{"version":"1.1","schema_version":"1.1.0","plugin_version":"1.1.2","url":"https://www.portugal.fr/Cherchez-La-Femme-le-film-posthume-dAntonio-da-Cunha-Telles.html","llm_html_url":"https://www.portugal.fr/Cherchez-La-Femme-le-film-posthume-dAntonio-da-Cunha-Telles.html/llm","llm_json_url":"https://www.portugal.fr/Cherchez-La-Femme-le-film-posthume-dAntonio-da-Cunha-Telles.html/llm.json","manifest_url":"https://www.portugal.fr/llm-endpoints-manifest.json","language":"fr-FR","locale":"fr_FR","title":"Cherchez la femme : le film posthume d’António da Cunha Telles","site":{"name":"Portugal.fr","url":"https://www.portugal.fr/"},"author":{"id":1,"name":"Portugal.fr","url":"https://www.portugal.fr/author/admin_portugal"},"published_at":"2026-04-28T15:45:00+00:00","modified_at":"2026-04-28T11:41:31+00:00","word_count":1176,"reading_time_seconds":353,"summary":"Il y a des films qui arrivent tard, presque trop tard, comme s&rsquo;ils refusaient de se plier au rythme ordinaire","summary_points":["Il y a des films qui arrivent tard, presque trop tard, comme s&rsquo;ils refusaient de se plier au rythme ordinaire des sorties.","« Cherchez La Femme », ultime œuvre d&rsquo;António da Cunha Telles, appartient à cette catégorie rare, fragile, presque irréelle.","Tourné alors que le cinéaste était déjà affaibli, laissé inachevé à sa disparition à 82 ans en 2022, puis patiemment reconstruit, le film surgit aujourd&rsquo;hui comme un objet à part.","Ni tout à fait testament, ni simple adaptation, mais une forme suspendue entre mémoire et création."],"topics":["Actualités"],"entities":["Actualité culturelle"],"entities_metadata":[{"id":82,"name":"Actualité culturelle","slug":"actualite-culturelle","taxonomy":"post_tag","count":36,"url":"https://www.portugal.fr/tag/actualite-culturelle"},{"id":16,"name":"Actualités","slug":"actualites","taxonomy":"category","count":1406,"url":"https://www.portugal.fr/actualites"}],"tags":["Actualités"],"content_hash":"e1d7e358fce9ebabf4ec37ae57939ae0","plain_text":"Il y a des films qui arrivent tard, presque trop tard, comme s&rsquo;ils refusaient de se plier au rythme ordinaire des sorties. « Cherchez La Femme », ultime œuvre d&rsquo;António da Cunha Telles, appartient à cette catégorie rare, fragile, presque irréelle. Tourné alors que le cinéaste était déjà affaibli, laissé inachevé à sa disparition à 82 ans en 2022, puis patiemment reconstruit, le film surgit aujourd&rsquo;hui comme un objet à part. Ni tout à fait testament, ni simple adaptation, mais une forme suspendue entre mémoire et création.\n\n\n\n\n\nAu sommaire\nToggle\nUne adaptation littéraire entre élégance et troubleUn film achevé entre transmission et fidélitéUn casting sous tension au cœur d&rsquo;un récit de désirLe dernier geste d&rsquo;un homme de cinéma\nUne adaptation littéraire entre élégance et trouble\n\n\nCHERCHEZ LA FEMME de António da Cunha Telles (2025) – trailerLire cette vidéo sur YouTube\n\n\nAdapté librement de A Confissão de Lúcio, texte vertigineux de Mário de Sá-Carneiro publié en 1914, le long-métrage ne cherche jamais à séduire par des effets contemporains. Il avance autrement, à contre-courant, avec une élégance presque désuète. Les regards y comptent davantage que les dialogues, les silences prennent le relais des explications, et chaque plan semble chargé d&rsquo;un désir ancien.\n\n\n\nEntre Paris et Lisbonne, deux hommes se rencontrent, s&rsquo;observent, se troublent. Lúcio, écrivain portugais en quête de reconnaissance, croise la route de Ricardo, poète charismatique et insaisissable. Leur relation, faite d&rsquo;admiration et de fascination, se déplace progressivement vers Lisbonne, où surgit Marta, figure énigmatique et troublante. À mesure que le récit progresse, le désir circule, se déforme et installe une tension diffuse, entre attraction, jalousie et vertige identitaire, dans un décor à la fois parisien et profondément ancré dans une sensibilité portugaise.