tentes attirent aujourd'hui l'attention, les revendications portent sur des questions beaucoup plus larges. Les manifestants contestent notamment le <strong><a href=\"https://www.portugal.fr/Portugal-le-gouvernement-lance-une-offensive-sur-le-marche-locatif.html\" data-type=\"post\" data-id=\"23042\">projet de réforme du marché locatif</a></strong> défendu par le gouvernement de Luís Montenegro.</p>\n"},{"id":"paragraph-18","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"L'exécutif souhaite assouplir certaines règles du marché de la location afin d'encourager les propriétaires à proposer davantage de logements. Son raisonnement repose notamment sur l'idée qu'un cadre juridique plus favorable aux bailleurs pourrait contribuer à augmenter l'offre disponible.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L'exécutif souhaite assouplir certaines règles du marché de la location afin d'encourager les propriétaires à proposer davantage de logements. Son raisonnement repose notamment sur l'idée qu'un cadre juridique plus favorable aux bailleurs pourrait contribuer à augmenter l'offre disponible.</p>\n"},{"id":"paragraph-19","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Les opposants à cette réforme redoutent au contraire un affaiblissement de la protection des locataires et une aggravation de leur précarité. Le texte, engagé dans le processus parlementaire, constitue ainsi l'un des principaux points de désaccord entre le gouvernement et les organisations mobilisées.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les opposants à cette réforme redoutent au contraire un affaiblissement de la protection des locataires et une aggravation de leur précarité. Le texte, engagé dans le processus parlementaire, constitue ainsi l'un des principaux points de désaccord entre le gouvernement et les organisations mobilisées.</p>\n"},{"id":"paragraph-20","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Sur la Praça D. João I, les revendications sont affichées sur une grande banderole. Les manifestants réclament le retrait de la réforme des loyers, l'arrêt des expulsions, la limitation des achats immobiliers par des fonds spéculatifs, davantage de logements publics, la réhabilitation des bâtiments vacants et l'instauration de plafonds pour les loyers.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur la <em>Praça D. João I</em>, les revendications sont affichées sur une grande banderole. Les manifestants réclament <strong>le retrait de la réforme des loyers, l'arrêt des expulsions, la limitation des achats immobiliers par des fonds spéculatifs, davantage de logements publics, la réhabilitation des bâtiments vacants et l'instauration de plafonds pour les loyers</strong>.</p>\n"},{"id":"paragraph-21","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Ces demandes traduisent une conception du logement comme droit social devant être davantage protégé par les pouvoirs publics. Le gouvernement défend, pour sa part, une stratégie dans laquelle l'augmentation de l'offre locative passe aussi par des mesures destinées à rassurer les propriétaires et les investisseurs.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces demandes traduisent une conception du logement comme droit social devant être davantage protégé par les pouvoirs publics. Le gouvernement défend, pour sa part, une stratégie dans laquelle l'augmentation de l'offre locative passe aussi par des mesures destinées à rassurer les propriétaires et les investisseurs.</p>\n"},{"id":"heading-22","type":"core/heading","heading":"De Madrid à Porto, les campements deviennent une nouvelle forme de protestation","plain_text":"De Madrid à Porto, les campements deviennent une nouvelle forme de protestation","html":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">De Madrid à Porto, les campements deviennent une nouvelle forme de protestation</h2>\n"},{"id":"paragraph-23","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Le mouvement portugais ne s'est pas développé indépendamment de ce qui se passe en Espagne. Les manifestants de Porto revendiquent ouvertement leur inspiration madrilène, où un campement s'est installé sur la célèbre Puerta del Sol à partir du 26 septembre.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mouvement portugais ne s'est pas développé indépendamment de ce qui se passe en Espagne. Les manifestants de Porto revendiquent ouvertement leur inspiration madrilène, où un campement s'est installé sur la célèbre <em>Puerta del Sol</em> à partir du 26 septembre.