\n\n\n\nDès les premières images, une surprise s’impose. On pouvait redouter une œuvre fragmentée, déséquilibrée par les circonstances de sa fabrication. Pourtant, le film tient, respire, s’organise avec une cohérence presque miraculeuse. Comme si le cinéaste avait laissé derrière lui une architecture invisible, une sorte de partition secrète que le film continue de suivre, malgré tout.\n\n\n\nUn film achevé entre transmission et fidélité\n\n\n\n\n\n\n\nLa finalisation de « Cherchez La Femme » revient à Pandora da Cunha Telles, fille du réalisateur. Une responsabilité singulière, à la fois intime et vertigineuse. Elle n&rsquo;a pas découvert le projet après coup ; elle en faisait déjà partie, au moment du montage initial. Elle connaissait les intentions, les hésitations, les rythmes. « Quand il est parti, je savais ce qu&rsquo;il voulait », confie-t-elle. Cette proximité change tout : il ne s&rsquo;agit pas de terminer un film, mais de poursuivre un dialogue interrompu.\n\n\n\nLe passage de relais ne relève donc pas d&rsquo;un simple geste technique. Il s&rsquo;inscrit dans une continuité presque organique. Le film a nécessité du temps, des ajustements, des financements complémentaires, notamment pour le travail sonore et musical. L&rsquo;entrée de Netflix dans le projet, une première pour un film portugais initialement destiné au cinéma, a permis de boucler cette trajectoire complexe. Une intervention discrète mais décisive, qui n&rsquo;altère pas la nature profondément cinématographique de l&rsquo;œuvre.\n\n\n\nDans ce contexte, « Cherchez La Femme » dépasse la simple adaptation littéraire. Il devient un objet de transmission, où la filiation artistique rejoint la filiation familiale. Rien de figé pourtant : le film reste mouvant, parfois fragile, mais toujours habité. Il ne cherche pas à être parfait, et c&rsquo;est sans doute là qu&rsquo;il trouve sa justesse.\n\n\n\nUn casting sous tension au cœur d&rsquo;un récit de désir\n\n\n\n\n\n\n\nAu centre du récit, le personnage de Lúcio, incarné par Ângelo Rodrigues, porte une tension constante entre innocence et trouble. Longtemps associé à des rôles télévisuels, l&rsquo;acteur s&rsquo;engage ici dans un registre plus intérieur, plus retenu. Sa présence physique, marquée par une fragilité réelle (il sortait d&rsquo;une grave opération au moment du tournage) donne au personnage une densité particulière. Chaque geste semble pesé, chaque silence chargé.\n\n\n\nLe tournage lui-même semble avoir nourri cette instabilité. Ângelo Rodrigues raconte un casting éprouvant, réalisé alors qu&rsquo;il se remettait encore d&rsquo;une intervention lourde, allant jusqu&rsquo;à monter des escaliers en béquilles pour défendre son rôle. Avec son partenaire, il avoue également avoir préparé certaines scènes en secret, à rebours des consignes du réalisateur qui souhaitait privilégier la spontanéité. Une tension entre contrôle et abandon qui irrigue tout le film.\n\n\n\nFace à lui, Romeu Costa incarne un poète charismatique, tandis que Joana Barradas impose une Marta insaisissable. Figure de muse et de trouble, elle échappe à toute lecture simple. Le triangle qui se dessine entre eux n&rsquo;a rien de stable. Il se déplace, se fissure, se recompose sans cesse. Le film ne cherche jamais à clarifier ; il préfère suggérer, laisser des zones d&rsquo;ombre, installer un vertige progressif.\n\n\n\nÀ l’écran, cela se traduit par une matière singulière. Les scènes de désir, parfois explicites, ne relèvent jamais de la provocation. Elles prolongent plutôt l’univers de Sá-Carneiro, où les mots eux-mêmes deviennent sensuels, presque physiques. Le film assume sa lenteur, son intensité diffuse. Il peut désarçonner, parfois résister, mais finit par imposer sa logique intérieure.\n\n\n\nLe dernier geste d&rsquo;un homme de cinéma\n\n\n\n\n\n\n\n« Cherchez La Femme » n&rsquo;est pas une œuvre lisse. Le film connaît des hésitations, des fragilités narratives. Mais ces failles participent de sa vérité. Comme si l&rsquo;imperfection devenait ici une forme de sincérité. Dernier geste d&rsquo;un cinéaste qui aura accompagné, produit et façonné le cinéma portugais moderne, le film apparaît rétrospectivement comme une conclusion inattendue, presque réparatrice.\n\n\n\nCar António da Cunha Telles ne fut pas seulement réalisateur. Il fut aussi l’un des artisans du Cinema Novo portugais, producteur de films majeurs et passeur entre générations. Après un dernier long-métrage plus contesté au début des années 2000, cette œuvre tardive vient refermer une trajectoire avec une forme de justesse inattendue.\n\n\n\nOn quitte le film avec une sensation étrange. Non pas celle d&rsquo;avoir vu une œuvre parfaitement achevée, mais d&rsquo;avoir assisté à un passage. Quelque chose de rare, de fragile, qui tient autant du cinéma que de la trace laissée par un regard. Un film qui, malgré tout,  ou peut-être grâce à tout cela, a trouvé sa forme. 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Il fut aussi l’un des artisans du <strong><em>Cinema Novo</em> portugais</strong>, producteur de films majeurs et passeur entre générations. Après un dernier long-métrage plus contesté au début des années 2000, cette œuvre tardive vient refermer une trajectoire avec une forme de justesse inattendue.</p>\n"},{"id":"paragraph-19","type":"core/paragraph","heading":"","plain_text":"On quitte le film avec une sensation étrange. Non pas celle d'avoir vu une œuvre parfaitement achevée, mais d'avoir assisté à un passage. Quelque chose de rare, de fragile, qui tient autant du cinéma que de la trace laissée par un regard. Un film qui, malgré tout,  ou peut-être grâce à tout cela, a trouvé sa forme. Et qui n'aurait sans doute pas pu exister autrement.","html":"\n<p>On quitte le film avec une sensation étrange. Non pas celle d'avoir vu une œuvre parfaitement achevée, mais d'avoir assisté à un passage. Quelque chose de rare, de fragile, qui tient autant du cinéma que de la trace laissée par un regard. Un film qui, malgré tout,  ou peut-être grâce à tout cela, a trouvé sa forme. Et qui n'aurait sans doute pas pu exister autrement.</p>\n"}],"sections":[{"id":"paragraph-1","heading":"Paragraph","content":"Il y a des films qui arrivent tard, presque trop tard, comme s'ils refusaient de se plier au rythme ordinaire des sorties. « Cherchez La Femme », ultime œuvre d'António da Cunha Telles, appartient à cette catégorie rare, fragile, presque irréelle. Tourné alors que le cinéaste était déjà affaibli, laissé inachevé à sa disparition à 82 ans en 2022, puis patiemment reconstruit, le film surgit aujourd'hui comme un objet à part. Ni tout à fait testament, ni simple adaptation, mais une forme suspendue entre mémoire et création."},{"id":"heading-2","heading":"Une adaptation littéraire entre élégance et trouble","content":"Une adaptation littéraire entre élégance et trouble"},{"id":"embed-3","heading":"Embed","content":"https://www.youtube.com/watch?v=PD1G1kva2Bw"},{"id":"paragraph-4","heading":"Paragraph","content":"Adapté librement de A Confissão de Lúcio, texte vertigineux de Mário de Sá-Carneiro publié en 1914, le long-métrage ne cherche jamais à séduire par des effets contemporains. Il avance autrement, à contre-courant, avec une élégance presque désuète. Les regards y comptent davantage que les dialogues, les silences prennent le relais des explications, et chaque plan semble chargé d'un désir ancien."