</p>\n"},{"id":"paragraph-24","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"À Madrid, la mobilisation a été déclenchée par l'expulsion de Maricarmen Abascal, une femme de 87 ans contrainte de quitter le logement qu'elle occupait depuis plus de 70 ans. Son histoire a provoqué une importante vague d'indignation et une manifestation réunissant plusieurs dizaines de milliers de personnes.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">À Madrid, la mobilisation a été déclenchée par l'expulsion de <strong>Maricarmen Abascal</strong>, une femme de 87 ans contrainte de quitter le logement qu'elle occupait depuis plus de 70 ans. Son histoire a provoqué une importante vague d'indignation et une manifestation réunissant plusieurs dizaines de milliers de personnes.</p>\n"},{"id":"paragraph-25","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"À l'issue du rassemblement, environ 150 tentes ont été installées sur la Puerta del Sol. Le campement s'est ensuite développé, rappelant par certains aspects le mouvement des Indignés qui avait occupé cette même place en 2011.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">À l'issue du rassemblement, environ 150 tentes ont été installées sur la <em>Puerta del Sol</em>. Le campement s'est ensuite développé, rappelant par certains aspects le mouvement des Indignés qui avait occupé cette même place en 2011.</p>\n"},{"id":"paragraph-26","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Un accord avait été trouvé fin septembre pour permettre à Maricarmen Abascal de réintégrer son logement. Mais son décès, survenu début octobre, a renforcé la portée symbolique de cette mobilisation contre les expulsions.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un accord avait été trouvé fin septembre pour permettre à Maricarmen Abascal de réintégrer son logement. Mais son décès, survenu début octobre, a renforcé la portée symbolique de cette mobilisation contre les expulsions.</p>\n"},{"id":"paragraph-27","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"À Porto, les manifestants reprennent une partie des méthodes utilisées à Madrid : installation de tentes, organisation collective, présence nocturne et refus de fixer une date de départ.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">À Porto, les manifestants reprennent une partie des méthodes utilisées à Madrid : installation de tentes, organisation collective, présence nocturne et refus de fixer une date de départ.</p>\n"},{"id":"paragraph-28","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Cette circulation des formes de protestation entre l'Espagne et le Portugal témoigne d'une préoccupation commune autour de l'accès au logement. Les situations nationales et les politiques publiques diffèrent, mais la hausse des loyers et les difficultés rencontrées par les jeunes ménages constituent des préoccupations partagées.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Cette circulation des formes de protestation entre l'Espagne et le Portugal témoigne d'une préoccupation commune autour de l'accès au logement.</strong> Les situations nationales et les politiques publiques diffèrent, mais la hausse des loyers et les difficultés rencontrées par les jeunes ménages constituent des préoccupations partagées.</p>\n"},{"id":"heading-29","type":"core/heading","heading":"À Porto, les loyers ont augmenté de plus de 76 % en 5 ans","plain_text":"À Porto, les loyers ont augmenté de plus de 76 % en 5 ans","html":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">À Porto, les loyers ont augmenté de plus de 76 % en 5 ans</h2>\n"},{"id":"paragraph-30","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"La mobilisation intervient dans un contexte immobilier particulièrement tendu. Selon les données publiées par Idealista, les loyers proposés à Porto ont augmenté de 76,4 % entre septembre 2021 et septembre 2026.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mobilisation intervient dans un contexte immobilier particulièrement tendu. Selon les données publiées par Idealista, <strong>les loyers proposés à Porto ont augmenté de 76,4 % entre septembre 2021 et septembre 2026</strong>.</p>\n"},{"id":"paragraph-31","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Le prix médian demandé dans les annonces locatives atteignait 19 euros par mètre carré en septembre 2026, contre 10,80 euros cinq ans auparavant.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le prix médian demandé dans les annonces locatives atteignait 19 euros par mètre carré en septembre 2026, contre 10,80 euros cinq ans auparavant.