},{"id":"paragraph-5","heading":"Paragraph","content":"Entre Paris et Lisbonne, deux hommes se rencontrent, s'observent, se troublent. Lúcio, écrivain portugais en quête de reconnaissance, croise la route de Ricardo, poète charismatique et insaisissable. Leur relation, faite d'admiration et de fascination, se déplace progressivement vers Lisbonne, où surgit Marta, figure énigmatique et troublante. À mesure que le récit progresse, le désir circule, se déforme et installe une tension diffuse, entre attraction, jalousie et vertige identitaire, dans un décor à la fois parisien et profondément ancré dans une sensibilité portugaise."},{"id":"paragraph-6","heading":"Paragraph","content":"Dès les premières images, une surprise s’impose. On pouvait redouter une œuvre fragmentée, déséquilibrée par les circonstances de sa fabrication. Pourtant, le film tient, respire, s’organise avec une cohérence presque miraculeuse. Comme si le cinéaste avait laissé derrière lui une architecture invisible, une sorte de partition secrète que le film continue de suivre, malgré tout."},{"id":"heading-7","heading":"Un film achevé entre transmission et fidélité","content":"Un film achevé entre transmission et fidélité"},{"id":"paragraph-8","heading":"Paragraph","content":"La finalisation de « Cherchez La Femme » revient à Pandora da Cunha Telles, fille du réalisateur. Une responsabilité singulière, à la fois intime et vertigineuse. Elle n'a pas découvert le projet après coup ; elle en faisait déjà partie, au moment du montage initial. Elle connaissait les intentions, les hésitations, les rythmes. « Quand il est parti, je savais ce qu'il voulait », confie-t-elle. Cette proximité change tout : il ne s'agit pas de terminer un film, mais de poursuivre un dialogue interrompu."},{"id":"paragraph-9","heading":"Paragraph","content":"Le passage de relais ne relève donc pas d'un simple geste technique. Il s'inscrit dans une continuité presque organique. Le film a nécessité du temps, des ajustements, des financements complémentaires, notamment pour le travail sonore et musical. L'entrée de Netflix dans le projet, une première pour un film portugais initialement destiné au cinéma, a permis de boucler cette trajectoire complexe. Une intervention discrète mais décisive, qui n'altère pas la nature profondément cinématographique de l'œuvre."},{"id":"paragraph-10","heading":"Paragraph","content":"Dans ce contexte, « Cherchez La Femme » dépasse la simple adaptation littéraire. Il devient un objet de transmission, où la filiation artistique rejoint la filiation familiale. Rien de figé pourtant : le film reste mouvant, parfois fragile, mais toujours habité. Il ne cherche pas à être parfait, et c'est sans doute là qu'il trouve sa justesse."},{"id":"heading-11","heading":"Un casting sous tension au cœur d'un récit de désir","content":"Un casting sous tension au cœur d'un récit de désir"},{"id":"paragraph-12","heading":"Paragraph","content":"Au centre du récit, le personnage de Lúcio, incarné par Ângelo Rodrigues, porte une tension constante entre innocence et trouble. Longtemps associé à des rôles télévisuels, l'acteur s'engage ici dans un registre plus intérieur, plus retenu. Sa présence physique, marquée par une fragilité réelle (il sortait d'une grave opération au moment du tournage) donne au personnage une densité particulière. Chaque geste semble pesé, chaque silence chargé."