</p>\n"},{"id":"paragraph-32","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"À titre d'illustration, pour un appartement de 80 m², ces niveaux correspondent à un loyer mensuel théorique d'environ 1520 euros aujourd'hui, contre 864 euros en 2021.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">À titre d'illustration, pour un appartement de 80 m², ces niveaux correspondent à un loyer mensuel théorique d'environ <strong>1520 euros aujourd'hui, contre 864 euros en 2021</strong>.</p>\n"},{"id":"paragraph-33","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Ces chiffres concernent les prix affichés dans les annonces immobilières, et non les loyers effectivement acquittés par l'ensemble des habitants. Ils donnent néanmoins une indication de la difficulté rencontrée par les personnes qui cherchent actuellement à louer un logement dans la ville.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces chiffres concernent les prix affichés dans les annonces immobilières, et non les loyers effectivement acquittés par l'ensemble des habitants. Ils donnent néanmoins une indication de la difficulté rencontrée par les personnes qui cherchent actuellement à louer un logement dans la ville.</p>\n"},{"id":"paragraph-34","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Sur la même période, les prix de vente ont progressé de 44,3 %, pour atteindre 4346 euros par mètre carré.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur la même période,<strong> les prix de vente ont progressé de 44,3 %</strong>, pour atteindre 4346 euros par mètre carré.</p>\n"},{"id":"paragraph-35","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Ces évolutions permettent de comprendre pourquoi le logement occupe une place aussi importante dans les préoccupations des habitants, particulièrement chez les jeunes actifs et les personnes disposant de revenus modestes.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces évolutions permettent de comprendre pourquoi le logement occupe une place aussi importante dans les préoccupations des habitants, particulièrement chez les jeunes actifs et les personnes disposant de revenus modestes.</p>\n"},{"id":"heading-36","type":"core/heading","heading":"« Tout le monde a droit à un logement digne »","plain_text":"« Tout le monde a droit à un logement digne »","html":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">« <em>Tout le monde a droit à un logement digne </em>»</h2>\n"},{"id":"paragraph-37","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Au milieu des militants, certaines histoires donnent une dimension plus personnelle à cette mobilisation.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au milieu des militants, certaines histoires donnent une dimension plus personnelle à cette mobilisation.</p>\n"},{"id":"paragraph-38","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Domingos Morais, habitant de Porto âgé d'une cinquantaine d'années, raconte à Expresso vivre dans la rue depuis environ un mois et demi. Lorsqu'il découvre le campement, il décide de s'installer à proximité. Des manifestants lui proposent alors une couverture et un oreiller.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Domingos Morais</strong>, habitant de Porto âgé d'une cinquantaine d'années, raconte à <em>Expresso</em> vivre dans la rue depuis environ un mois et demi. Lorsqu'il découvre le campement, il décide de s'installer à proximité. Des manifestants lui proposent alors une couverture et un oreiller.</p>\n"},{"id":"paragraph-39","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Depuis, il passe ses nuits avec eux. Il explique avoir trouvé dans cette mobilisation une forme de solidarité qui lui manquait.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Depuis, il passe ses nuits avec eux. Il explique avoir trouvé dans cette mobilisation une forme de solidarité qui lui manquait.</p>\n"},{"id":"paragraph-40","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Son parcours est également marqué par la crise immobilière. Selon son témoignage, le loyer du logement de deux chambres qu'il occupait autrefois avec sa famille, dans le quartier de Campanhã, était passé de 400 à 1600 euros. Après son divorce et plusieurs difficultés personnelles, il s'est retrouvé sans domicile.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son parcours est également marqué par la crise immobilière. Selon son témoignage, le loyer du logement de deux chambres qu'il occupait autrefois avec sa famille, dans le quartier de Campanhã, était passé de 400 à 1600 euros. Après son divorce et plusieurs difficultés personnelles, il s'est retrouvé sans domicile.</p>\n"},{"id":"paragraph-41","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Pour lui, la mobilisation ne concerne pas seulement sa propre situation. Elle concerne aussi ses enfants et ses petits-enfants. « Tout le monde a droit à un logement digne », affirme-t-il.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour lui, la mobilisation ne concerne pas seulement sa propre situation. Elle concerne aussi ses enfants et ses petits-enfants. <strong>« <em>Tout le monde a droit à un logement digne</em> »</strong>, affirme-t-il.</p>\n"},{"id":"paragraph-42","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Son histoire ne résume évidemment pas à elle seule la crise du logement portugais. Elle rappelle toutefois que derrière les statistiques immobilières se trouvent des trajectoires individuelles très différentes : jeunes adultes contraints de rester chez leurs parents, familles confrontées à des loyers devenus difficilement supportables ou personnes ayant perdu leur logement.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son histoire ne résume évidemment pas à elle seule la crise du logement portugais. Elle rappelle toutefois que derrière les statistiques immobilières se trouvent des trajectoires individuelles très différentes : jeunes adultes contraints de rester chez leurs parents, familles confrontées à des loyers devenus difficilement supportables ou personnes ayant perdu leur logement.</p>\n"},{"id":"heading-43","type":"core/heading","heading":"Un campement qui pourrait s'inscrire dans la durée","plain_text":"Un campement qui pourrait s'inscrire dans la durée","html":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un campement qui pourrait s'inscrire dans la durée</h2>\n"},{"id":"paragraph-44","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Mercredi soir, les organisateurs appellent les participants à rester sur la place pendant la nuit. Ils redoutent une nouvelle intervention policière au petit matin, lorsque les effectifs du campement seront moins importants.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mercredi soir, les organisateurs appellent les participants à rester sur la place pendant la nuit. Ils redoutent une nouvelle intervention policière au petit matin, lorsque les effectifs du campement seront moins importants.</p>\n"},{"id":"paragraph-45","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Les manifestants ne fixent pas de date de départ. Certains affirment vouloir poursuivre leur mobilisation au moins jusqu'aux prochaines étapes parlementaires concernant la réforme des loyers.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les manifestants ne fixent pas de date de départ. Certains affirment vouloir poursuivre leur mobilisation au moins jusqu'aux prochaines étapes parlementaires concernant la réforme des loyers.</p>\n"},{"id":"paragraph-46","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"À proximité du campement, une pancarte invite les automobilistes à klaxonner s'ils n'ont pas les moyens d'acheter un logement. Plusieurs conducteurs répondent à l'appel, tandis que les participants partagent café, nourriture et matériel pour passer la nuit.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">À proximité du campement, une pancarte invite les automobilistes à klaxonner s'ils n'ont pas les moyens d'acheter un logement. Plusieurs conducteurs répondent à l'appel, tandis que les participants partagent café, nourriture et matériel pour passer la nuit.</p>\n"},{"id":"paragraph-47","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Au matin du 15 octobre, l'avenir de cette occupation reste incertain. Les informations disponibles sur la soirée du 14 octobre ne permettent pas encore de déterminer si les autorités interviendront de nouveau pour évacuer les tentes.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Au matin du 15 octobre, l'avenir de cette occupation reste incertain.</strong> Les informations disponibles sur la soirée du 14 octobre ne permettent pas encore de déterminer si les autorités interviendront de nouveau pour évacuer les tentes.