},{"id":"paragraph-13","heading":"Paragraph","content":"Le tournage lui-même semble avoir nourri cette instabilité. Ângelo Rodrigues raconte un casting éprouvant, réalisé alors qu'il se remettait encore d'une intervention lourde, allant jusqu'à monter des escaliers en béquilles pour défendre son rôle. Avec son partenaire, il avoue également avoir préparé certaines scènes en secret, à rebours des consignes du réalisateur qui souhaitait privilégier la spontanéité. Une tension entre contrôle et abandon qui irrigue tout le film."},{"id":"paragraph-14","heading":"Paragraph","content":"Face à lui, Romeu Costa incarne un poète charismatique, tandis que Joana Barradas impose une Marta insaisissable. Figure de muse et de trouble, elle échappe à toute lecture simple. Le triangle qui se dessine entre eux n'a rien de stable. Il se déplace, se fissure, se recompose sans cesse. Le film ne cherche jamais à clarifier ; il préfère suggérer, laisser des zones d'ombre, installer un vertige progressif."},{"id":"paragraph-15","heading":"Paragraph","content":"À l’écran, cela se traduit par une matière singulière. Les scènes de désir, parfois explicites, ne relèvent jamais de la provocation. Elles prolongent plutôt l’univers de Sá-Carneiro, où les mots eux-mêmes deviennent sensuels, presque physiques. Le film assume sa lenteur, son intensité diffuse. Il peut désarçonner, parfois résister, mais finit par imposer sa logique intérieure."},{"id":"heading-16","heading":"Le dernier geste d'un homme de cinéma","content":"Le dernier geste d'un homme de cinéma"},{"id":"paragraph-17","heading":"Paragraph","content":"« Cherchez La Femme » n'est pas une œuvre lisse. Le film connaît des hésitations, des fragilités narratives. Mais ces failles participent de sa vérité. Comme si l'imperfection devenait ici une forme de sincérité. Dernier geste d'un cinéaste qui aura accompagné, produit et façonné le cinéma portugais moderne, le film apparaît rétrospectivement comme une conclusion inattendue, presque réparatrice."},{"id":"paragraph-18","heading":"Paragraph","content":"Car António da Cunha Telles ne fut pas seulement réalisateur. Il fut aussi l’un des artisans du Cinema Novo portugais, producteur de films majeurs et passeur entre générations. Après un dernier long-métrage plus contesté au début des années 2000, cette œuvre tardive vient refermer une trajectoire avec une forme de justesse inattendue."},{"id":"paragraph-19","heading":"Paragraph","content":"On quitte le film avec une sensation étrange. Non pas celle d'avoir vu une œuvre parfaitement achevée, mais d'avoir assisté à un passage. Quelque chose de rare, de fragile, qui tient autant du cinéma que de la trace laissée par un regard. Un film qui, malgré tout,  ou peut-être grâce à tout cela, a trouvé sa forme. Et qui n'aurait sans doute pas pu exister autrement."}],"media":{"primary_image":"https://www.portugal.fr/wp-content/uploads/2026/04/cherchez-la-femme.webp"},"relations":[{"rel":"canonical","href":"https://www.portugal.fr/Cherchez-La-Femme-le-film-posthume-dAntonio-da-Cunha-Telles.html"},{"rel":"alternate","href":"https://www.portugal.fr/Cherchez-La-Femme-le-film-posthume-dAntonio-da-Cunha-Telles.html/llm","type":"text/html"},{"rel":"alternate","href":"https://www.portugal.fr/Cherchez-La-Femme-le-film-posthume-dAntonio-da-Cunha-Telles.html/llm.json","type":"application/json"},{"rel":"llm-manifest","href":"https://www.portugal.fr/llm-endpoints-manifest.json","type":"application/json"}],"http_headers":{"X-LLM-Friendly":"1","X-LLM-Schema":"1.1.0","Content-Security-Policy":"default-src 'none'; img-src * data:; style-src 'unsafe-inline'"},"license":"CC BY-ND 4.0","attribution_required":true,"allow_cors":false}