</p>\n"},{"id":"paragraph-48","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"Mais la mobilisation a déjà dépassé le cadre d'une manifestation traditionnelle. En installant leurs tentes au cœur de Porto, les participants cherchent à rendre visible une contradiction qu'ils jugent devenue insupportable : dans une ville où les prix immobiliers ont fortement augmenté, disposer d'un emploi ne garantit plus nécessairement de pouvoir se loger.","html":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais la mobilisation a déjà dépassé le cadre d'une manifestation traditionnelle. En installant leurs tentes au cœur de Porto, les participants cherchent à rendre visible une contradiction qu'ils jugent devenue insupportable : dans une ville où les prix immobiliers ont fortement augmenté, disposer d'un emploi ne garantit plus nécessairement de pouvoir se loger.</p>\n"}],"sections":[{"id":"paragraph-1","heading":"Paragraph","content":"Au cœur de Porto, la crise du logement a pris la forme d'un campement de fortune. Depuis le 10 octobre, des manifestants occupent la Praça D. João I pour dénoncer la hausse des loyers et les difficultés croissantes d'accès à un logement. Malgré une intervention policière et les avertissements du maire, plusieurs dizaines de tentes ont de nouveau été installées mercredi soir, transformant cette place du centre-ville en symbole d'une contestation qui dépasse désormais les frontières portugaises."},{"id":"paragraph-2","heading":"Paragraph","content":"Mercredi 14 octobre, environ 500 personnes se sont retrouvées sur la place, à quelques centaines de mètres de la mairie. Au fil de la soirée, 44 tentes ont été dressées sous le regard des forces de l'ordre. Une nouvelle étape dans un mouvement qui s'inspire directement des manifestations organisées depuis fin septembre à Madrid, où la crise du logement a également provoqué une mobilisation d'ampleur."},{"id":"paragraph-3","heading":"Paragraph","content":"Au Portugal, les manifestants réclament notamment un meilleur encadrement des loyers, davantage de logements publics et l'abandon d'une réforme du marché locatif portée par le gouvernement. Leur mot d'ordre résume la situation qu'ils souhaitent dénoncer : « Tu n'arrives pas à payer ton loyer ? Apporte ta tente ! »"},{"id":"heading-4","heading":"À Porto, 5 jours de mobilisation contre la crise du logement","content":"À Porto, 5 jours de mobilisation contre la crise du logement"},{"id":"paragraph-5","heading":"Paragraph","content":"Tout commence samedi 10 octobre. À l'appel de la plateforme Não dá mais para viver assim (« On ne peut plus vivre comme ça »), des manifestations sont organisées dans plusieurs villes portugaises, notamment Lisbonne, Porto, Braga et Aveiro. Les participants dénoncent l'augmentation du coût de la vie, les difficultés d'accès au logement et la pression financière qui pèse sur les ménages."},{"id":"paragraph-6","heading":"Paragraph","content":"À Porto, environ 1500 personnes participent à la mobilisation. Mais contrairement aux manifestations habituelles, une partie des participants décide de prolonger le rassemblement. Des tentes apparaissent sur la Praça D. João I, près du théâtre Rivoli, et plusieurs dizaines de personnes passent la nuit sur place."},{"id":"paragraph-7","heading":"Paragraph","content":"Le campement s'organise progressivement. Des bénévoles apportent de la nourriture, des couvertures et du matériel. Les participants se relaient pour maintenir une présence permanente sur la place."},{"id":"paragraph-8","heading":"Paragraph","content":"Lundi 12 octobre, au petit matin, les autorités interviennent pour retirer les tentes. Les manifestants restent néanmoins sur place et continuent à dormir dehors, parfois sur des matelas installés contre les murs."},{"id":"paragraph-9","heading":"Paragraph","content":"Mercredi soir, ils décident de réinstaller leur campement. Lorsque les policiers tentent d'intervenir, un cordon humain se forme pour leur barrer le passage. Les agents se tiennent ensuite à distance tandis que les tentes continuent d'être montées."},{"id":"heading-10","heading":"Le maire de Porto refuse une occupation permanente de la place","content":"Le maire de Porto refuse une occupation permanente de la place"},{"id":"paragraph-11","heading":"Paragraph","content":"Cette mobilisation provoque une confrontation avec la municipalité. Le maire de Porto, Pedro Duarte, affirme respecter le droit de manifester, mais refuse que la Praça D. João I soit transformée en campement permanent."},{"id":"paragraph-12","heading":"Paragraph","content":"Mercredi matin, il prévient que les autorités municipales seront « absolument implacables » face à une nouvelle installation de tentes. Il estime également que certains participants cherchent à provoquer des troubles, une interprétation contestée par les organisateurs."},{"id":"paragraph-13","heading":"Paragraph","content":"Pour ces derniers, le campement constitue précisément le moyen de rendre visible une crise qui touche une partie croissante de la population. Les tentes ne sont pas seulement un lieu où passer la nuit : elles représentent l'impossibilité, pour certains ménages, de trouver un logement correspondant à leurs revenus."},{"id":"paragraph-14","heading":"Paragraph","content":"La question dépasse ainsi le simple maintien de l'ordre. Jusqu'où peut aller l'occupation de l'espace public lorsqu'elle constitue elle-même le message d'une manifestation ? La municipalité défend la nécessité de faire respecter les règles d'utilisation de la place, tandis que les manifestants considèrent qu'une évacuation affaiblirait leur mouvement."},{"id":"paragraph-15","heading":"Paragraph","content":"Selon plusieurs participants interrogés par Expresso, la récupération des tentes retirées lundi poserait également problème. Ils affirment que la municipalité réclame 350 euros par tente, ainsi que des justificatifs permettant d'en établir la propriété. Ces conditions, rapportées par les manifestants, ajoutent un nouveau motif de contestation."},{"id":"heading-16","heading":"Une réforme des loyers qui cristallise les tensions","content":"Une réforme des loyers qui cristallise les tensions"},{"id":"paragraph-17","heading":"Paragraph","content":"Si les tentes attirent aujourd'hui l'attention, les revendications portent sur des questions beaucoup plus larges. 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Les manifestants réclament le retrait de la réforme des loyers, l'arrêt des expulsions, la limitation des achats immobiliers par des fonds spéculatifs, davantage de logements publics, la réhabilitation des bâtiments vacants et l'instauration de plafonds pour les loyers."},{"id":"paragraph-21","heading":"Paragraph","content":"Ces demandes traduisent une conception du logement comme droit social devant être davantage protégé par les pouvoirs publics. Le gouvernement défend, pour sa part, une stratégie dans laquelle l'augmentation de l'offre locative passe aussi par des mesures destinées à rassurer les propriétaires et les investisseurs."},{"id":"heading-22","heading":"De Madrid à Porto, les campements deviennent une nouvelle forme de protestation","content":"De Madrid à Porto, les campements deviennent une nouvelle forme de protestation"},{"id":"paragraph-23","heading":"Paragraph","content":"Le mouvement portugais ne s'est pas développé indépendamment de ce qui se passe en Espagne. 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Les situations nationales et les politiques publiques diffèrent, mais la hausse des loyers et les difficultés rencontrées par les jeunes ménages constituent des préoccupations partagées."},{"id":"heading-29","heading":"À Porto, les loyers ont augmenté de plus de 76 % en 5 ans","content":"À Porto, les loyers ont augmenté de plus de 76 % en 5 ans"},{"id":"paragraph-30","heading":"Paragraph","content":"La mobilisation intervient dans un contexte immobilier particulièrement tendu. Selon les données publiées par Idealista, les loyers proposés à Porto ont augmenté de 76,4 % entre septembre 2021 et septembre 2026."},{"id":"paragraph-31","heading":"Paragraph","content":"Le prix médian demandé dans les annonces locatives atteignait 19 euros par mètre carré en septembre 2026, contre 10,80 euros cinq ans auparavant."},{"id":"paragraph-32","heading":"Paragraph","content":"À titre d'illustration, pour un appartement de 80 m², ces niveaux correspondent à un loyer mensuel théorique d'environ 1520 euros aujourd'hui, contre 864 euros en 2021."},{"id":"paragraph-33","heading":"Paragraph","content":"Ces chiffres concernent les prix affichés dans les annonces immobilières, et non les loyers effectivement acquittés par l'ensemble des habitants. Ils donnent néanmoins une indication de la difficulté rencontrée par les personnes qui cherchent actuellement à louer un logement dans la ville."},{"id":"paragraph-34","heading":"Paragraph","content":"Sur la même période, les prix de vente ont progressé de 44,3 %, pour atteindre 4346 euros par mètre carré."},{"id":"paragraph-35","heading":"Paragraph","content":"Ces évolutions permettent de comprendre pourquoi le logement occupe une place aussi importante dans les préoccupations des habitants, particulièrement chez les jeunes actifs et les personnes disposant de revenus modestes."},{"id":"heading-36","heading":"« Tout le monde a droit à un logement digne »","content":"« Tout le monde a droit à un logement digne »"},{"id":"paragraph-37","heading":"Paragraph","content":"Au milieu des militants, certaines histoires donnent une dimension plus personnelle à cette mobilisation."},{"id":"paragraph-38","heading":"Paragraph","content":"Domingos Morais, habitant de Porto âgé d'une cinquantaine d'années, raconte à Expresso vivre dans la rue depuis environ un mois et demi. Lorsqu'il découvre le campement, il décide de s'installer à proximité. Des manifestants lui proposent alors une couverture et un oreiller."},{"id":"paragraph-39","heading":"Paragraph","content":"Depuis, il passe ses nuits avec eux. Il explique avoir trouvé dans cette mobilisation une forme de solidarité qui lui manquait."},{"id":"paragraph-40","heading":"Paragraph","content":"Son parcours est également marqué par la crise immobilière. Selon son témoignage, le loyer du logement de deux chambres qu'il occupait autrefois avec sa famille, dans le quartier de Campanhã, était passé de 400 à 1600 euros. Après son divorce et plusieurs difficultés personnelles, il s'est retrouvé sans domicile."},{"id":"paragraph-41","heading":"Paragraph","content":"Pour lui, la mobilisation ne concerne pas seulement sa propre situation. Elle concerne aussi ses enfants et ses petits-enfants. « Tout le monde a droit à un logement digne », affirme-t-il."},{"id":"paragraph-42","heading":"Paragraph","content":"Son histoire ne résume évidemment pas à elle seule la crise du logement portugais. Elle rappelle toutefois que derrière les statistiques immobilières se trouvent des trajectoires individuelles très différentes : jeunes adultes contraints de rester chez leurs parents, familles confrontées à des loyers devenus difficilement supportables ou personnes ayant perdu leur logement."},{"id":"heading-43","heading":"Un campement qui pourrait s'inscrire dans la durée","content":"Un campement qui pourrait s'inscrire dans la durée"},{"id":"paragraph-44","heading":"Paragraph","content":"Mercredi soir, les organisateurs appellent les participants à rester sur la place pendant la nuit. Ils redoutent une nouvelle intervention policière au petit matin, lorsque les effectifs du campement seront moins importants."},{"id":"paragraph-45","heading":"Paragraph","content":"Les manifestants ne fixent pas de date de départ. Certains affirment vouloir poursuivre leur mobilisation au moins jusqu'aux prochaines étapes parlementaires concernant la réforme des loyers."},{"id":"paragraph-46","heading":"Paragraph","content":"À proximité du campement, une pancarte invite les automobilistes à klaxonner s'ils n'ont pas les moyens d'acheter un logement. Plusieurs conducteurs répondent à l'appel, tandis que les participants partagent café, nourriture et matériel pour passer la nuit."},{"id":"paragraph-47","heading":"Paragraph","content":"Au matin du 15 octobre, l'avenir de cette occupation reste incertain. Les informations disponibles sur la soirée du 14 octobre ne permettent pas encore de déterminer si les autorités interviendront de nouveau pour évacuer les tentes."},{"id":"paragraph-48","heading":"Paragraph","content":"Mais la mobilisation a déjà dépassé le cadre d'une manifestation traditionnelle. En installant leurs tentes au cœur de Porto, les participants cherchent à rendre visible une contradiction qu'ils jugent devenue insupportable : dans une ville où les prix immobiliers ont fortement augmenté, disposer d'un emploi ne garantit plus nécessairement de pouvoir se loger."}],"media":{"primary_image":"https://www.portugal.fr/wp-content/uploads/2026/10/tentes-porto.webp"},"relations":[{"rel":"canonical","href":"https://www.portugal.fr/Crise-du-logement-des-manifestants-installent-un-campement-au-coeur-de-Porto.html"},{"rel":"alternate","href":"https://www.portugal.fr/Crise-du-logement-des-manifestants-installent-un-campement-au-coeur-de-Porto.html/llm","type":"text/html"},{"rel":"alternate","href":"https://www.portugal.fr/Crise-du-logement-des-manifestants-installent-un-campement-au-coeur-de-Porto.html/llm.json","type":"application/json"},{"rel":"llm-manifest","href":"https://www.portugal.fr/llm-endpoints-manifest.json","type":"application/json"}],"http_headers":{"X-LLM-Friendly":"1","X-LLM-Schema":"1.1.0","Content-Security-Policy":"default-src 'none'; img-src * data:; style-src 'unsafe-inline'"},"license":"CC BY-ND 4.0","attribution_required":true,"allow_cors":false}